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chronique

Pékin 2008 : le jeune Usain, le vieux Ian et l’énigmatique Éric

Usain Bolt remporte en 9,69 s la finale du 100 m aux Jeux olympiques de Pékin, en 2008.

Usain Bolt remporte en 9,69 s la finale du 100 m aux Jeux olympiques de Pékin, en 2008.

Photo : Getty Images / Pedro Ugarte/AFP

L’émission Souvenirs olympiques sera consacrée, samedi, à l’incomparable Michael Phelps et, plus particulièrement, à ses performances aux Jeux de Pékin. Phelps y a remporté huit médailles d’or, un exploit sans précédent.

Et il a jeté de l’ombre sur d’autres exploits qui m’ont impressionné tout autant. Parce qu’en matière de médailles, tout n’est pas dans le nombre.

Le jeune Usain

Usain Bolt avait 21 ans quand il s’est amené à Pékin en 2008.

Spécialiste du 200 m, il avait enlevé le titre des Championnats du monde jeunesse sur la distance, cinq ans plus tôt, à Sherbrooke. Eh oui! Dans notre cour. Je me souviens encore de ce grand adolescent de 16 ans, mince comme un fil, qui avait fini 10 mètres devant tout le monde.

Bolt voulait aussi courir le 100 m. Il a longtemps insisté auprès de l’entraîneur Jamaïcain Glen Mills. Ce dernier l’utilisait pour les relais, mais la Jamaïque était si puissante dans la spécialité qu’il hésitait à sortir le jeune de sa zone de confort.

Tenace

Comme Bolt ne le lâchait pas, Mills a enfin cédé en 2007, un an avant Pékin. Les têtes d’affiche jamaïcaines avaient levé le nez sur l’obscure rencontre internationale de Vardinoyiannia en Crête. Bolt en a profité. Il a gagné la course en 10,03 s. C’était parti.

Un an plus tard, l’Éclair signait ses premiers exploits olympiques : l’or au 100 m en 9,69 s et l’or au 200 m en 19,30 s. Deux records du monde, deux temps d’extraterrestre… qu’il allait pourtant améliorer encore.

L'équipe nationale de la Jamaïque qui a remporté le relais 4 x 100 m, à Pékin en 2008, avec notamment Usain Bolt et Nesta Carter.

L'équipe nationale de la Jamaïque qui a remporté le relais 4 x 100 m, à Pékin en 2008, avec notamment Usain Bolt et Nesta Carter.

Photo : Getty Images / Julian Finney

Sans la disqualification, neuf ans plus tard pour dopage, de son compatriote Nesta Carter, le jeunot qui parlait aux nuages et prenait des photos avec les préposés à la piste aurait conservé son triplé avec l’or gagné aussi au relais.

Comme on ne court pas le papillon ni les quatre nages, il a dû se contenter de deux médailles, dans l’ombre de Phelps.

Méchant Éric

J’aime les  bad boys , ces négligés pleins de talent qui doivent non seulement se battre avec leurs rivaux, mais aussi avec la vie et, souvent, avec eux-mêmes. Ils ne gagnent pas toujours. Pas souvent, en fait. Mais quand ils le font, quelle histoire!

Éric Lamaze était le mauvais garçon du sport équestre canadien au tournant du siècle.

Il avait obtenu sa qualification pour les Jeux d’Atlanta en 1996, mais avait ensuite écopé d’une suspension de quatre ans pour un test positif à la cocaïne. Cette suspension a ensuite été réduite à sept mois par décision arbitrale. Mais les Jeux d’Atlanta étaient déjà passés.

Lamaze s’est remis en selle et a de nouveau rejoint l’équipe canadienne avant les Jeux de Sydney en 2000. Cette fois, c’est une infraction pour usage de stimulant qui l’a exclu de l’équipe. Il a eu gain de cause en appel, mais le Comité olympique canadien a refusé de réintégrer le garnement.

Des cavaliers sont debout sur le podium et sourient.

Mac Cone, Ian Millar, Éric Lamaze et Jill Henselwood avec leur médaille d'argent du concours de saut d'obstacles par équipe aux Jeux olympiques de Pékin.

Photo : La Presse canadienne / Susan Walsh

2008

Lamaze a repoussé ses démons et déjoué les probabilités. Avec Hickstead, il est devenu en 2007 le premier Canadien de l’histoire à se hisser parmi les 10 meilleurs au classement mondial.

L’année suivante, aux Jeux de Pékin, il a mené les cavaliers canadiens à la médaille d’argent au concours de saut d’obstacles par équipe. C'était la seule médaille de l’incroyable carrière de Ian Millar. La seule en 10 participations aux Jeux. C’est quand même ironique que le noble Ian, vénéré dans l’univers équestre canadien, doive son unique médaille olympique au vilain Éric qu'il a pourfendu lors de l'épisode de Sydney.

L’or ensuite

Lamaze n’a pas fait dans les demi-mesures à Pékin. Trois jours plus tard, il a enlevé la médaille d’or au concours individuel.

Il est en selle sur le cheval qui saute un obstacle.

Éric Lamaze et Hickstead aux Jeux de Pékin

Photo : Getty Images / Julian Herbert

Depuis, il a aussi remporté le bronze à Rio. Il a perdu Hickstead dans des circonstances tragiques en 2011. Et depuis 2018, il combat un cancer au cerveau.

Ce n’est pas un film qu’il faudrait lui consacrer, c’est une télésérie.

Karine et Christine

Il vous reste un peu de souffle?

Je vous amène rapidement au taekwondo et à l’haltérophilie. Deux sauts de puce, d’abord pour rappeler la médaille d’argent de Karine Sergerie.

Malgré un podium aux Championnats du monde, elle a été empêchée par la Fédération canadienne de taekwondo de prendre part aux Jeux de 2004. Elle a repris son souffle et s’est réengagée pour quatre ans. Et elle a gagné l’argent chez les 67 kg en 2008 . Une finale perdue par un point (2-1) contre la double championne du monde sud-coréenne Hwang Kyung-seon.

Encore aujourd’hui, chapeau Karine!

Elle soulève une barre d'haltérophilie.

Christine Girard aux Jeux olympiques de Pékin

Photo : Getty Images / Ezra Shaw

Et parlant de résilience, chapeau aussi à Christine Girard qui a dû attendre 10 ans pour recevoir la médaille de bronze que lui avait valu sa performance chez les 63 kg en haltérophilie.

Elle avait fini 4e à Pékin. Il y avait une tricheuse devant elle.

Elle a poursuivi sa carrière courageusement pour remporter l’or à Londres, encore une fois avec deux tricheuses devant elle. Christine l’a fait dans des conditions difficiles parce que les commanditaires aiment les médaillées, mais ne se précipitent pas sur les quatrièmes. La Kazakhe Irina Nekrassova a usurpé sa médaille de bronze pendant 10 ans. Et pire encore, elle lui a volé le soutien dont elle aurait eu besoin.

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