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chronique

Les Raptors de nouveau champions de la NBA? Pourquoi pas!

Kyle Lowry au milieu d'une foule dense

Le meneur de jeu des Raptors lors du défilé des champions de la NBA, à Toronto, en juin 2019.

Photo : The Canadian Press / Frank Gunn

Olivier Paradis-Lemieux

Après le départ soudain de Kawhi Leonard, les aspirations des Raptors de Toronto de gagner un deuxième titre de suite semblaient vaines. Plus d’un an plus tard, alors que la saison a repris enfin jeudi soir en Floride, les deux équipes de Los Angeles et les Bucks de Milwaukee forment un trio de favoris. Mais juste derrière, les champions se positionnent en embuscade.

La NBA est une ligue prévisible.

Contrairement à la LNH, où une puissance historique comme le Lightning de Tampa Bay peut se faire sortir en quatre matchs par les Blue Jackets de Columbus, à la fin d’une saison de la NBA, la meilleure équipe gagne généralement, ou sinon, elle émerge d’un groupe restreint d’équipes aspirantes.

Dans toute l’histoire de la NBA, 49 des 68 champions étaient 1ers de leur association, 10 étaient 2es, 7 étaient 3es. Les deux champions émergeant des positions de 4 à 8 ont été les Celtics de 1969 (4es) et les Rockets de 1995 (6es), qui défendaient tous deux leur titre.

Les Raptors de Toronto sont 2es dans l’Est au moment d’écrire ses lignes. Il serait réducteur de définir leurs chances d’enlever un deuxième trophée Larry-O’Brien à ce seul classement, mais il n’en demeure pas moins un signe que l’après-Kawhi a été maîtrisé.

La défense, toujours la défense

Pierre d’assise de son championnat l’an dernier, la défense des Raptors devra de nouveau être impériale pour que la belle histoire torontoise se répète.

Statistiquement, elle est même meilleure de deux points qu’il y a un an (104,9 pts/100 possessions contre 106,8 l’an dernier), alors qu’elle s’est hissée au 2e échelon de la ligue, derrière celle des Bucks de Milwaukee (101,6).

Comment peut-on retirer un des meilleurs joueurs défensifs de la NBA en Kawhi Leonard (sans compter le départ de Danny Green) et s’améliorer sur ce plan?

Nick Nurse des Raptors

Nick Nurse est entraîneur-chef des Raptors depuis 2018-2019.

Photo : Radio-Canada / Michael Charles Cole

Avec un entraîneur Nick Nurse qui est en train de s’établir comme le meilleur de sa profession, qui jette à ses adversaires des schémas défensifs aussi variés qu’inusités, transformant chaque possession en un casse-tête à résoudre sous pression en moins de 24 secondes.

Avec une force inamovible dans la clé et un des défenseurs les plus sagaces de l’histoire de la ligue en Marc Gasol.

Avec le successeur désigné de Leonard au titre de meilleur défenseur à un contre un de la NBA en OG Anunoby.

Avec un duo de meneurs de jeu qui, s’ils n’ont pas d’emblée le physique de l’emploi mesurant officiellement 1,83 m (6 pi), compensent avec un positionnement et une ténacité sans égal, en Kyle Lowry et Fred VanVleet.

Avec un des 10 meilleurs joueurs de la NBA cette saison, qui a légèrement régressé sur le plan défensif pour en prendre largement plus à l'attaque, en Pascal Siakam.

Avec une profondeur à presque toutes les positions, avec les Serge Ibaka, Norman Powell, Chris Boucher et même Patrick McCaw, qui permet à Nick Nurse de s’adapter continuellement à l’adversaire.

L’entraîneur des Raptors a dû négocier jusqu’à maintenant une saison compliquée à l’infirmerie, ses cadres ayant manqué leur part de matchs : Lowry (12), Gasol (28), Siakam (11), Ibaka (14), Powell (20), VanVleet (16). Seul Anunoby a une saison quasi complète avec un seul match raté.

Ne soyez pas surpris d’ailleurs quand Nurse gagnera le titre d’entraîneur de l’année, dans quelques semaines, à seulement sa deuxième saison comme entraîneur-chef.

