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Voilà l’occasion qu’attendaient Carey Price et Shea Weber

Deux joueurs de hockey échangent quelques mots au centre de la patinoire.

Le capitaine des Penguins, Sidney Crosby, félicite Carey Price après l'élimination de son équipe aux mains du Canadien.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Alexandre Gascon

TORONTO – Ils ne sont pas vieux, mais pas jeunes non plus. Ils sont conscients du temps qui leur glisse entre les doigts. Pour l'instant, Carey Price et Shea Weber viennent d'arrêter le sablier.

 Je ne rajeunis pas , avait lancé Price en avril 2019. Les plus rusés d’entre vous auront remarqué qu’il a vieilli d’un an et demi depuis cette déclaration et qu’il n’a donc pas davantage rajeuni.

Dans quelques jours, le gardien vedette aura 33 ans. Weber, son défenseur numéro un? 35 ans.

L’organisation montréalaise semblait avoir un dilemme devant elle à partir du moment où Marc Bergevin a décidé de passer en mode réinitialisation il y a deux ans et tout miser sur le repêchage. Comment réconcilier l’avenir de l’équipe qui s’annonce plus radieux avec ses nombreux jeunes tout en profitant de l’excellence d’un des meilleurs gardiens et d’un des plus solides défenseurs de leur génération pour s’imposer au présent.

Bâtir cette passerelle a, par moments, semblé impossible. Cette victoire en quatre matchs contre les Penguins de Pittsburgh permet à tout le moins de remettre la chose en question.

D’abord, parce que Price n’a pas paru aussi dominant depuis le début de la saison 2015-2016 avant sa blessure au genou.

De l’amorce de la série jusqu’à la conclusion, le numéro 31 n’a jamais fléchi. Evgeni Malkin l’a amorcée en lion avec 15 tirs dans les deux premiers matchs et une myriade de chances de marquer. Il l’a terminée en chaton avec du jeu des plus insipides à cinq contre cinq, des infractions de dépit, un teint acariâtre et un air abattu, écœuré par la robustesse de Ben Chiarot et de Shea Weber, découragé par l’excellence de Price qui a présenté les meilleures statistiques de sa carrière au cours d’une série (moyenne de 1,67 et taux d'efficacité de ,947).

Je l’ai vu aux Jeux olympiques et à la Coupe du monde. Je l’ai vu à son mieux souvent. En ce moment, il est dans sa bulle. Une jeune équipe espère pouvoir compter sur un bon gardien. Je peux dire qu’on compte sur un excellent gardien, a fait valoir Claude Julien.

 Carey nous donne confiance pour la suite , a ajouté Artturi Lehkonen, auteur du but gagnant.

Il n’y a pas à dire. Voilà Carey Price dans sa bulle dans la bulle.

Weber n’est pas en reste. Le capitaine a joué en moyenne 25 min 53 s, il a amassé quatre points en quatre matchs, un différentiel de +5 et a complètement muselé l’attaque des Pens qui a inscrit six buts, dont un dans un filet désert, en quatre rencontres.

Les deux ténors ont sonné le rassemblement et les troupes ont accouru. Au front s’est retrouvé Nick Suzuki.

À 20 ans – 21 le 10 août – le pivot a été l’attaquant le plus utilisé par l’entraîneur du CH avec 20:33. Plus que Danault? Plus que Danault. De six secondes, d’accord, mais davantage quand même.

Nous étions gonflés à bloc avant la série parce que personne ne nous donnait une chance. Ç’a sûrement été un facteur, on a tous pris ça avec un grain de sel. On a voulu faire mentir tout le monde.

Carey Price

Son flair offensif lui a permis de porter un coup dur aux Penguins dans le premier et le troisième match. Mais c’est son travail en défense, son intelligence du jeu, sa capacité à anticiper les manœuvres de l’adversaire et les annihiler avant même qu’elles se produisent, qui lui ont permis de prendre ces responsabilités.

