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L’Impact en quarantaine, une catastrophe appréhendée pour Olivier Renard

Il répond à une question.

Olivier Renard

Photo : Getty Images / AFP/SEBASTIEN ST-JEAN

Olivier Paradis-Lemieux

L’Impact de Montréal est revenu au Canada cette semaine après s’être extirpé de la bulle d’Orlando, où l’équipe s’est inclinée samedi soir en huitièmes de finale. En quarantaine depuis, ils risquent de perdre leur forme physique, explique le directeur sportif de l’équipe, Olivier Renard, qui dresse en entrevue le bilan du tournoi de relance de la MLS.

On espère (que ce ne soit pas une quarantaine de 14 jours) et on le voudrait. C'est sûr et certain que pour les joueurs, ce serait catastrophique et pour le personnel aussi d'être de nouveau à l'arrêt pendant 14 jours dans leur appartement ou leur maison. Ça voudrait dire qu'il faudrait recommencer pour une troisième fois cette saison une préparation physique. Et faire le yo-yo comme ça, ce n’est jamais bon pour les blessures et le mental, raconte le technicien belge en entrevue à Radio-Canada Sports.

Olivier Renard assure que l’équipe et la ligue sont en discussion avec les autorités fédérales et provinciales afin, d’une part, de permettre aux joueurs, testés quotidiennement en Floride pour la COVID-19, de s’entraîner à nouveau, mais d’autre part, de planifier la suite de la saison.

Même si le tournoi de relance de la MLS est passablement avancé, la ligue est avare de commentaires officiels sur son plan. Mais The Athletic rapportait la semaine dernière que le circuit Garber reprendrait le 22 août, scindé en deux dans une première phase par la frontière canado-américaine. L’Impact jouerait trois matchs contre les Whitecaps de Vancouver et trois autres contre le Toronto FC jusqu’à la mi-septembre. Ensuite, les équipes canadiennes pourraient être obligées d’imiter les Blue Jays de Toronto, qui ont élu domicile au sud de la frontière, pour éviter les allées et venues interdites par le gouvernement fédéral.

C'est vrai que c'est un des plans qui est proposé et qui est une grosse possibilité, dit Olivier Renard. Maintenant, il n'y a pas encore de décision, ça va dépendre surtout de l'approbation du fédéral et de la santé publique provinciale, avec la MLS, afin de voir vraiment ce qu'on va pouvoir faire.

Maintenant, est-ce que c'est idéal? Non, mais il n'y a rien d'idéal. Même le tournoi d'Orlando n'était pas idéal. Il va falloir accepter des situations que personne n'aurait pu imaginer il y a quelques mois ou quelques semaines. L'important est de continuer à jouer au football.

Olivier Renard, directeur sportif de l'Impact de Montréal
Il parle à ses joueurs lors d'une pause en raison de la chaleur pendant le match entre l'Impact et le Toronto FC.

Thierry Henry (au centre)

Photo : Getty Images / Michael Reaves

Selon ce plan, les joueurs seraient donc amenés à voyager fréquemment à l’intérieur des États-Unis plus tard cet automne, même si la MLS a réussi à prouver qu'il y a moyen que cette bulle soit solide. La relance du baseball majeur, qui joue dans les marchés respectifs des équipes, est déjà menacée par des éclosions de cas de COVID-19 parmi les Marlins de Miami et les Phillies de Philadelphie.

Le directeur sportif de l’Impact ne cache pas ses inquiétudes ni celles de ses joueurs, mais insiste sur l’importance pour les sportifs de haut niveau de se responsabiliser.

Je suis ce qu'il se passe dans les autres sports présentement. Pour les joueurs de la MLS, il y avait une crainte énorme de voyager vers la Floride, de beaucoup de clubs, de beaucoup de dirigeants, rappelle-t-il. C'est pour ça que la décision va surtout revenir avec les approbations du gouvernement. Le gouvernement fédéral et la santé publique provinciale, c'est eux qui calculeront le risque de tout ça.

Même avant notre départ pour Orlando, on a toujours respecté les protocoles qui ont été mis en place, continue-t-il. Je crois que les joueurs doivent se rendre compte que même quand ils sont sur leur territoire, ils savent les choses qu'ils peuvent faire ou ne pas faire. Et l'important, c'est de suivre ce que la santé publique dit qu'on doit faire, tout le monde. Si tu n'es pas une personne responsable et que tu te mets à faire des choses que tu ne dois pas faire, tu vas mettre, toi, ton job de joueur de football à risque.

Patience et lucidité

Qualifié par la petite porte pour les huitièmes de finale, éliminé par Orlando après un match sans inspiration, le Bleu-blanc-noir n’a pas impressionné par son jeu. L'entraîneur-chef Thierry Henry n'a pas souhaité dresser un bilan formel depuis.

