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Le Canadien a un urgent besoin de renfort à l’attaque

Ils patinent le long de la rampe.

Kris Letang (gauche) et Max Domi

Photo : Getty Images / Andre Ringuette/Freestyle Photo

Alexandre Gascon

TORONTO - Ce n’est qu’une seule défaite, mais le Canadien n’a aucune marge de manœuvre dans cette série au meilleur des cinq matchs. Claude Julien en est parfaitement conscient. Son attaque a besoin d’un électrochoc.

Facile à écrire, mais où trouver du renfort?

Autant cela serait divertissant, Claude Julien n’habite point à Gotham City et ne peut s’en remettre à des signaux lumineux de chauve-souris pour faire apparaître son héros masqué.

D’ailleurs, il a déjà un spécimen du genre, depuis deux matchs, en Carey Price. Comme le veut la rumeur, il a revêtu ses combinaisons de 2014 et 2015. Insuffisant, malgré tout. Le CH contre les manchots ne peut se contenter de Batman, ça prend aussi Robin.

Insérer dans la formation Jake Evans ou Ryan Poehling ne fera rien à l’affaire. Certes, Claude Julien doit composer avec ce qu’il a comme il l’a mentionné à quelques reprises, sous-entendant clairement que ses ressources sont limitées.

Ce qu’il a, justement, devrait avoir les dents plus longues que ce qu’on a vu après les deux premiers matchs. C’est au sein même de la formation que le déclic doit opérer et il y aura des changements, c’est acquis.

Regarde le match d’hier. On a vu [Nick] Suzuki avec d’autres ailiers. [Phillip] Danault aussi. Je l’ai fait pendant le match. On doit être prêts pour des changements, a laissé tomber l’entraîneur, un brin maussade, lors de sa visioconférence quotidienne mardi.

Claude Julien a réussi à faire de cette équipe la quatrième attaque de la LNH à cinq contre cinq au cours des deux dernières années. Un exploit malheureusement occulté par l’incapacité de ladite attaque à maintenir la cadence lors des moments cruciaux, que ce soit dans les dernières semaines de la saison 2018-2019 lorsque le Tricolore luttait pour participer aux séries ou, encore, dans ce tour qualificatif.

N’empêche, il a de précieuses heures devant lui pour tenter de trouver un élément de réponse. Il profitera aussi de l’avantage de la glace, sur papier, ce qui lui permettra de choisir davantage les confrontations de trios.

À qui le tour?

Les candidats à la relance de l’attaque ne sont pas légion. Jusqu’à présent, deux joueurs de 20 ans, Jesperi Kotkaniemi (2 buts) et Nick Suzuki (1), ainsi que le défenseur Jeff Petry (1), sont les seuls à avoir déjoué Matt Murray. Les vétérans se tiennent cois.

Il y a d’abord le premier trio de Danault, Brendan Gallagher et Tomas Tatar. Offensivement, les complices de longue date se sont montrés plutôt discrets, mais voilà peut-être l’effet pervers d’avoir comme mission première de couvrir Sidney Crosby et Evgeni Malkin. À forces égales, la bande à Danault a compté un but et en a permis un. Match nul. Et c’est déjà beaucoup demandé en séries éliminatoires.

Les joueurs attendent la mise au jeu au centre de la patinoire.

Début de match entre le Canadien et les Penguins lors des séries éliminatoires de 2020

Photo : Getty Images / Andre Ringuette/Freestyle Photo

Ils n’ont certes pas été parfaits, mais la stratégie de Julien basée sur la répartition des forces prévoit justement qu’ils puissent souffler par moments et se concentrer sur leur affectation défensive pendant que leurs amis terminent le travail à l’attaque.

Dans les chaumières, on commence à se demander ce que Max Domi, deuxième marqueur du club depuis deux ans, malgré ses défauts bien documentés, fait encore au sein du quatrième trio. L’attaquant joue en moyenne deux minutes de moins par match que pendant la saison. Julien répète vouloir présenter une formation équilibrée, comprendre ici que chaque trio possède sa petite touche de créativité offensive encadrée le mieux possible par des joueurs fiables en défense.

