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chronique

Ça commence samedi, et le CH a beaucoup de travail à faire

L'aréna Banque Scotia de Toronto lors du match à huis clos opposant le Canadien aux Maple Leafs.

L'aréna Banque Scotia de Toronto lors du match à huis clos opposant le Canadien aux Maple Leafs.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

TORONTO - Il y a presque 10 ans, à une époque lointaine où les rencontres étaient encore disputées devant des spectateurs, Carey Price avait conclu le premier match préparatoire du camp d’entraînement en invitant la foule du Centre Bell à se calmer le pompon.

En ce fameux soir de septembre 2010, le CH s’était incliné par la marque de 4-2 devant les Bruins de Boston. Et Price, qui avait accordé quatre buts sur les neuf tirs dirigés vers lui, avait eu droit à des huées bien senties de la part de partisans particulièrement impatients.

Relax. Chill out. Nous avons beaucoup de temps devant nous. On ne remporte pas la Coupe Stanley au premier match préparatoire, avait lancé le jeune gardien à son retour au vestiaire. Cette déclaration spontanée, pleine de bon sens, avait alors considérablement marqué les esprits.

Sauf que les temps ont changé.

Bien sûr, même en temps de pandémie, la Coupe Stanley ne sera pas remportée dans un match préparatoire. Toutefois, le CH n’a plus beaucoup de temps devant lui. Le match préparatoire qu’il livrait mardi soir aux Maple Leafs de Toronto s’avérait sa seule occasion de tester et de roder la machine avant de plonger dans une difficile série de qualification qui l’opposera, à compter de samedi, aux excellents Penguins de Pittsburgh.

Comme en septembre 2010, les hommes de Claude Julien ont perdu 4-2 contre les Leafs. Et à la fin du match, à défaut de se dire qu’ils ont beaucoup de temps devant eux, Julien et ses adjoints ont dû se dire qu’ils ont beaucoup de travail sur la planche.

On est une jeune équipe. Nous étions 12es dans l’Est, donc c’est important de jouer sur le bout des orteils, d’être agressifs et de ne pas avoir peur. J’ai un peu senti une équipe un peu passive par moments. On hésitait. Et quand tu hésites, tu es dans le pétrin, a dit Claude Julien, qui est bien conscient de la qualité des cartes qu’il a dans son jeu.

***

Les dirigeants de l'équipe ne sont pas dupes. Ils savent qu’ils ont délesté leur formation de quatre vétérans utiles avant la date limite des échanges et qu’ils n’ont pas bénéficié d’une saison morte pour se renflouer et qu’il y a beaucoup de jeunes à bord.

N’empêche, ils souhaitent que cette expérience soit formatrice. Ils espèrent que, malgré le fait qu’elle soit démunie, leur équipe vendra très chèrement sa peau et que les leçons tirées de ces féroces batailles accéléreront le processus de développement du groupe.

Ce n’est toutefois pas ce qu’a annoncé ce match préparatoire face aux Leafs.

Un peu plus tôt en après-midi, on avait vu les Penguins perdre 3-2 en prolongation contre les Flyers de Philadelphie.

Bien sûr, après 140 jours d’inactivité, ce duel des rivaux de la Pennsylvanie n’était pas joli à voir. Loin de là. Les passes étaient imprécises, les lectures de jeu étaient souvent déficientes et l’ensemble de l’oeuvre manquait nettement de cohésion. Toutefois, on voyait clairement que les deux équipes tentaient de s’imprégner du style patient des séries.

Puis, en fin de soirée à Edmonton, les Oilers et les Flames de Calgary ont projeté l’image de deux équipes qui n’avaient pas reçu le mémo indiquant que les séries ne commenceront que samedi. Les deux ennemis de l’Alberta se sont mis à se frapper et à se bousculer dès que la rondelle a touché la glace, comme si leur vie en dépendait.

***

Le match CH-Leafs s’est avéré différent des deux autres. Pendant que les autres équipes donnaient l’impression de se préparer pour les séries, le Tricolore semblait tout simplement à la recherche du niveau de jeu de la LNH.

C’était 1-0 Toronto après seulement 33 secondes de jeu parce que Ben Chiarot, dès le début du match, a permis un surnombre en s’engouffrant dans le territoire des Leafs pour tenter de récupérer une rondelle qu’il n’avait aucune chance d’atteindre.

De vieux fantômes sont ensuite revenus hanter le Canadien.

Le niveau d’engagement, comme l’a poliment souligné Claude Julien, a fait défaut.

L’unité d’avantage numérique n’a pas été en mesure de capitaliser en six tentatives. Et en plus, les Maple Leafs se sont inscrits à la marque deux fois lorsqu’ils étaient à court d’un homme!

