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COVID-19 : poursuivre l'aventure des écoles préparatoires américaines?

Des joueurs se préparent pour une mise au jeu.

Gabriel Lecchesi (à droite) dans l'uniforme du North Yarthmouth Academy

Photo : Courtoisie Stéphane Lucchesi

Jean-François Chabot

L’état de la pandémie au sud de la frontière pousse les parents d’étudiants-athlètes québécois inscrits dans des écoles privées américaines (prep schools), intermédiaires entre le secondaire et l’université, à une mûre réflexion quant à la suite à donner à leur projet.

Ceux qui s’apprêtent à entreprendre une deuxième année d’études loin de la maison comprennent que celle-ci n’aura rien en commun avec la précédente.

Le sport occupera une place nettement moins importante dans leur nouveau quotidien dicté par les mesures sanitaires afin d’assurer une année scolaire à l’abri de la COVID-19.

Déjà, la session d’hiver de 2020 a été brusquement interrompue à la mi-mars par l’arrivée du coronavirus dans le nord-est des États-Unis. La saison de hockey venait à peine de prendre fin.

C’est à distance, de manière virtuelle, que les cours ont été menées à terme. L’été a été passé à se demander si on allait oui ou non pouvoir repasser la frontière.

Il est déjà convenu qu’aucun match ne sera disputé avant le mois de novembre. Seules des séances d’entraînement distinctes pour les résidents du campus et pour les élèves externes seront tenues, mais selon des horaires séparés pour éviter les contacts directs et la contagion.

Il y a aussi des écoles qui n’offriront que des cours en ligne à l’automne, en espérant accueillir les étudiants à partir de janvier.

Ayant toutes les informations en main, il revenait donc aux parents de décider de la suite. Si la plupart ont choisi de permettre à leur jeune adulte [ils viennent pour la plupart d’avoir 18 ans, NDLR] de poursuivre l’aventure, d’autres ont choisi d’y mettre un terme.

Dans tous les cas, la décision est teintée de prudence et d’une certaine appréhension.


Charles Lavoie du Hun Scool of Princeton

Charles Lavoie du Hun Scool of Princeton

Photo : Courtoisie Alain Lavoie

Charles Lavoie est sur le point d’entamer sa deuxième année à la Hun School of Princeton, au New Jersey. Son père Alain affirme qu’il a hâte d’y retourner, même si la perspective d’y jouer au hockey n’est pas pour demain.

Aux États-Unis, il y a une recrudescence des cas. La gestion de la crise est différente d’ici. Habituellement, Charles peut jouer au Massachusetts, au New Hampshire ou dans l’État de New York. Ça peut être difficile à agencer quand chaque État a sa façon de gérer les activités sportives.

Alain Lavoie, père d'un hockeyeur-étudiant

Ce qu’on nous annonce, c’est qu’il n’y aura certainement pas de hockey avant les Fêtes. La saison commence habituellement après le Thanksgiving [Action de grâces américaine à la fin novembre, NDLR]. Cette année, les élèves seront alors retournés à la maison et ne reviendront pas à l’école avant janvier. Ils compléteront le trimestre avec des cours à distance, précise-t-il.

L’année dernière, en plus de défendre les couleurs de son école, Charles jouait aussi dans une ligue civile locale de calibre junior. La multiplication des cas de COVID-19 fera en sorte d’éliminer cette possibilité à tout le moins pour les prochains mois.


Gabriel Lucchesi joue pour la formation de la North Yartmouth Academy, située dans le Maine. Il vit dans la famille d’un enseignant de l’école et ne loge donc pas sur le campus.

Son père Stéphane, lui-même un ancien joueur de baseball junior au Québec, a pratiqué son sport au Vermont. Il se dit rassuré à la vue du protocole envisagé par l’école fréquentée par son fils.

Il constate aussi que l’État du Maine est largement épargné par la pandémie. Gabriel s’apprête à entamer l’équivalent d’une sixième année du secondaire, laquelle sert de tremplin vers l’université et les équipes de la NCAA.

C’est à la fin du mois d’août qu'il devra se présenter à la frontière où un autobus nolisé par l’école viendra le chercher en même temps qu’une poignée d’autres étudiants.

À leur arrivée, tous seront placés en quarantaine durant 14 jours dans un hôtel à proximité de l’école. Ils y seront soumis à une série de tests de dépistage du coronavirus.

En ce qui a trait au hockey, il est là aussi difficile de savoir comment les choses se passeront. Auparavant habitué à ce qui avait cours à Trois-Rivières, au sein de la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS), Gabriel a déjà eu l’occasion de découvrir un calendrier beaucoup plus tardif, inspiré de ce qui se fait dans la NCAA.

Les entraîneurs n’embarquent pas sur la patinoire avant le début novembre. Il n’y a donc pas d’entraînement officiel avant ça. La glace est prête dès le mois d’août et les joueurs peuvent s’entraîner par eux-mêmes, presque tous les jours. Malgré mon expérience personnelle aux États-Unis, je n’ai jamais vécu ce que mon gars vit cette année, avoue le père.