Ce n'était pas évident, il faut aussi être objectif et patient dans les analyses critiques par rapport à mon effectif souligne Olivier Renard, qui dit ne pas être surpris négativement ou positivement du rendement de sa formation. Au rang des points positifs, il parle d’abord des jeunes qu’il a greffés à l’équipe depuis son arrivée en septembre dernier : le défenseur central anglais Luis Binks et le milieu argentin Emanuel Maciel.

C’est surtout les joueurs qui devraient avoir une grosse responsabilité de personnalité sur le terrain qui peut-être n'ont pas toujours été au rendez-vous, et c'est quelque chose qu'il faut changer à l'avenir. Les joueurs importants de personnalité doivent tirer le groupe et ce ne sont pas forcément les jeunes qui doivent le tirer, comme ça s'est un peu passé par moment durant ce tournoi, affirme-t-il.

Après près d’un an à la barre du onze montréalais, l’ex-gardien de but belge de 41 ans prêche la patience autant pour ses joueurs que pour le remodelage de l’effectif qu’il a hérité.

Je sais que nous venons d'Orlando ou de Disney, mais, moi, je ne suis pas Harry Potter ou Merlin l'Enchanteur qui peut changer le club en trois mois. Parce que c'est vrai que ça fait presque un an que je suis ici, mais en temps effectif, de temps de jeu, avec la COVID, on a joué entre 5 et 10 matchs maximum. C'est beaucoup trop tôt pour prendre des décisions.

Olivier Renard, directeur sportif de l'Impact de Montréal

Même s’il concède que l’équipe a peut-être eu des difficultés au niveau de l'animation offensive, Olivier Renard regarde le classement et y voit le signe que son équipe est loin d’être dans une aussi mauvaise position que certains le prétendent.

Notre saison, entre guillemets, elle est courte, mais, actuellement, on est 5e de l’Association (de l'Est). On a marqué huit buts en cinq matchs. On est la troisième équipe marquante de notre association [Columbus et Toronto ont 9 buts, NDLR]. Je sais qu'il y a beaucoup de critiques et de nuages gris qui se baladent au-dessus de l'Impact de Montréal. Si on regarde les chiffres, et les chiffres ne trompent pas, actuellement, il y a des équipes qui sont pires que nous, dit-il.

Il s'avance dans la surface de réparation, ballon au pied.

Romell Quioto a été l'un des rares points positifs en attaque pour l'Impact lors du tournoi à Orlando.

Photo : Matthew Stith/Jared Martinez/Major League Soccer

Mais j'ai regardé ce qu'il y a dans notre plat et, moi aussi, j'ai été parfois déçu de l'apport de certains joueurs offensifs, mais ce sera à moi et au personnel d’entraîneurs de faire progresser le club, et que ce soit avec des joueurs qui sont sous contrat actuellement, ou avec de nouveaux joueurs qui arriveront dans le futur. C'est mon travail et c'est pour ça aussi que l'Impact m'a demandé de venir travailler ici, et que j'ai voulu prendre Thierry Henry pour faire progresser le club, assure-t-il.

Pendant que l’équipe était à Orlando, Olivier Renard a acquis un latéral ougandais de 20 ans, Mustafa Kizza. Un joueur au fort potentiel, qui souhaite utiliser l’Impact comme un tremplin vers l’Europe. Toutefois, la COVID-19 freine son arrivée à Montréal et peut-être celle de toute acquisition internationale alors que le marché d’été s’ouvre en MLS.

Avec la COVID, on ne peut pas faire tout ce qu'on veut quand on veut. Par rapport à Kizza, c'est un choix de ma part de le laisser en prêt dans son club, mais tant que le mercato est ouvert en MLS, on peut aller le chercher quand on veut. C'est quelque chose que j'ai mis dans le contrat avec son club ougandais, précise-t-il.

Pour qu’il puisse revêtir l’uniforme bleu, blanc et noir, il faudrait d’abord acheter une place internationale à une autre équipe de la MLS, au prix du marché. Mais Olivier Renard a les mains liées par la pandémie mondiale.

Mais même si je prenais cette place internationale, poursuit-il, on ne sait pas quand le joueur pourrait mettre le pied sur le territoire canadien parce qu'actuellement, il ne peut pas recevoir son permis de travail. Donc, on risque de dépenser de l'argent pour cette place internationale, alors que le joueur ne peut pas arriver sur le territoire canadien.

L’été est souvent synonyme de départs et d’arrivées dans le soccer mondial, mais privé des joueurs qu’il pourrait accueillir par transfert, l’Impact devra trouver les solutions au sein de son effectif actuel, pour autant qu’il puisse s’entraîner.

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