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Eleider Alvarez préparé dans les limites de la santé publique

Eleider Alvarez et Marc Ramsay

Eleider Alvarez et Marc Ramsay (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Chabot

Jean-François Chabot

Le camp d’entraînement d’Eleider Alvarez pour son combat éliminatoire du 22 août, à Las Vegas, se déroule rondement dans le respect des limites imposées par la santé publique.

Alvarez (25-1, 13 K.-O,) affûte ses armes dans le gymnase privé de son entraîneur Marc Ramsay à Montréal. Dans trois semaines, le boxeur de 36 ans, d’origine colombienne, se retrouvera au cœur de la même bulle où Kim Clavel a excellé le 21 juillet dernier.

C’est justement ce soir-là qu’Alvarez devait initialement affronter l’Américain Joe Smith fils (25-3, 20 K.-O.), avant qu’une blessure à une épaule le contraigne à demander le report du duel qui tiendra lieu de demi-finale pour le titre vacant des mi-lourds de la WBO.

Joint par Radio-Canada Sports, Marc Ramsay a indiqué que l’agenda était rigoureusement respecté.

On est un peu au peak du camp d’entraînement. On va même rapidement tomber dans une phase de récupération qui va nous mener de 10 à 12 jours avant le combat.

Interrogé à savoir si Alvarez avait eu l’occasion de faire des simulations de combat (sparring) durant sa préparation, Ramsay a répondu que cela n’avait pas été le cas.

Non, aucun sparring. On ne peut pas commencer à jouer avec ça… Eleider est rendu à 36 ans. C’est un peu comme faire du vélo. Je veux bien croire, mais on en a besoin à quel point, là? Pour un vétéran comme ça, je te dirais que c’est le contraire. Passé la trentaine, j’ai beaucoup tendance à ne pas donner de sparring. C’est très, très, très usant. C’est bien sûr qu’on a des exercices et de petites choses qu’on veut faire d’une autre manière en ce moment. Mais vraiment, la concentration pour ce camp d’entraînement est au niveau de la condition physique.

Marc Ramsay, entraîneur de boxe

On peut comprendre que la dernière chose que souhaite Ramsay est d’aller à l’encontre des mesures imposées et de se mettre la santé publique à dos. Celle-ci maintient l’interdiction de confrontations directes, même à l’entraînement.

Pour l’instant, les séances de coups dans les mitaines sont autorisées à la condition que l’entraîneur porte un masque et une visière.

Faire autrement

Il va sans dire que Ramsay et Alvarez doivent faire preuve d’imagination et de créativité afin de se préparer adéquatement pour un combat aussi important.

Ramsay a donc puisé dans son vaste bagage d’expériences et de connaissances pour créer un plan efficace.

On a identifié des coups de poing à exploiter de notre part ou encore des coups de poing qu’on veut éviter, selon les forces et les faiblesses de l’adversaire. Bien sûr, avec un autre partenaire d’entraînement, où l'on garde quand même une distance entre les deux, où il n’y a pas de contacts réels – ce qu’on appelle l’école de boxe… c’est un exercice cubain –, où les deux boxeurs font du shadow boxing (boxe miroir) ensemble. On fait des répétitions, selon les techniques proposées par le partenaire d’entraînement, a-t-il expliqué sans dévoiler le cœur de la stratégie en vue du combat.

Est-ce qu’Alvarez se trouvera désavantagé en se présentant à Las Vegas sans avoir pu tenir de séances simulées de boxe, chose à laquelle Smith aura pu s’adonner librement?

Non, pas du tout. Comme je l’ai mentionné, il est rendu à 36 ans. À la limite, si j’avais été en mesure de faire un camp d’entraînement ouvert comme on le fait habituellement, je lui en aurais peut-être fait faire (du sparring) une fois par semaine. Ce n’est même pas pour une question de condition physique, c’est question de le mettre un peu dans l’environnement.

Marc Ramsay, entraîneur de boxe

Mais encore là, je fais très attention avec les vétérans là-dessus. C’est très usant. Et souvent, on voit des boxeurs qui laissent le combat dans le camp d’entraînement tellement on est à la guerre tous les jours. Alors, on s’assure d’avoir un gars en bonne condition physique, bien reposé, qui n’est pas usé pour le combat. Eleider, des combats de boxe, il en a mené toute sa vie. C’est un vétéran, a-t-il ajouté.

Une autre partie du plan initial qui visait de tenir une portion importante du camp en Californie a été abandonnée.

C’est une logistique qui est très compliquée parce que, bien sûr, on n’était pas en mesure de revenir ici. Il fallait se remettre en quarantaine si on revenait à Montréal avant. Rester là-bas jusqu’au combat, ça engage des frais qui étaient très dispendieux pour un combat où la bourse n’est pas de ce niveau-là. On a donc décidé de faire le camp d’entraînement au grand complet à Montréal.

L'affiche du combat entre Eleider Alvarez et Joe Smith fils

L'affiche du combat entre Eleider Alvarez et Joe Smith fils

Photo : Courtoisie Top Rank

L’effet de la bulle

Comme mentionné plus haut, c’est dans l’environnement créé par le promoteur Top Rank, au 12e étage de l’hôtel MGM Grand, à Las Vegas, qu’Alvarez se battra. Ramsay ne s’en fait pas le moins du monde à propos des effets que pourrait avoir l’important train de mesures mis en place pour éviter la propagation de la COVID-19.

Au point où Ramsay n’a pas senti le besoin de discuter de la chose avec le clan de Kim Clavel qui y a séjourné il y a deux semaines.

Que ce soit Kim Clavel ou les autres boxeurs qu’il y avait avant là-bas, je suis ce qui se fait chez Top Rank depuis le début. J’ai des amis très proches qui sont chez Top Rank, et j’ai l’information directement d’eux. On est des professionnels. Que ce soit moi ou Eleider, on fait ça pour gagner notre vie. Peu importe le protocole qu’on a à suivre, on va le faire. Ce n’est ni un avantage ni une excuse pour la suite des choses. C’est à faire et c’est tout.

Marc Ramsay, entraîneur de boxe

Comme cela été le cas pour Clavel et ses entraîneurs Danielle Bouchard et Stéphan Larouche, le clan Alvarez devra se soumettre à de nombreux tests de dépistage, tant avant le départ qu’une fois sur place.

Étant donné que plusieurs des protégés de Ramsay doivent combattre au cours des prochaines semaines, ce dernier ne sait pas encore qui de Luc-Vincent Ouellet ou Samuel Drolet-Décarie l’accompagnera au Nevada.

J’ai le camp d’entraînement d’Artur Beterbiev qui est déjà en branle en Russie [il doit défendre ses ceintures de l'IBF et du WBC des mi-lourds contre le Chinois Fanlong Meng, le 25 septembre, à Ekaterinbourg, NDLR]. J’ai Christian Mbilli qui boxe le 29 août. Alors, il faut que je répartisse un peu mon équipe, a conclu Ramsay, toujours aussi occupé.

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