Il se réjouit du fait que l’entraîneur de son fils soit resté en communication constante avec tous les joueurs depuis les premiers jours de mars, au moment où l’équipe a remporté le championnat.


Une joueuse tente de bloquer une passe d'une adversaire.

Maude St-Louis (no 18) en action

Photo : Courtoisie Sylvain St-Louis

Maude St-Louis possède déjà un grand sens de l’autonomie et de la débrouillardise.

La jeune femme a commencé à jouer au hockey à 6 ans. Elle a côtoyé les garçons jusqu’au niveau pee-wee. Elle n’avait que 14 ans lorsqu’elle a quitté le nid familial.

Elle s’est installée chez ses sœurs aînées pour participer au programme sport-études de la sélection féminine de l’école Saint-Gabriel, à Sainte-Thérèse. Celle qui vise une carrière de dentiste joue aussi au soccer et au golf afin de répondre aux impératifs du parcours scolaire qui exige la pratique de deux sports en plus de celui pour lequel on a obtenu une bourse d’études.

Elle devra arriver sur le campus le 29 août. Mais comme on ne peut pas l’accompagner là-bas, elle va s’y rendre en avion. Une navette viendra chercher les étudiants à l’aéroport. L’inscription sera complétée le dimanche et les cours vont commencer dès le lendemain, explique son père Sylvain St-Louis.

L’école Winchendon, dans le Massachusetts, possède son propre aréna sur les terrains du campus. Cela offre aux membres des équipes de hockey masculine et féminine un accès unique pour l’entraînement et les matchs.

Malgré tout, la situation épidémiologique laisse en suspens toute planification d’un calendrier pour la saison sportive à venir. Là aussi, les étudiants devront se soumettre à des tests de dépistage et à une quarantaine obligatoire, les premiers cours étant offerts de manière virtuelle.

Avec 280 élèves inscrits sur ce campus et une moyenne, même en temps normal, de sept étudiants par classe, la question de la distanciation physique ne se pose pas.

Par contre, Maude sait déjà qu’elle ne pourra pas rentrer à la maison à l'Action de grâces pour ne pas à subir une nouvelle mise en quarantaine.


Un joueur de hockey sans casque sourit dans son uniforme noir.

Kyle Normand

Photo : Courtoisie Joyce Godbout

Kyle Normand a adoré sa première année au Wyoming Seminary, de Kingston, en Pennsylvanie, et avec les Knights, son équipe de hockey.

Cette école est située à quelques encablures de Wilkes-Barre, la petite ville du club-école des Penguins de Pittsburgh dans la Ligue américaine.

En raison la situation sanitaire qui prévaut chez nos voisins du Sud, Kyle et sa mère Joyce Godbout ont convenu de ne pas poursuivre l’expérience.

Kyle chérissait ce rêve depuis le secondaire 3. Il a passé une première année extraordinaire au Wyoming Seminary. Il est rentré à la maison pour le March Break (la relâche), et il n’y est jamais retourné, raconte-t-elle.

Comme le monde se mobilisait pour contrer l’éclosion du virus, l’école s’est rapidement tournée vers les cours virtuels. Kyle a pu terminer la première des deux années préuniversitaires.

Au fur et mesure que le printemps avançait et que la situation changeait, on se demandait s’il allait pouvoir y retourner. On a été bien informés par l’école sur les protocoles envisagés pour la rentrée. Mais s’il était resté ici pour suivre des classes virtuelles, ça ne correspondait plus à l’expérience à laquelle Kyle a adhéré dès le début.

Joyce Godbout, mère d'un étudiant-athlète

La perspective qu’il ne puisse plus pratiquer son sport était très décevante pour le jeune homme. Début juillet, Kyle devait prendre une décision.

Il a opté pour un plan B en s’inscrivant au Cégep de Trois-Rivières. Étant donné qu’il n’y a pas de programme de hockey à cet endroit, Kyle étudie d’autres avenues possibles qui lui permettraient encore de chausser les patins. Sauf que le programme en génie électronique n’est pas offert dans toutes les institutions collégiales.

Ce sera difficile pour lui de se défaire de la structure du hockey organisé dans laquelle il évolue depuis plusieurs années. C’est un deuil qu’il a dû amorcer. Il sera toujours un grand passionné de ce sport. Il reste que c’est un chapitre de sa vie qui a pris fin plus tôt que prévu, conclut sa mère.

Il faut aussi considérer que d’autres jeunes n’auront peut-être pas le privilège de poursuivre leur rêve pour des considérations purement économiques.

Les sommes nécessaires pour fréquenter ces fameuses écoles préparatoires sont élevées. Il suffit qu’un parent ait perdu son emploi en raison de la COVID-19 pour que le rêve s'arrête abruptement.

En ce qui a trait au processus d’admission en prévision de l’année scolaire 2021-2022 dans ces écoles, tout devrait se dérouler normalement à l’exception des entrevues de sélection qui se tiendront de façon virtuelle.

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