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L'inattendue robustesse du Canadien

Ils se poussent près du filet du Canadien.

Shea Weber (6) et Jason Zucker

Photo : Getty Images / Andre Ringuette/Freestyle Photo

Alexandre Gascon

Outre le pointage final, une autre statistique du premier match entre les Penguins et le Canadien a retenu l’attention : 53.

Comme dans 53 mises en échec distribuées par le CH. Pourtant, la robustesse n’est pas exactement l’image qu'il projette.

Les vilains plaisantins diront d’ailleurs que c’est plus facile de frapper quand tu cours toujours après la rondelle pour la récupérer. Ils n’auraient pas tort, du moins, pour ce qui est du premier duel de la série. Pittsburgh a contrôlé 60 % des tentatives de tir dans le match avec des accents beaucoup plus prononcés pendant les deux premières périodes.

Au courant de la saison, par exemple, Montréal a affiché l’un des meilleurs rendements pour la possession du disque et a terminé au 5e rang pour les mises en échec par 60 minutes de jeu avec 26,2. Le Tricolore frappe, beaucoup. Ce qui ne le sert pas si bien d’ordinaire.

Samedi soir, c'était différent. Quinze de ces 53 coups d’épaules sont venus du trio Shea Weber, Ben Chiarot et Jeff Petry, en défense. Les petits ailiers des Penguins ont peiné à se frayer un chemin jusqu’à Carey Price et en ont payé le prix fort lorsqu’ils y parvenaient.

Avec l’aide précieuse du gardien vedette, ébouriffant samedi, ces trois messieurs ont tenu le coup devant les assauts répétés de leurs talentueux adversaires. Leur jeu physique, qui ne peut être mesuré que dans les colonnes de chiffres, a donné du fil à retordre aux trios de Sidney Crosby et d’Evgeni Malkin, contre qui Claude Julien a tenu à opposer principalement son tandem Chiarot-Weber.

C’est un peu de la façon qu’on veut faire ça. Il y a des raisons spécifiques pour ces choix-là, a lancé Claude Julien, sibyllin, lors d’une visioconférence dimanche matin. C’est ce qu’on a décidé de faire avant le début de la série et ça nous a bien servi.

Le triumvirat défensif a aussi englouti 91 des 143 minutes que les défenseurs du CH ont passées sur la glace, soit près des deux tiers.

Des joueurs regroupés au banc écoutent les entraîneurs.

Le Canadien dans sa série de qualification contre les Penguins

Photo : Getty Images / Andre Ringuette/Freestyle Photo

Pourront-ils maintenir la cadence?

Il y avait beaucoup d’adrénaline pour ce premier match après un arrêt forcé de près de cinq mois, mais maintenant qu’elle est retombée, qui sait dans quel état se sont réveillés les joueurs dimanche matin. Avec les courbatures et autres petits maux, peut-être sera-ce plus difficile pour les trois hommes de jouer des gros bras et de prendre pour cible, comme on l’a vu samedi, les vedettes.

Je ne sais pas si (le jeu physique) te donne un avantage, mais en séries, tu essaies d’avoir ton adversaire à l’usure. Tout le monde a fait un bon travail à ce niveau. Même si on n’est pas si gros, tout le monde a fini ses mises en échec. C’est vraiment important dans une série, a laissé tomber Ben Chiarot, qui a atteint la finale de l’Ouest avec les Jets en 2018.

Pour sa part, l’entraîneur-chef des Penguins, Mike Sullivan, bien qu’il ait eu le dernier mot sur les changements de trios étant donné que les Penguins étaient considérés comme l’équipe jouant à domicile, ne s’est pas tant prévalu de cet avantage. Il a conservé la confrontation Malkin contre Weber même si le capitaine du Canadien, au fur et à mesure que le match avançait, avait plus de facilité à contrer le grand numéro 71.

Si Sullivan a choisi de changer de stratégie, il n’a pas dévoilé son jeu dimanche.

Il faut les faire travailler fort dans le fond de leur zone, a-t-il répondu lorsqu’on lui a demandé comment profiter du fait que le Bleu-blanc-rouge utilise à outrance seulement trois arrières.

Quand tu fais ça sur une base régulière contre des joueurs qui jouent beaucoup, ça finit par être très épuisant, a-t-il ajouté.

Sullivan n’a pas non plus voulu spécifier s’il avait apporté des modifications à sa formation à l’entraînement dimanche.

De vieux routiers

On n’apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces, veut le dicton. Attention, loin de nous l’idée de dire que les Penguins sont des primates (tout le monde sait que ce sont des sphénisciformes de toute façon), mais ils connaissent la chanson.

 Ils en ont vu d’autres , pour reprendre les mots justes de Brendan Gallagher. Le Canadien est mieux d’être sur ses gardes, car n’eut été du brio de Price, ce match lui aurait rapidement glissé entre les doigts.

Montréal a donc eu congé d’entraînement et tiendra une petite séance légère lundi matin pour préparer le deuxième affrontement. Les Penguins s’ajusteront, Julien le sait trop bien.

Au fur et à mesure que le match avançait, nous étions plus à l'aise dans notre manière de jouer contre eux. Nous avons terminé le match en force, et pas seulement en infériorité numérique, mais aussi du côté des lancers et des chances de marquer. Nous avions de l'énergie en prolongation.

Claude Julien

En zone neutre, nous leur donnions trop de vitesse, mais nous nous sommes ajustés. L'échec avant pourrait aussi être meilleur. Ça nous permettrait de créer des revirements et de créer encore plus de chances de marquer, a spécifié Julien.

Du côté des hommes en jaune, l’accent a surtout été mis sur le travail des unités spéciales dimanche. La bande à Crosby a marqué un seul but en sept occasions et a saboté une supériorité de deux hommes alors que le match était égal 2-2.

Voilà beaucoup de points à peaufiner : contrer la robustesse inattendue du CH, se soustraire au triumvirat défensif, lorsque possible, simplifier le jeu sur les unités spéciales. Et malgré tout, les Penguins auraient bien pu, voire dû, remporter la rencontre.

Le boulot du CH ne fait que commencer.

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