Les Raptors seront à plein régime pour une des rares fois de la saison, mais ils devront le demeurer parce qu’à partir du deuxième tour, une blessure à un des joueurs-clés de la formation pourrait mettre rapidement fin à leurs aspirations.

Vers un deuxième titre, un tour à la fois

Un autobus devant un hôtel

Les Raptors de Toronto ont peint leurs autobus qui les transportent à Orlando en noir avec le slogan Black Lives Matter.

Photo : Reuters / Handout .

Avec 65 matchs joués au moment où Rudy Gobert a été déclaré positif au coronavirus en mars, premier domino de l’arrêt du sport professionnel en Amérique du Nord, la NBA a adopté une autre approche que la LNH (70 matchs joués) pour la poursuite de sa saison.

Plutôt que de se lancer directement dans les éliminatoires, huit matchs de classement seront joués. Ils auront une influence négligeable sur les équipes prenant part aux séries, mais importante sur les affrontements de premier tour, surtout dans l'Ouest.

Les Raptors (46-18) profiteront de ces deux semaines de répétition pour retrouver leurs marques et éviter une vilaine surprise d’entrée. Rejoindre les Bucks (53-12) relèverait du miracle – Milwaukee devrait perdre tous ses matchs et Toronto gagner tous les siens –, tandis que les Celtics de Boston (43-21) ont trois matchs de retard sur les Raptors. Si Toronto se contente de jouer pour ,500 dans ses huit matchs, les Celtics devront être parfaits pour les dépasser. Improbable.

La NBA est une ligue prévisible, disions-nous, alors évaluons les chances des Raptors face à leur adversaire le plus probable à chaque tour.

Ils affronteront au premier tour éliminatoire la meilleure équipe entre le Magic d’Orlando, leur adversaire de l’an dernier au même point, les Nets de Brooklyn, décimés, ou les Wizards de Washington, sur le respirateur artificiel. Trois équipes qui jouaient largement pour moins de ,500 au moment de la suspension de la saison.

Les Raptors ont une fiche jusqu’à maintenant de 35-4 contre des équipes avec une fiche perdante. On peut raisonnablement s’attendre à ce qu’ils soient au deuxième tour, où les choses se corseront finalement, dans un mois, le 31 août.

Chance de gagner au premier tour : 97 % (32 fois sur 33)

Il surveille un adversaire qui a le ballon.

Jaylen Brown des Celtics (à droite) défend Pascal Siakam des Raptors.

Photo : Associated Press / Michael Dwyer

Avec le 2e rang (ou au pire, le 3e) dans l'Est, Toronto évitera Milwaukee, qui devrait sortir vainqueur d’un duel contre le gagnant de la série 4 contre 5 (Heat c. 76ers, selon nos projections).

Au deuxième tour, les Raptors se mesureront assurément aux Celtics de Boston, qui n’auront aucun mal à se débarrasser des Pacers de l’Indiana, privés de Domantas Sabonis, blessé à un pied.

Les deux équipes du nord-est de l’Amérique ne se sont jamais affrontées en éliminatoires, en 19 séries pour la formation torontoise… et 25 ans d’existence! Un duel attendu entre les deux rivaux de division, qui sera fort périlleux pour les hommes de Nick Nurse.

Les Celtics comptent sur un trio d’ailiers partants étoiles, presque interchangeables, en Gordon Hayward, finalement remis de sa terrible fracture à la jambe, l’aussi politisé que talentueux Jaylen Brown et Jayson Tatum. Ce dernier avait connu un mois de février titanesque, maintenant une moyenne au-dessus de 30 points et, combiné avec ses qualités défensives, s’était hissé parmi les 10, voire les 5, meilleurs joueurs de la ligue.

Si le confinement n’a pas interrompu son ascension, Tatum sera le meilleur joueur sur le parquet lors de la série contre les Raptors. Et bien souvent au basketball dans les séries, l’équipe qui l’emporte est celle dont la première option est la plus performante.

La formation idéale des Celtics, complétée par Marcus Smart et Kemba Walker, a toutefois un déficit de taille importante avec celle des Raptors, que Marc Gasol ou Serge Ibaka soit sur le terrain, et n’a pas encore prouvé sa valeur à ce niveau de compétition.

