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Un rapport dénonce un retour des cigarettiers en F1

Charles Leclerc roule sur le circuit de Suzuka.

Charles Leclerc sur le circuit de Suzuka

Photo : Getty Images / Dan Istitene

Agence France-Presse

Les cigarettiers réinvestissent dans la F1 malgré plusieurs interdictions en vigueur, avec des dépenses publicitaires en hausse qui ont atteint le chiffre « inquiétant » de 133 M$ CA en 2019, selon un rapport publié mercredi.

Selon cette étude, coécrite par le magazine spécialisé Formula Money et l'ONG anti-tabac STOP, les dépenses des géants du tabac Philip Morris International (PMI) et British American Tobacco (BAT) en faveur des écuries Ferrari et McLaren devraient grimper à 153,8 M$ CA en 2020.

Un retour des investissements, après des années de baisse provoquée par une prise de conscience des méfaits du tabac, des lois anti-tabagisme dans plusieurs pays et d'une interdiction au sein de la F1.

L'an passé, PMI et BAT ont lancé un partenariat entre leurs filiales de recherche scientifique, Ferrari et McLaren, plus d'une décennie après la convention de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) interdisant la publicité pour le tabac.

S'ils ne mettent plus à l'avant-plan leurs traditionnelles cigarettes, ils promeuvent désormais de nouveaux produits sans fumée, mais contenant du tabac, sans mentionner directement de marques.

Faire de la publicité pour ces produits attire de nouveaux fumeurs, spécialement les jeunes, ce qui cause un préjudice aux générations futures, a déclaré dans un communiqué le docteur Rüdiger Krech, médecin travaillant à l'OMS.

Nous ne devons pas revenir en arrière dans la lutte contre le tabac, qui tue plus de sept millions de personnes chaque année, selon l'OMS, a-t-il ajouté.

Le rapport estime que l'exposition médiatique des courses de F1 en 2019 a pu rapporter au moins 150 M$ US (200,6 M$ CA) à Mission Winnow, organisation liée à Philip Morris, et 36,9 M$ CA pour les marques de BAT.

La F1 est un sport mondial qui attire plus de 500 millions de fans, la plupart des hommes et des jeunes, des catégories prisées. Les cigarettiers ont un vrai retour sur investissement, a affirmé Caroline Reid, fondatrice de Formula Money.

Selon le rapport, depuis la création de la F1 il y a 70 ans, 5,9 G$ CA y ont été dépensés dans des publicités et partenariats avec des cigarettiers.

La Fédération internationale de l'automobile (FIA), instance dirigeante de la F1, est opposée depuis 2006 à toute publicité en faveur des cigarettes ou du tabac.

La FIA assure vouloir promouvoir une contribution positive envers la société. C'est impossible tant qu'elle est liée à une industrie qui cause tant de mal, a rétorqué Mary Assunta, une membre de STOP, dans un communiqué.

Contactée par l'AFP, la FIA a répondu par courriel qu'elle restait fermement opposée à la publicité en faveur du tabac et continue à se tenir à ses recommandations de 2003.

Nous ne sommes toutefois pas dans une position où nous pouvons interférer avec les accords commerciaux privés entre les écuries et leurs commanditaires, a continué l'instance.

Philip Morris a quant à lui assuré que le partenariat avec Ferrari n'est pas et ne sera pas utilisé pour faire de la publicité pour des produits à base de tabac ou contenant de la nicotine, précisant par le biais de leur avocat que leurs activités avec leurs partenaires respectent les lois en vigueur.

PMI et BAT assurent qu'elles ne sont pas directement de la publicité pour des cigarettes. Mais selon le droit des marques, elles sont associées à des produits contenant du tabac, a souligné Phil Chamberlain, membre de STOP.

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