Au lieu de répartir les forces, la stratégie a semblé diluer le talent. Pendant ce temps, l’un des rares joueurs à pouvoir insuffler du dynamisme offensif ronge son frein dans un trio avec un joueur de la Ligue américaine (Dale Weise) et un autre qui peine à s’établir comme partant dans la Ligue nationale (Jordan Weal).

 Je ne suis pas l’entraîneur, a simplement indiqué Domi.

Tout le monde est dans le même bateau. On peut être meilleurs et je sais que, moi-même, je peux en apporter plus.

Max Domi

Idem pour Jonathan Drouin.

Il est souvent rappelé que le Québécois présente des statistiques à faire saliver dans les séries éliminatoires. C’est incontestable. Mais sa domination dans le junior était telle qu’elle se répercutait d’un match à l’autre, saison comme série. Et son fameux printemps magique avec le Lightning de Tampa Bay date de plus de quatre ans et a été réussi avec l’une des meilleures formations de la Ligue nationale.

Peut-il réellement devenir ce joueur qui fait la différence au bon moment? Nul ne lui contestera qu’il en a le talent. Mais dans une ligue où il faut faire ses preuves d’une année à l’autre pour justifier sa pertinence, Drouin laisse d'assez vieux exploits parler à sa place.

Le no 92 a été quasi invisible dans le second match de la série et ne s’est guère fait voir pour les bonnes raisons dans le premier – il a reçu deux infractions mineures – ne lui en déplaise.

On a eu un bon premier match, notre trio a marqué, on a fini à +1. Hier, on a eu beaucoup de punitions et on n’a pas créé grand-chose. Il nous manquait de la vitesse en zone neutre pour créer des choses […] Mon travail, dans cette équipe, c’est de créer de l’attaque, aller chercher des buts, des passes. Hier, on n’a pas de but pendant 58 minutes. C’est à moi d’en faire plus, a-t-il admis.

Drouin, avec Suzuki et Joel Armia, s’est surtout mesuré à Evgeni Malkin. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le buteur de Sainte-Agathe n’y voit pas un obstacle à la production offensive.

« Parfois, tu joues contre le troisième ou le quatrième trio et ils jouent bien défensivement. Quand tu affrontes [Malkin ou Crosby], tu dois faire attention. Mais si tu fais les bonnes choses, tu crées des revirements, tu vas créer des choses. Notre trio a eu des 2 contre 1 et c’était contre eux », a-t-il affirmé.

Pas de solution facile donc. Réunir Domi et Drouin, par le passé, a parfois fonctionné, parfois non. Et les changements de trios sont affaire de chimie, matière aussi terre à terre à l’école qu'ésotérique au hockey.

Domi a effectué quelques présences au centre de Tatar et de Gallagher, une combinaison qui s’est avérée complètement stérile. En trois minutes de glace à cinq contre cinq, ils n’ont tenté aucun tir au filet et en ont permis sept.

C’est un vilain casse-tête pour Julien. De quoi s’arracher les cheveux… enfin. Que le vrai Robin se lève.

À l’autre bout de la bulle

Face à un Carey Price des grandes occasions, les Penguins n’ont jamais paniqué depuis le début de cette série.

Le gardien du Tricolore épate avec sa moyenne de buts accordés de 1,82, son taux d'efficacité de ,949 et ses arrêts spectaculaires, mais jamais Pittsburgh n’a perdu confiance en ses moyens selon le défenseur Kristopher Letang.

Tout le monde sait que [Price] est un très bon gardien. Quand vous jouez contre un gardien comme lui, parfois la meilleure chose à faire est d'envoyer beaucoup de rondelles au filet et espérer profiter d'un bond chanceux. Notre plan de match ne change pas.

Letang était également assez fier du travail de son équipe contre le premier trio du Canadien, celui piloté par Phillip Danault.

Je pense que notre échec avant a fait en sorte qu’on n'a pas eu à passer beaucoup de temps dans notre zone. Le travail de nos attaquants en repli aussi. C’est en unité de cinq qu'on a bien défendu. On avait des gars en repli qui mettaient de la pression sur le premier trio du CH. Ça permettait aux défenseurs d’avoir un meilleur contrôle de leur écart avec le porteur de la rondelle et sortir de la zone plus facilement, a indiqué Letang.

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