Un autre but des Leafs, par ailleurs, a été obtenu avec 25 secondes à écouler en deuxième période. Les buts accordés dans les derniers moments d’une période ont l’habitude de scier les jambes des équipes qui les encaissent. Et le Canadien a fait de tels cadeaux à la pelletée en 2019-2020.

Carey Price a fait face à 16 occasions de marquer de qualité même si les Leafs, qui peaufinaient leur jeu défensif, ont quelque peu levé le pied en troisième.

***

La présence d’Alex Belzile dans la formation pour ce match en disait aussi beaucoup sur la situation du Bleu-blanc-rouge à la veille du début de ce tournoi éliminatoire.

Le valeureux vétéran du Rocket de Laval n’a disputé que 20 matchs dans la Ligue américaine cette saison en raison d’une vilaine blessure à un muscle pectoral. Et il n’a jamais disputé un match officiel dans la LNH.

Le pauvre Belzile n’a effectué que deux présences sur la patinoire face aux Leafs. Il a été blessé par le défenseur Jake Muzzin, qui l’a violemment projeté contre la bande lorsqu’il se tenait debout près du filet de Frederik Andersen.

Après la rencontre, Claude Julien a expliqué que les entraîneurs ont sincèrement l’intention d’utiliser Belzile contre les Penguins parce qu’il pratique un jeu intense et physique qui fait défaut au sein de la formation actuelle. Reste maintenant à savoir s’il sera en mesure de jouer.

Bien sûr, tout n’a pas été négatif dans ce match.

En troisième, Ben Chiarot a retrouvé son aplomb et obtenu trois occasions de marquer. Jesperi Kotkaniemi, qui vient d’avoir 20 ans, a patiné avec une aisance qu’il n’avait pas affichée jusqu’ici. Tomas Tatar et Brendan Gallagher ont aussi semblé retrouver leurs repères dans la dernière portion de la rencontre. Mais il en faudra nettement plus pour espérer donner du fil à retordre aux Penguins.

On a eu beaucoup de hauts et de bas. C’était une grosse adaptation, 140 jours sans jouer, ça paraît. On était rouillés, et j’imagine que c’est la même chose pour tout le monde. Il n’y a pas de partisans dans les gradins, tout est nouveau. C’était important de pouvoir visualiser à quoi ça va ressembler quand ça commencera samedi prochain, a commenté Phillip Danault.

***

Puisqu’il est question de gradins vides, je peux témoigner du fait que le hockey présenté à huis clos ne se classe pas dans la catégorie des grandes expériences sensorielles. Je ne sais pas ce que ça donnait à la télévision, mais sur place, c’était plutôt triste. 

Au début, on s’amuse du fait que l’on puisse clairement entendre les joueurs et les entraîneurs réagir au banc ou communiquer entre eux sur la patinoire. Alain Vigneault, qui est toujours très intense, ne s’est d’ailleurs pas gêné pour superviser le travail des deux arbitres tout au long du match que ses Flyers livraient aux Penguins.

  • Come on! C’était un accrochage, s’est-il écrié à un certain moment. Du vrai bonbon.

Plus les minutes passent, plus on se rend compte qu’il fait sombre, qu’il fait froid et que la musique que crachent les haut-parleurs durant les arrêts de jeu ne sert plus à créer une ambiance, mais plutôt à camoufler un malaisant silence.

Le silence le plus troublant est d’ailleurs celui qui survient immédiatement après qu’un but est marqué. Il n’y a pas de foule qui bondit et les joueurs réagissent assez peu, au point où l’on se demande si quelqu’un vient véritablement de secouer les cordages. Le responsable de l'animation met souvent plusieurs secondes à réagir. Puis, quand il finit par enchaîner avec une sorte de klaxon ou une musique censée galvaniser on ne sait qui, ça sonne encore plus faux. 

Dans le calepin

Les rédacteurs en chef de la section des sports de l’Associated Press, l’agence de presse Associated Press et l’Association des chroniqueurs de hockey professionnels ont publié lundi une lettre pour protester contre le traitement de faveur que la LNH accorde aux journalistes qui sont à son emploi.

Dans cette chronique publiée lundi, j’expliquais notamment que les journalistes du site NHL.com bénéficient d’accès privilégiés dans leur couverture des séries, alors qu’en même temps, les accès accordés aux représentants des médias indépendants ont été nettement réduits.

Cette politique de la LNH prive les médias qui couvrent régulièrement les activités de la ligue de leur capacité de rapporter les événements en respectant les attentes du public, en utilisant des accès que nous avons mis des décennies à développer, soutiennent les cosignataires de la lettre.

Ils estiment qu’il devrait y avoir à l’intérieur de la bulle au moins autant de journalistes provenant de médias indépendants que de journalistes payés par la LNH. 

Vos commentaires

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