Enfin, avec Brad Stevens à la tête de l’équipe, Nick Nurse aura face à lui l’un des rares pilotes de la NBA aussi créatifs que lui. Le duel stratégique sera fascinant à suivre.

Chance de gagner au deuxième tour : 50 % (1 fois sur 2)

Giannis Antetokounmpo a une envergure de 2,21 mètres.

Giannis Antetokounmpo a une envergure de 2,21 mètres.

Photo : Reuters / USA Today Sports

Les Bucks de Milwaukee de 2019-2020 sont une équipe historiquement dominante, l’emportant par 11,29 points/match. Seuls les Bulls de 1995-1996 et les Warriors de 2016-2017 ont terminé la saison avec une marge moyenne de victoire plus importante. Ils ont d’ailleurs été champions cette année-là.

Milwaukee écrase ses adversaires match après match, au point où Giannis Antetokounmpo pourrait devenir le joueur le plus utile à son équipe ayant joué le moins de minutes par match, puisque les Bucks ont très souvent réglé le cas de leur adversaire avant le quatrième quart. Néanmoins, il frôle les 30 points par match… (29,6) en 30,9 minutes d’action.

De plus, il pourrait devenir le troisième joueur de l’histoire (après Michael Jordan et Hakeem Olajuwon) à remporter le titre de joueur défensif de l’année la même année qu’il est sacré le plus utile. Des deux côtés du terrain, le Greek Freak n’a pas de comparable dans le circuit Silver : athlétique, puissant et avec des bras qui s’étirent de manière presque inhumaine.

Autour du formidable ailier grec, ses coéquipiers ont également pris du galon depuis l’an dernier. Khris Middleton n’a pas démérité sa place parmi les étoiles de la NBA, Brook Lopez demeure une présence défensive presque aussi imposante que Gasol dans la clé et Donte Di Vincenzo a (presque) fait oublier le départ de Malcolm Brogdon.

L’an dernier, au même point des séries, les Bucks ont pris une avance de 2-0 et n’ont perdu le troisième match qu’en prolongation avant que les Raptors prennent durablement l’ascendant et bouclent la finale d’association en six matchs.

Nick Nurse a su trouver la recette contre Giannis Antetoukoumnpo, doublant et triplant les défenseurs sur le Grec, avec Kawhi Leonard comme premier rempart. Ni Giannis ni Mike Budenholzer n’ont su trouver les ajustements et les Bucks ont été neutralisés.

Nurse est un magicien et OG Anunoby peut se glisser dans le rôle de Kawhi Leonard, mais il faudra aussi marquer des points contre les Bucks, et c’est là que l’absence de l’ailier, retourné chez lui en Californie créer une nouvelle puissance de la NBA, risque de faire le plus mal.

Chance de gagner au troisième tour : 25 % (1 fois sur 4)

Deux joueurs de basketball côte à côte

Kawhi Leonard, des Clippers, et LeBron James, des Lakers. Les deux équipes de Los Angeles sont favorites pour s'affronter en finale de l'Ouest.

Photo : Getty Images / Harry How

Les Raptors ont fait fi des pourcentages et sont maintenant en grande finale!

Dans l’Ouest, le Thunder (des Canadiens Shai Gilgeous-Alexander et Luguentz Dort) et les Rockets de Houston ont mordu la poussière, au deuxième tour, contre les Lakers et les Clippers, qui se sont livré une finale de tous les instants, loin du Staples Center, mais tout aussi suivi, allant en sept matchs pour… la nouvelle équipe de Kawhi Leonard, habilement constituée avec des doublures à chaque position.

Si nous en venons à ce point, une analyse plus en profondeur de ce duel sera effectuée, mais pour l’heure, disons que les Raptors seront à peine moins négligés face aux Clippers que face aux Bucks.

Chance de gagner la finale : 33 % (1 fois sur 3)

(Un peu de mathématiques plus tard...)

Chance de gagner le championnat : 4 %

Ou 1 fois sur 25. Pour les 25 ans de l’équipe, pourquoi pas?

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