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La capacité d’apprentissage de Nick Suzuki

Le gardien Matt Murray se relève.

Nick Suzuki célèbre le but qui donnait une avance de 2-0 en deuxième période pour le Canadien face aux Penguins.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Alexandre Gascon

TORONTO - Plus tôt cette saison, Phillip Danault avait qualifié Nick Suzuki de petit magicien. Grand prestidigitateur serait désormais plus approprié.

De l’intelligence de la recrue, de sa capacité d’adaptation dépend, en partie, la suite de la saison du Canadien, vainqueur surprise du premier duel de sa série de qualification qui l’oppose aux Penguins.

Pourquoi? Simplement parce que, comme l’a honnêtement admis Claude Julien samedi midi, le CH  n’a pas le choix  de s’en remettre à lui. À lui et à d’autres jeunes de l’organisation comme Jesperi Kotkaniemi, lui aussi louangé par son patron. Ainsi est bâti ce club qui comptait, pour amorcer les séries, sur trois joueurs qui ont passé une bonne partie de la saison dans la Ligue américaine. Le Tricolore manque de profondeur, on n’apprend rien à personne.

En tant que deuxième et troisième centres de l’équipe, Suzuki et Kotkaniemi, à 20 ans, occupent des postes névralgiques qui les forcent à affronter la crème de la crème dans leur domaine de temps à autre, que ce soit Sidney Crosby ou Evgeni Malkin.

Le début de match de Suzuki était d’ailleurs une pure catastrophe. Opposé à Malkin, le jeune pivot voyait double et peinait à suivre le rythme imposé par la vedette. Le Russe a obtenu trois chances de marquer à ses deux premières présences sur la glace, les Penguins se taillaient la part du lion et ne laissaient que des miettes au Canadien, médusé.

Après sept minutes de jeu, Pittsburgh avait tiré 10 fois sur Carey Price, par ailleurs extrêmement solide dans cette rencontre, et l'équipe revendiquait un lancer. Suzuki avait l’air prêt à se faire dévorer tout cru dans cette confrontation désavantageuse.

Comme trio, nous avons connu un mauvais départ. Les entraîneurs nous parlaient. Ils nous disaient de rester prêts. On devait continuer à travailler, a raconté Suzuki.

Puis, Julien a réussi à soustraire sa recrue des griffes de Malkin, l’entraîneur-chef des Pens, Mike Sullivan, n’a pas réagi à la stratégie et tout s’est mis en place pour le numéro 14 du Bleu-blanc-rouge.

Après un très court calvaire, Suzuki a donné l’impression d’avoir assimilé les leçons et a offert une des prestations les plus convaincantes de sa jeune carrière.

De grandes responsabilités

Évidemment, ce but magnifique dans une descente à deux contre un après avoir soutiré le disque à Brian Dumoulin en zone défensive a fait écarquiller les yeux, mais c’est plutôt la qualité de son jeu défensif qui a retenu l’attention.

Julien en a fait son attaquant le plus utilisé (23 min 10 s, dont 5:58 en désavantage numérique), surtout en raison des trois punitions mineures de Phillip Danault. Néanmoins, Suzuki a forcé la main de son entraîneur. Il a également écoulé la totalité des 92 secondes à 5 contre 3 en compagnie de Shea Weber et de Jeff Petry.

C’est un joueur extrêmement intelligent sur la patinoire. Il savait comment Pittsburgh était pour jouer à cinq contre trois. Il comprend les choses très rapidement.

Claude Julien à propos de Nick Suzuki

J’étais confiant, s’est contenté de répondre Suzuki. J’avais deux bons défenseurs avec moi. Nous avions beaucoup parlé de l’avantage numérique des Penguins. J’étais heureux d’avoir la confiance de mes entraîneurs.

Il comprend rapidement. Voilà les mots clés. À son deuxième match dans la Ligue nationale, à Toronto justement, en octobre 2019, Suzuki s’était bêtement fait soutirer la rondelle derrière son filet ce qui avait mené à un but des Maple Leafs. Une erreur de débutant, simplement. Jamais ne l’a-t-on vu à nouveau aussi insouciant profondément dans son territoire. Enseignement dûment noté.

Cette courte série contre les Penguins de Pittsburgh permet au Canadien d’en apprendre un peu plus sur les petits joyaux qu’ils ont entre les mains.

Bien des observateurs chantent les louanges du groupe d’espoirs du Tricolore censés promettre un avenir meilleur à cette organisation souffrante. Des odes ont déjà été composées sur leurs exploits futurs.

Le fait est qu’il faut l’épreuve du feu pour connaître la valeur du guerrier (ça sonne peut-être comme une expression consacrée, mais soyez assurés que nous l’avons nous-mêmes créée).

Deux joueurs de hockey

Brendan Gallagher saute dans les bras de Jeff Petry, qui vient de donner la victoire au Canadien en prolongation.

Photo : Getty Images / Andre Ringuette/Freestyle Photo

Au-delà des chances de repêcher Alexis Lafrenière si jamais les Penguins éliminent le Tricolore, des bénéfices à long terme qu’un haut choix au repêchage pourrait lui rapporter au lieu de remporter une série qualificative et de s’incliner bêtement au tour suivant, au-delà de tout ça, ce test majuscule face à deux des plus grandes vedettes des 14 dernières années dans la LNH permettra au Canadien de comprendre de quel bois certains de ses jeunes sont faits.

Suzuki? En chêne, dirait-on.

En rafale

Julien et ses adjoints sont parvenus à calmer le jeu après une première période plus chaotique où le CH a été dominé 18-6 aux tirs au but.

Il y a eu beaucoup d’ajustements ce soir, mais la concentration était là du début à la fin. On était prêts à faire ce qu'il faut pour gagner. En prolongation, j’ai dit aux joueurs que si on jouait en ayant peur de perdre, on va perdre, mais si on est déterminés à gagner, on va gagner, a laissé tomber le pilote.

Carey Price a repoussé 39 lancers et s’est montré extrêmement rassurant, particulièrement dans une période trouble au début du match, ce qui a permis de calmer tout le monde, comme l’a expliqué Jeff Petry.

Il n’y a plus de séries au meilleur des cinq matchs dans la LNH depuis 1986, mais, pour ce que ça vaut, dans l’histoire, l’équipe qui a remporté le premier match d’une série aussi courte a triomphé dans 82 % des cas (68 en 83). Les Penguins ont soudainement beaucoup de pression.

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