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Quand le Canadien se tire dans le pied

Xavier Ouellet applique une mise en échec à Brandon Tanev.

Xavier Ouellet applique une mise en échec à Brandon Tanev.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Alexandre Gascon

TORONTO - Des passagers et du sabotage. C’est, grossièrement résumé, ce qui a coûté le match au Canadien lundi soir et qui replace les Penguins au plus fort de la lutte.

Le CH avait une occasion en or de porter un très dur coup à son adversaire sur qui repose toute la pression dans cette série aux allures de sprint. Avec un Carey Price qui marche sur les eaux depuis le début de la série, donnant un fugace aperçu de ce que ce gardien, lorsque reposé, peut encore offrir, se donner une avance de 2-0 n’apparaissait pas si improbable.

Certes, Price a cédé assez tôt dans le match. Sidney Crosby a alors profité d’une crampe au cerveau de Jeff Petry pour le déjouer. Mais il s’est montré intraitable tout le reste de la soirée. L’occasion, donc, était là, réelle, palpable, mais les hommes de Claude Julien ne se sont même jamais approchés de l’exploit.

Quand ton gardien te donne une chance de gagner, il faut répondre. Pour gagner avec une jeune équipe, tu ne peux pas avoir de passagers. Ce soir, il y a des joueurs qu'on aurait voulu voir mieux jouer, a laissé tomber l’entraîneur après la rencontre.

Il nous a donné une chance de gagner, a renchéri Shea Weber. Il joue à la hauteur de sa réputation.

Le capitaine Sidney Crosby réussit à battre le gardien Carey Price.

Le capitaine Sidney Crosby réussit à battre le gardien Carey Price.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Remarquez, ses coéquipiers aussi, dans une certaine mesure. Leur réputation, vous l’aurez compris, n’est pas auréolée de la même gloire.

Inutile de montrer qui que ce soit du doigt, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le trio de Nick Suzuki, par exemple, a obtenu trois tentatives de tirs au but, gracieuseté de Joel Armia, pendant tout le match. Huit joueurs n’ont décoché aucun lancer.

Ce même Armia a écopé de trois punitions mineures et a disputé, de mémoire, l’une de ses pires rencontres depuis qu’il porte l’uniforme bleu, blanc et rouge, dans un joyeux mélange d’impatience, d’arrogance et de paresse.

Il avait pourtant été question de l’importance de la discipline avant le match. Phillip Danault avait expliqué ses écarts de conduite et ceux de ses comparses en raison de la fébrilité de disputer un premier match éliminatoire depuis si longtemps.

Les sept pénalités mineures du deuxième duel devenaient toutefois plus difficiles à justifier.

On a mis l’énergie à la mauvaise place. On a pris beaucoup de punitions. Ça gruge de l’énergie qu'on ne devrait pas mettre là. Ça nous coûte le momentum en zone offensive, à cinq contre cinq et même en avantage numérique, a indiqué Danault.

On a donné du vent dans les voiles à Pittsburgh en lui donnant ces avantages. Même si notre infériorité numérique a fait du bon travail, ça fatigue beaucoup de nos joueurs.

Claude Julien

Deux de ces sept infractions étaient pour avoir eu trop d’hommes sur la patinoire. L’entraîneur-chef a évoqué l’inexpérience de sa troupe, mais, surtout, le manque de concentration. Difficile à expliquer, avouons, lorsque l’enjeu est si grand.

C’est la responsabilité des joueurs de savoir qui est encore sur la patinoire. Dans un cas, c’est la jeunesse, dans l'autre, on n’a pas prêté attention à la situation, a fait valoir Julien.

Cela dit, les Penguins n’ont pas touché la cible sur l’attaque massive, malgré une circulation de rondelle des plus fluides, 14 lancers et quelques belles chances de marquer.

En fait, ils étaient juste plus forts, plus rapides, plus précis, plus incisifs, comme on peut s’y attendre d’une formation qui compte sur Sidney Crosby, Evgeni Malkin, Jake Guentzel et compagnie.

Ils ont lancé un message ce soir, dit Brett Kulak.

Un message qui laisse entendre que bien que Pittsburgh ait marqué seulement un but en 12 tentatives en avantage numérique depuis le début de la série, bien que Carey Price joue au sommet de son art, bien que Malkin soit blanchi en deux matchs, les Penguins ont les armes pour battre le Tricolore.

Et ça, pour le CH, c’est franchement démoralisant.

En rafale

Julien fonde beaucoup d’espoirs depuis le début de la série sur le trio de Nick Suzuki, Jonathan Drouin et Joel Armia. Ils ont montré leurs limites lundi soir. Outre les errances d’Armia, Drouin a été plutôt invisible. S’il a forcé Marcus Pettersson à l’accrocher pour provoquer une punition en première période, il a aussi grandement contribué à gâcher ladite supériorité avec deux passes directement à l’adversaire. Ceux qui souhaitaient retrouver la version engagée du Québécois du début de saison sont restés sur leur appétit jusqu’à maintenant.

L’entraîneur doit composer avec les éléments qu’il a sous la main, mais la combinaison n’a pas démontré une grande chimie. Possible qu’on retrouve sur ce trio au moins deux des  passagers  auxquels référait Julien.

De son côté, le défenseur Victor Mete a obtenu moins de 10 minutes de temps de jeu (9:39) pour un match complet pour la première fois depuis le 30 novembre dernier. Évidemment, les nombreuses punitions ont réduit considérablement sa tâche puisque le petit Ontarien ne joue pas au sein des unités spéciales. Mais pendant ce temps, les trois premiers défenseurs de l’équipe passent plus de 25 minutes sur la glace. Après quatre mois et demi de pause, c’est, disons, un effort considérable.

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