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Chronique

Les Penguins étaient-ils morts avant d’arriver à Toronto?

Il saute sur la patinoire.

Sidney Crosby

Photo : Getty Images / Andre Ringuette/Freestyle Photo

Les Penguins de Pittsburgh ont-ils atteint leur date de péremption? La question se pose.

Depuis le début de l’ère du plafond salarial dans la LNH en 2005, l’expérience nous a enseigné que lorsque les équipes dominantes déclinent, leur corde casse d’un coup sec. Et souvent, à la surprise générale, leur chute fatale survient dans les séries éliminatoires. Les grands clubs ne s’engagent pas tout doucement sur la pente du déclin avant de redevenir ordinaires. Ils tombent d’un précipice.

Le plafond salarial le plus contraignant des quatre grands championnats nord-américains force constamment les directeurs généraux des meilleures équipes de la LNH à faire de mauvais compromis et à laisser partir des joueurs occupant des rôles importants au sein de leur formation.

En même temps, les athlètes sont ultra sollicités. Les calendriers de la LNH sont à la fois longs et compressés. Les équipes disputent parfois près de 20 % de leur calendrier de saison en séquences de deux matchs en deux soirs. La confection du calendrier est dépourvue de logique et multiplie les déplacements inutiles. Par ailleurs, les joueurs des équipes qui se rendent en finale de la Coupe Stanley terminent leur saison à la mi-juin. Ils n’ont parfois même pas le temps de soigner leurs blessures et de s’entraîner convenablement avant de se présenter au camp d’entraînement de la saison suivante.

Bref, on presse constamment le citron.


Les Blackhawks de Chicago ont formé l’une des plus dominantes organisations des années 2010. Ils ont remporté trois Coupes Stanley en six ans. Au printemps 2017, deux ans à peine après avoir soulevé leur dernière coupe et après avoir signé une remarquable saison de 109 points, les Hawks ont été balayés au premier tour éliminatoire par les Predators de Nashville, qui avaient amassé 15 points de moins.

Les deux premiers défenseurs de l’équipe, Duncan Keith et Brent Seabrook, étaient au bout du rouleau. Marian Hossa aussi.

Dans le monde du hockey, la consternation était totale. Comment une telle aberration avait-elle pu survenir? Pourtant, les Blackhawks n’ont jamais rejoué en séries éliminatoires depuis. Cette saison, ils occupaient le 23e rang du classement général quand la pandémie a frappé. Et s’ils participent au tournoi de qualification cet été, c’est en raison des circonstances que l’on connaît.

Les Kings de Los Angeles, une équipe défensive qui déployait une irrésistible intensité dans les séries éliminatoires, ont connu un intéressant pic de performance entre 2012 et 2014, période au cours de laquelle ils ont remporté deux Coupes. Mais en 2016, deux ans à peine après avoir remporté leur deuxième saladier, les Kings ont vu leur saison de 102 points prendre fin en se faisant piétiner en 5 matchs par les Sharks de San José. Ils n’ont plus jamais remporté un match éliminatoire par la suite.


Tout cela nous ramène aux Penguins de Pittsburgh, qui forment l’une des équipes d’élite de la LNH depuis belle lurette. La bande à Sidney Crosby a participé à sa première finale en 2008. Elle a remporté la Coupe en 2009, en 2016 et en 2017. Mais à en juger par ce qui se déroule dans la série qui les oppose au Canadien, le gouffre n’est pas bien loin.

Pour les Penguins, comme ce fut le cas pour Chicago et Los Angeles, l’effondrement est survenu deux ans après leur dernière conquête. La saison dernière, après avoir amassé 100 points au classement, les Penguins ont été facilement balayés au premier tour par les Islanders de New York.

Il patine avec la rondelle.

Evgeni Malkin

Photo : Getty Images / Andre Ringuette/Freestyle Photo

Cette saison, malgré une avalanche de blessures, l’équipe de Mike Sullivan voguait vers une récolte de 102 points quand la pandémie a frappé. C’était 20 points de plus que le rythme maintenu par le Canadien, en passant.

Cet été, malgré quatre mois et demi de pause forcée, une fois plongés dans la férocité d’une série 3 de 5, les Penguins sont incapables de concrétiser. Même contre une équipe de 24e place ayant procédé à une liquidation après incendie à la date limite des échanges. De façon générale, Pittsburgh n’a d’ailleurs remporté qu’un seul de ses neuf derniers matchs en séries. Et c’était de peine et de misère, contre le Tricolore.

How about that?, comme disait le légendaire commentateur Mel Allen.

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Les Penguins sont accumulés au pied du mur, comme disait Claude Ruel.

Malgré leur déclin et l’inconfortable situation dans laquelle ils se trouvent, ils sont et restent – sur papier – supérieurs au CH. Pour se sortir de ce trou, ils devront toutefois retrouver leur instinct du tueur.

Dans le premier match, ils avaient dominé par 25 à 15 au chapitre des chances de marquer. Ils n’ont toutefois jamais été capables de percer la muraille de Carey Price, ce qui leur a valu une défaite en prolongation.

Et dans le troisième duel, alors que le Canadien perdait 1-3 et titubait près des câbles, les Penguins ont été incapables de refermer le jeu et d’y aller pour le K.-O. Submergés par les nouveaux trios concoctés par Claude Julien, ils ont accordé trois buts sans réplique.

Pendant que les gros canons des Penguins se tenaient cois (Crosby et Malkin n’ont tiré que trois fois au filet à 5 contre 5 et Letang n’a pas encore récolté un point dans la série), le Bleu-blanc-rouge a profité de la contribution de véritables revenants. Jonathan Drouin a inscrit son premier but depuis le 31 octobre(!) et Paul Byron, qui a secoué les cordages seulement quatre fois en saison, a poussé la rondelle derrière Matt Murray.

L’allure de la série nous indique qu’il serait extrêmement imprudent de vendre la peau du pingouin avant de l’avoir tué.

En même temps, l’histoire récente de la LNH et les piètres résultats de la bande à Sid dans les séries (la tendance est lourde) suscitent une question bien légitime : les Penguins étaient-ils déjà morts avant d’arriver à Toronto?

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