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Comment faire bouger votre enfant sédentaire?

Ils tiennent des manettes de jeux vidéo.

Deux enfants sur un sofa.

Photo : EvantoElements / Lifestock

Christine Roger

Karaté, hockey, natation, soccer... Vous avez tout essayé, mais en vain. Votre enfant n’aime pas le sport et aller jouer au parc ne l’intéresse pas plus. Il préfère lire, dessiner ou s'installer devant des jeux vidéo. Mais comment s'assurer qu’il demeure tout de même actif et qu’il ne souffre pas des conséquences liées à la sédentarité?

Rassurez-vous. Votre enfant n’est pas un cas unique, bien au contraire. L’inactivité parmi les jeunes est un problème fréquent.

Selon une étude publiée en 2016 (Nouvelle fenêtre), seulement un enfant ou adolescent canadien sur 10 atteint les cibles quotidiennes en activité physique fournies par la Société canadienne de physiologie de l’exercice.

Pour des enfants de 5 à 17 ans, on recommande une heure d’activité physique d’intensité modérée à élevée par jour. On parle d’une heure où la personne va respirer plus vite ou transpirer un peu, explique le Dr Jérôme Ouellet, pédiatre spécialisé en médecine sportive.

Les cibles ont été abaissées au fil des années parce que personne ne réussissait à les atteindre. Ce nivellement par le bas a été fortement critiqué à chaque nouvelle modification ou publication depuis, ajoute-t-il.

Les conséquences à long terme de la sédentarité et de l’obésité chez nos jeunes sont bien réelles et nombreuses. La prévention demeure la clé.

On entend principalement parler des complications au niveau métabolique, comme le diabète de type 2, de dyslipidémie (mauvais cholestérol), de stéatose hépatique et d’hypertension artérielle. L’enfant pourra aussi souffrir davantage de douleurs articulaires, de syndrome d'apnée obstructive du sommeil, de reflux gastro-oesophagien, de constipation, de pseudotumor cerebri, c’est-à-dire une augmentation de la pression dans la tête, qui cause des maux de tête importants principalement, souligne le Dr Ouellet.

Les complications psychologiques ne sont pas à négliger non plus. Plusieurs enfants consultent pour des problèmes d’anxiété, de dépression, d’intimidation ou de troubles alimentaires, par exemple.

Un jeune garçon fait du vélo.

Un jeune garçon fait du vélo.

Photo : EvantoElements

Si l’on connaît les dangers à moyen et long termes liés à la sédentarité et à l’obésité chez les jeunes, comment pouvons-nous, en tant que parents, faire face au problème?

On commence par avoir une bonne discussion avec l'enfant sur ce qui l'intéresse et sur les objectifs qu'il se fixe pour lui-même, dit Jérôme Ouellet. Et on le suit dans le temps pour s'assurer de la progression. On commence avec de petits objectifs quantifiables et on augmente progressivement. Il n'y a pas de recette universelle. C'est comme pour la prescription d'antidépresseurs : start low, go slow, aim high!

Pour certains enfants plus réfractaires, ce type d’intervention ne sera pas suffisant. Inclure un volet social, avec les parents et les amis, peut convaincre le jeune de se mobiliser.

On doit être impliqué et créatif. Contrôler le temps d’écran va beaucoup aider. Un enfant ne restera pas assis sur son lit à regarder le mur si on structure le temps d'écran. Il n'aura pas le choix de sortir dehors et de se trouver quelque chose à faire, que ce soit seul ou avec des amis. Les écrans, c'est le démon!

Dr Jérôme Ouellet, pédiatre spécialisé en médecine sportive

Entre l’enfant sédentaire et celui qui joue au hockey six jours sur sept, il peut devenir difficile d'évaluer si votre enfant bouge suffisamment. Il faut garder en tête qu’un enfant qui a des intérêts plus créatifs, comme le dessin ou la musique, doit tout de même être actif physiquement, autant pour sa santé osseuse et musculaire, que pour sa santé métabolique et mentale.

Certains parents pourraient avoir l’impression de soulager leur conscience grâce à l’exergaming. Ces jeux vidéo où l’on stimule la pratique d'un exercice physique ne sont pas recommandés par les experts consultés.

À moins de livrer la performance de ta vie à Dance Dance Revolution, c'est démontré que la dépense énergétique de l'exergaming est inférieure à la pratique de la vraie activité. À mon avis, ça peut être intéressant pour quelqu'un d'extrêmement sédentaire, en l'utilisant comme la première étape d'une longue progression, affirme le pédiatre Jérôme Ouellet.


Les conseils du pédiatre

  • Commencer avec les intérêts de l'enfant :
    Il faut que l'enfant ou l'ado soit impliqué dans le processus. Il faut lui demander ce qui l'intéresse et de quelle manière il se voit bouger. Une partie de la solution se trouve auprès de l'enfant. On ne la trouvera pas si on ne lui demande pas. Et c'est un des principes de base de l'entretien motivationnel. Il faut amener le patient à réaliser que ses mauvais choix ont des conséquences néfastes et à trouver de meilleures solutions.
  • Il faut être créatif :
    Les émissions de Ninja warrior ont la cote actuellement. Pourquoi ne pas créer un parcours dans sa cour? Il faut trouver des moyens de rendre les activités physiques intéressantes! La compétition est forte avec Fortnite et Minecraft... Et on devrait éviter les récompenses du type: 1 h de sport, 4 h de jeux vidéo. On veut un bel équilibre de vie!
  • Il faut que les parents s'impliquent :
    Traiter la sédentarité et l'obésité d'un enfant, c'est traiter toute la famille. Les parents doivent établir un bon exemple, lâcher leurs téléphones et leurs télévisions, mettre leurs souliers et aller dehors avec les enfants. Une partie de tag ou jouer à la cachette, ça ne coûte rien. 
  • Il faut que les professionnels de la santé donnent l'exemple :
    J'avais une patiente de 16 ans. Auparavant super active, elle a développé une maladie qui a été très compliquée à bien contrôler et elle avait abandonné complètement toute activité sportive. Je lui ai donc offert de s'entraîner pour un 5 km, ce qui est vraiment une petite distance pour elle. Je lui ai offert qu'on s'inscrive tous les deux pour le 5 km Banque Scotia du début de saison et qu'on allait donner l'argent à la fondation de son choix. Ça l'a motivée beaucoup, elle a remis ses souliers et on a couru ensemble pour la fondation de son choix. Ça l'a tellement remis dans le mood qu'elle a même fait un demi-marathon plus tard dans la même saison. Et elle s'est tellement améliorée d'un point de vue psychologique! Elle était super morose avant, et d'avoir du sport en plus d'un objectif l'a vraiment illuminée!
  • Il faut contrôler les écrans :
    Pour les enfants de 5 à 17 ans, les recommandations sont de maximum 2 h de temps d'écran récréatif par jour. Le temps d'écran est un comportement sédentaire associé à de mauvaises habitudes alimentaires et à l'obésité. Il y a plein d'applications pour ça, et la plupart des routeurs offrent des contrôles. Encore là, les parents devraient donner l'exemple...
  • Il faut avoir des attentes réalistes :
    Il faut avancer à coup de petits objectifs et surtout viser un maintien des bonnes habitudes dans le temps. Les Olympiques, ce n'est pas pour tout le monde!

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