Depuis le milieu du troisième match, Suzuki s’est inséré au centre de Tomas Tatar et Brendan Gallagher. Le voilà, pour un moment à tout le moins, le premier centre de l’équipe. Loin d’être un désaveu à Phillip Danault, qui s’est d’ailleurs retrouvé au cœur d’un trio extrêmement performant avec Lehkonen et Paul Byron, il s’agit d’une excellente nouvelle pour le Tricolore.

Jesperi Kotkaniemi aussi a fait bonne impression. Coup de patin amélioré, plus robuste, il a joué avec confiance et a marqué deux buts. Julien n’a cessé de le louer, tant mieux, car il incarne, au moins autant que Suzuki, la réconciliation du présent et de l’avenir.

C’était plaisant à regarder, a laissé tomber Weber. Tout le monde soulignait avant la série toute l’expérience que les Penguins avaient, mais c’est comme une bonne chose que les gars ne réalisaient pas à quel point c’était gros. Ils ont super bien fait contre deux des meilleurs centres de la ligue.

Deux joueurs de hockey entrent en collision.

Le capitaine du Canadien Shea Weber (6) met en échec Jason Zucker (16) des Penguins lors de la première période du quatrième match de la série Montréal-Pittsburgh.

Photo : Getty Images / Andre Ringuette/Freestyle Photo

Ils ont beaucoup de travail à faire, mais les jeunes ont fait de grands progrès. On dirait qu’ils se sont améliorés pendant la pause de plusieurs mois. Je ne sais pas comment ils ont fait ça en restant à la maison, mais ils ont fait de beaux progrès et ils nous ont été utiles, a ajouté le capitaine.

De l’avis de bien des observateurs extérieurs, le Canadien est peut-être en train d’écrire le pire scénario possible. C’est-à-dire une victoire au tour qualificatif qui le prive d’une chance de repêcher Alexis Lafrenière ou, dans le pire des cas, au 9e rang, qui pourrait être suivi d’une défaite dès l’affrontement suivant.

Ce n’est pas ainsi qu’une équipe qui chercher à apprendre à gagner voit les choses.

C’est une excellente occasion de grandir comme équipe. On est contents de pouvoir poursuivre.

Claude Julien

On nous a donné une deuxième chance, une seconde vie, compte tenu de notre position au classement avant la COVID. On est maintenant en séries. Ce n’est pas facile à faire, mais nous y sommes, c’est une bataille, et il reste beaucoup de pain sur la planche, a renchéri Weber.

On a presque le goût de citer Robin Williams dans La société des poètes disparus, mais on va se garder une petite gêne, s’éloignant du cliché. Or, un cliché le devient pour une raison : il y a toujours un bon fond de vérité.

Les Penguins viennent de gaspiller une belle chance, peut-être l'une des dernières de ce groupe, lui aussi, bien conscient du temps qui passe. Voilà une occasion donc. Et elles sont rares.

En rafale

Le CH saura samedi soir qui des Flyers de Philadelphie ou du Lightning de Tampa Bay sera son adversaire au prochain tour. Loin d’une sinécure, dans un cas comme dans l’autre.

Claude Julien a eu la main heureuse en réunissant Jonathan Drouin et Joel Armia en compagnie de Jesperi Kotkaniemi. Le jeune centre finlandais est un homme nouveau depuis le début de ces séries estivales. Un coup de patin amélioré et une combativité qu’on ne lui connaissait pas ont apporté une autre dimension à son jeu jusqu’à présent. Après quatre rencontres, il a distribué 18 mises en échec, un sommet dans l'équipe. Le trio a maintenu un taux de possession de rondelle de 65 % et a généré quelques bonnes chances de marquer.

La même analyse pourrait être faite pour le trio de Danault, Lehkonen et Byron. Difficile de ne pas croire que Julien vient d’assembler là une petite perle.

Par ailleurs, il s’agissait du sixième jeu blanc de Carey Price dans les séries éliminatoires à égalité au deuxième rang de l’histoire du Tricolore derrière Jacques Plante et Ken Dryden (10).

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