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Chronique

Henrik Lundqvist, la fin d’une époque pour les Rangers?

Un gardien la tête basse sous les projecteurs avant un match

Henrik Lundqvist a-t-il joué son dernier match avec les Rangers?

Photo : Getty Images / Andre Ringuette/Freestyle Photo

Balayés par les Hurricanes de la Caroline, qui sont jeunes et sans merci, les Rangers de New York ont été, mardi soir, les premiers à se faire expulser de la bulle torontoise. Les voilà en vacances pour trois mois et demi. Du côté des Blue Shirts, cette élimination rapide signifie probablement la fin du règne du « roi Henrik » Lundqvist, qui a défendu le filet de l’équipe durant 15 saisons.

Âgé de 38 ans, Lundqvist a encore une saison à écouler à son contrat, à un salaire de 8,5 millions de dollars. Il sera intéressant de voir comment les Rangers manoeuvreront pour se départir de ce fardeau financier, alors que le plafond salarial de la LNH restera figé à 81,5 millions la saison prochaine.

Essentiellement, Lundqvist (fiche de 10-12-3, taux d'efficacité de ,905) a peu à peu été relégué à un rôle de second gardien cette saison derrière le Bulgare Alexandar Georgiev. Puis, au début de l’année 2020, tant Lundqvist que Georgiev ont dû céder les commandes au Russe Igor Shersterkin, qui a connu des débuts phénoménaux (fiche de 10-2 et taux d'efficacité de ,932).

Avec Shesterkin devant leur filet, les Rangers connaissaient l’une des plus fulgurantes ascensions dans l'Association de l’Est lorsque la saison a été interrompue le 12 mars dernier. Malheureusement pour les New-Yorkais, Shesterkin, blessé, n’a toutefois pas été en mesure de disputer les deux premiers matchs de leur série contre les Hurricanes.

La fabuleuse séquence de 129 départs consécutifs en séries éliminatoires d’Henrik Lundqvist a donc pris fin mardi soir, quand Shesterkin a repris sa place entre les poteaux. Malgré son brio, ce dernier n’a pas été en mesure d’éviter le couperet aux Rangers, qui n’ont inscrit que quatre buts en trois matchs.

Lundqvist est un monument à New York. Depuis son arrivée dans la LNH en 2005-2006, il a remporté 459 victoires et maintenu un taux d’efficacité de ,918. Seul Marc-André Fleury (avec 462 gains et un taux d'efficacité de ,913) a maintenu des standards d’excellence plus élevés que lui. Au cours de cette période, Lundqvist arrive aussi deuxième pour le nombre de matchs dans les séries (130), une marque d’excellence qui le place encore une fois derrière Fleury.


La transition a donc été bien planifiée par les Rangers. Cette organisation se retrouve dans une position extrêmement enviable devant le filet. Georgiev et Shesterkin sont tous deux âgés de 24 ans et leur présence annonce plusieurs années de stabilité à cette position cruciale.

Un gardien fait ses échauffements d'avant-match

Alexandar Georgiev

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Sachant cela, la nouvelle la plus étonnante à émaner de l’organisation des Rangers est sans doute la décision du DG Jeff Gorton de ne pas renouveler le contrat de l’entraîneur québécois Éric Raymond, qui veillait au développement des jeunes gardiens des Rangers depuis quatre ans au sein du club-école de Hartford.

À Hartford, Raymond a beaucoup travaillé avec Georgiev, un gardien qui n’avait jamais été repêché, pour l’aider à peaufiner son style. Sa courte collaboration avec Shesterkin, qui avait des ajustements à faire pour s’adapter au hockey nord-américain, a aussi été fructueuse.

Compte tenu des résultats obtenus depuis mes débuts dans l’organisation et de l’étroite collaboration que j’entretenais avec Benoît Allaire (l’entraîneur des gardiens des Rangers), j’avoue avoir été surpris par cette décision des Rangers. Cette nouvelle est arrivée alors que je me considérais comme vraiment prêt à faire le saut dans la LNH. Mais ce sont les aléas du sport professionnel. Il ne faut peut-être pas toujours chercher à comprendre, a dit Raymond, qui a aussi travaillé avec Équipe Canada junior et avec les Mooseheads d’Halifax au cours des dernières années.


Revenons maintenant un peu à cette série éclair Hurricanes-Rangers, dont le sort a été essentiellement dicté par le premier trio de la Bunch of Jerks, composé de Teuro Teravainen (25 ans), Sebastian Aho (23 ans) et Andrei Svechnikov (20 ans). À eux trois, ils ont inscrit 7 des 11 filets des Canes.

Auteur de 3 buts et 5 passes, Aho trône au sommet des marqueurs des séries. Et bien des partisans du Canadien se demandent sans doute à quoi ressemblerait leur équipe aujourd’hui si la direction du CH lui avait soumis une offre hostile un peu plus mordante en juillet 2019.

Soucieux de ne pas chambarder les échelles salariales établies dans le marché, Marc Bergevin lui avait soumis une offre de 5 ans et 42,27 millions (8,454 millions par saison). Le Tricolore croyait faire plier les genoux au propriétaire des Hurricanes, Tom Dundon, en garantissant à Aho des bonis à la signature totalisant 21 millions dans les 12 premiers mois de l’entente.

Cette offre forçait le Canadien à ne verser qu’un choix de premier tour, un de second tour et un de troisième tour aux Hurricanes pour leur ravir leur premier centre.

Ce qui devait arriver arriva. Le salaire offert était raisonnable compte tenu du marché et la compensation n’était pas suffisante. Dundon a égalé l’offre et, en regardant jouer Aho, il s’en félicite sans doute par les temps qui courent.

Il se dirige vers le banc des siens, les bras dans les airs.

Sebastian Aho est félicité par ses coéquipiers

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn


Les Hurricanes ont un avenir formidable devant eux. Pour s’en convaincre, il faut aussi regarder jouer Andrei Svechnikov.

Deuxième joueur sélectionné au repêchage de 2018 (derrière Rasmus Dahlin et devant Jesperi Kotkaniemi), Svechnikov se profile comme l’un de ceux qui connaîtront l’une des plus remarquables carrières parmi les espoirs issus de cette cuvée très relevée.

À son année de repêchage, j’avais comparé Svechnikov à Evgeni Malkin en raison de ses habiletés offensives et de son imposant gabarit. Offensivement, Malkin a récolté 1,19 point par match à ses deux premières saisons dans la LNH comparativement à 0,65 point pour Svechnikov. Mais cette comparaison est un peu boiteuse parce que Malkin (20 ans) était deux années plus âgé que Svechnikov à ses débuts.

Toutefois, Svechnikov démontre qu’il n’a pas froid aux yeux et qu’il est capable de se lever dans les moments importants. L’an dernier, il n’avait pas hésité à jeter les gants contre Alex Ovechkin dans une série particulièrement remplie d'émotions, au terme de laquelle les Hurricanes avaient évincé les champions de la Coupe Stanley.

Et cette semaine, après avoir marqué trois buts lundi soir, Svechnikov a été particulièrement ciblé par les Rangers lors du troisième et dernier match de la série. Et tout naturellement, il a simplement répliqué coup pour coup à tous ceux qui lui cherchaient noise tout en continuant d’animer l’attaque de son équipe.

Un joueur félicité par ses coéquipiers

Andrei Svechnikov félicité par ses coéquipiers

Photo : Getty Images / Andre Ringuette/Freestyle Photo

Voici d’ailleurs, après deux saisons, comment se comparent les rendements des sept premiers joueurs sélectionnés au repêchage de 2018:

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