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Elle se tient la tête sur le bord de la piscine.

Jennifer Abel aux Jeux panaméricains de Lima en 2019

Photo : Getty Images / Patrick Smith

Radio-Canada

Lorsque l'on est une athlète olympique connue, devinez quel sujet est incontournable en ce moment.

J’y pense tout le temps. On était supposé partir pour les Jeux le 26, il y a quelques jours. C’est certain que j’ai eu une pensée pour notre équipe, a affirmé d’entrée de jeu la plongeuse Jennifer Abel à l'émission Tout un matin mercredi.

Je pense qu’une fois que les Jeux vont être vraiment terminés, là on va vraiment pouvoir passer à autre chose, a-t-elle ajouté. Pour le moment, il y a de la nostalgie, je serais supposée être à Tokyo avec ma famille. Au lieu de ça, je suis à la maison, à m’entraîner à des heures spécifiques, à cause de la pandémie.

Une fois que les dates des Jeux seront passées, on va pouvoir passer à autre chose.

Jennifer Abel, plongeuse canadienne

S’il y a eu beaucoup d'incertitude au mois de mars avant que soit rendu officiel le report des Jeux à 2021, il y a un certain retour à cette ambiance depuis que plusieurs clament qu'il ne pourra y avoir de Jeux sans vaccin.

Ce ne serait vraiment pas correct de ma part de ne pas y penser, a dit Abel. En même temps, ce n’est pas une situation que je peux contrôler. La seule chose que je peux contrôler, c'est d’être prête pour notre prochaine compétition.

Pour l’instant, dans la très vaste majorité des disciplines sur la planète, ce retour à la compétition se fait sans spectateur. Un modèle qu’on ne peut pas écarter si les Jeux devaient avoir lieu en 2021.

En plongeon, dans certains pays, certaines compétitions que l’on fait, il n’y a pas énormément de spectateurs. S'il n’y en avait pas à Tokyo, ce ne serait pas différent d’une autre compétition.

Jennifer Abel

Mais la plus grosse perte serait que ma famille ne puisse pas venir avec moi, pour m'encourager dans mes derniers pas.

Abel voyait les Jeux de Tokyo comme ses derniers. Cette perspective reste-t-elle la même s’ils étaient annulés?

Non, a-t-elle affirmé. À moins qu’il y ait un changement de plans. Les portes sont toujours ouvertes. Mais en même temps, pour moi, Tokyo, c’était mes derniers Jeux. Ça fait quand même quatre Jeux olympiques, c’est quand même 16 ans de temps.

J’ai hâte de découvrir ce que la vie peut aussi me réserver.

Jennifer Abel

Comment rester motivée?

L’équipe canadienne de plongeon a repris l’entraînement à la piscine du stade olympique à la mi-juin. Pour l’instant, il n’y a pas d’objectif précis de retour à la compétition.

C’est d’y aller au jour le jour. Il y a tellement plusieurs aspects de la vie qui sont touchés par la pandémie. Je ne sais même pas si demain, on va pouvoir retourner faire l’épicerie ou voir notre famille, donc je préfère y aller au jour le jour, a-t-elle lancé. Lorsqu’on va se rapprocher de la date en 2021, là je vais pouvoir penser vraiment aux Jeux.

Parce qu’il y a un an, à pareille date, on pensait aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, et regardez aujourd’hui où on se trouve.

Jennifer Abel

Et ce quotidien, au jour le jour, ressemble maintenant un peu à ce qu’il était.

Heureusement, je suis capable de présentement m’entraîner au stade olympique, mais j’ai vraiment des heures spécifiques. Ce n’est pas comme avant quand je faisais 30 heures par semaine, ce qui est normal. Il n’y a pas de but à s’entraîner 30 heures, vu qu’on ne sait pas quand aura lieu la prochaine compétition. Donc, je m’entraîne du lundi au vendredi de 10 h à 13 h.

Si la situation actuelle peut bousculer la routine des athlètes, elle peut également créer un environnement favorable pour retomber amoureux de son sport.

C’est certain. En même temps, certains sports sont plus difficiles à pratiquer à la maison, a dit Abel. De mon côté, j’ai vraiment pris l’opportunité de reposer mon corps et, en même temps, de découvrir d'autres façons de m'entraîner sans plonger. Alors, une fois que je suis retournée à la piscine, comme présentement, c’est vraiment beaucoup plus facile physiquement. Je suis moins fatiguée, et je développe mon talent beaucoup plus rapidement.

Des Jeux de Rio difficiles

Jennifer Abel était passée à côté du podium deux fois plutôt qu’une, à Rio, en 2016. Une 4e place au 3 m et au 3 m synchro.

Ça a été très difficile, surtout en 2017, a-t-elle rappelé. J’ai vraiment perdu l’amour, la flamme pour mon sport. Ce qui était étonnant, c’est que je plongeais et j’avais quand même de bons résultats, mais je n’avais aucun sentiment face à tout ça. Et c’est en parlant avec mon entraîneur, en discutant avec des gens, que j’ai découvert que je n’étais pas simplement une plongeuse qui ramenait des médailles, mais que j’étais aussi une personne et que j’avais des sentiments autres que vouloir gagner.

J’ai vraiment réappris à aimer mon sport, à aimer la vie que je menais aussi, parce que c’est une chance qu’on a de voyager à travers le monde. Donc, c’est tout ça que j'ai dû réapprendre.

Jennifer Abel

Et cette attitude l'accompagne encore en ce moment.

C’est vraiment quelque chose que j’ai pu régler assez rapidement parce que je pouvais voir que ça m’affectait. C’est certain que j’ai encore beaucoup de travail à faire. Mais si on regarde ma saison 2020, je n’avais pas eu une défaite encore. À ma première compétition au mois de février à Montréal, j’ai eu trois médailles d’or sur trois.

J’apprends énormément à contrôler mes sentiments et je pense que ça paraît beaucoup. Mais en même temps, aujourd'hui, avec tout ce qui se passe, ça m’a ramené les pieds sur terre en me disant que cette situation touche vraiment tout le monde, autant les enfants, autant les parents, autant les athlètes. J’essaie de voir ça d’une façon où je peux passer du temps avec ma famille, me rapprocher de ma belle-fille, à qui j’ai fait faire les devoirs à la maison.

J’ai pris le temps d’apprendre à ne pas simplement être une athlète.

Jennifer Abel

Voilà qui pourrait être très utile quand les compétitions reprendront, et également quand Jennifer Abel décidera que cette période de sa vie est terminée.

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