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Enseigner dans des classes plus inclusives, l'autre combat de Linda Morais

Elle mord à belles dents dans sa médaille d'or.

Linda Morais lors de sa victoire aux Championnats du monde en 2019

Photo : Martin Gabor - Courtoisie Lutte Canada

Comme tous les athlètes olympiques, la lutteuse Linda Morais a poursuivi son entraînement physique pendant le confinement sans pour autant retourner sur les tapis de combat. Mais celle qui veut devenir professeure de sciences au secondaire a aussi continué ses études.

Un défi que la championne du monde en titre dans la catégorie des 59 kg a hâte de relever. Comment susciter l'intérêt des adolescents pour des matières parfois arides?

L'Ontarienne de 27 ans s'est inscrite à deux cours intensifs et s'est plongée dans ses notes, dans ses livres afin d'avancer sa maîtrise en éducation à l'Université de Montréal.

Je tente de me qualifier pour enseigner au secondaire en sciences et technologie, enseigner la bio, la chimie, la physique, des cours comme ça, explique Linda Morais à Radio-Canada Sports.

Cet été, j’ai pris deux cours intensifs. Beaucoup de lectures et d’écriture à faire, mais j’adore le programme.

Crayon jaune à la main, elle étudie sur une terrasse.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Linda Morais

Photo : Linda Morais

Ses deux cours se sont déroulés en ligne à distance, du 19 mai au 8 juillet. Chaque semaine, les élèves se rencontraient en visioconférence.

Linda Morais attend ses notes à la mi-août. À ce jour, elle a complété 11 cours, et a obtenu 31 crédits.

Le premier cours, c'était sur la gestion de classe et la résolution de problèmes. On a eu différents cas d’étude, comment gérer les différents comportements. Si on a des élèves qui ne sont pas motivés ou dérangeants, plein de différents cas. On a parlé de la façon dont on peut approcher l’élève, comment on peut l’aider ou le motiver, des choses comme ça.

Mon autre cours, c’était sur les inégalités à l’école. Dans ce cours-là, on a parlé des différentes inégalités qu'on peut avoir dans nos cours, comment y être plus attentif. Comment peut-on inclure plus les jeunes dans nos cours, comment peut-on faire pour qu’ils se sentent à l'aise.

Linda Morais se rend compte de la diversité culturelle du Québec, mais ce cours lui a ouvert les yeux.

Au Québec, il y a tellement d’immigrants. C’est un sujet dont il faut être conscient. Moi, je n’aurais jamais pensé qu’il y avait autant d’inégalités à l’école. Il y en a vraiment. Et c’était bon à savoir. J’espère que je pourrai enseigner dans une classe plus inclusive, plus tard.

Linda Morais, championne du monde en lutte

Ce sont des cours vraiment importants. Ça peut faire une grande différence dans mon enseignement, croit-elle.

Linda Morais devra aussi bien sûr suivre des cours didactiques sur les sciences et la technologie. Son rêve est, si possible, de combiner sciences et sport.

J’ai fait un bac à l’Université Concordia, dans le domaine de la science de l’exercice, précise-t-elle. J’espère que ça m’aidera plus tard quand je vais commencer à enseigner, peut-être des cours de kinésiologie, ou autres.

Elle saisit la cuisse de sa rivale.

Linda Morais (en gris) en action chez les moins de 59 kg

Photo : Martin Gabor - Courtoisie Lutte Canada

Quant à son public cible, ce sont les adolescents, quand le dialogue commence à être possible.

Pour moi, c’est vraiment au secondaire que j’ai vraiment commencé à m’appliquer dans mes études, puis dans le sport. J’ai eu vraiment des enseignants excellents. Donc, j’aimerais être capable de faire la même chose pour les jeunes.

Je trouve qu’au secondaire, tu peux commencer à avoir des conversations avec les jeunes et tu peux commencer à les questionner. Et eux, ils commencent à se découvrir, affirme la médaillée de bronze des mondiaux en 2016. Donc, c’est vraiment un âge avec lequel j’aimerais travailler. Quant à les encourager à poursuivre un sport ? Je ne sais pas.

Chercher la passion

Linda Morais espère susciter des passions chez les jeunes. Comme elle s'est passionnée pour les matières scientifiques.

J’ai eu vraiment un professeur excellent en chimie au secondaire à l'École L'Essor de Tecumseh, se souvient-elle. J’ai vraiment aimé ce cours-là. La biologie et l'anatomie aussi m’ont passionnée. Les physiques, j’ai un peu plus de difficultés avec, admet-elle en riant. Mais j’aime quand même tous les domaines.

La pandémie planétaire a aussi ralenti son rythme d'apprentissage.

Mes études ont un peu plus reculé, je ne sais pas trop comment ça va fonctionner. J’espère être capable de faire mon programme en quatre ans. J’ai cinq ans pour le compléter.

Si ça me prend plus que cinq ans, je suis certaine qu’ils vont m’aider. L’Université de Montréal est toujours en train de m’aider quand je pars en voyage pour mon sport, explique-t-elle. J’ai déjà manqué plusieurs examens, et ils m’ont vraiment aidée à parler avec les enseignants. Je ne crois pas que ce sera un problème.

Son prochain voyage sera aux Championnats du monde qui se tiendront du 12 au 20 décembre à Belgrade, en Serbie, si la situation sanitaire le permet.

Elle monte les marches en courant dans un escalier en pierre extérieur.

Linda Morais court.

Photo : Linda Morais

La Canadienne est championne du monde en titre chez les 59 kg, une catégorie non olympique. Elle ne sait pas encore si elle voudra défendre son titre, acquis en septembre dernier, ou participer au tournoi des 57 kg, la catégorie olympique dans laquelle elle a sa place en équipe nationale, pour préparer les Jeux.

C'est une conversation que je dois avoir avec mon entraîneur, explique la lutteuse qui a raté de justesse sa qualification pour les Jeux de Rio. On doit décider ensemble quel poids sera le meilleur pour moi. Car on ne sait même pas encore s'il y aura des catégories non olympiques aux mondiaux.

Je pourrais faire le tournoi mondial dans les 57 kg pour avoir plus d'expérience avec ces filles-là. Je ne suis pas certaine de vouloir défendre mon titre, car j'aimerais lutter les filles de 57 kg. Je ne sais pas trop en fait, lance-t-elle en riant. J'aimerais faire les deux, 57 et 59, mais je ne peux pas, alors...

Linda Morais n'a pas réussi à se qualifier pour les Jeux de Tokyo chez les 57 kg lors des derniers essais panaméricains, à Ottawa , en mars. Il lui restera une seule autre chance de le faire dans un tournoi international qui se déroulera au printemps 2021.

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