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Une école de hockey de Montréal mise en échec par la COVID-19

De jeunes hockeyeurs en action

De jeunes hockeyeurs en action

Photo : Coutoisie

Jean-François Chabot

En dépit des précautions mises de l’avant pour contrer la COVID-19, une école de hockey a dû fermer ses portes vendredi dernier, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal.

Eric Rayment exploite l’école de Hockey Montréal International depuis plus de 25 ans à l’aréna Glenn J. Chamandy.

Pour faire face à la pandémie, les mesures proposées par Hockey Québec ont été observées à la lettre. Ainsi, les deux groupes (9-11 ans et 12-14 ans) ont été limités à 20 joueurs chacun, alors qu’ils en comptent 32 en temps normal.

Cette école fonctionnait ainsi depuis le 29 juin. Comme le rapporte le quotidien The Gazette dans son édition de mardi, malgré la mise en place d’un protocole sanitaire strict, le coronavirus a fini par se frayer un chemin jusqu’au beau milieu de la patinoire.

Un de mes entraîneurs a reçu un appel de quelqu’un avec qui il se trouvait samedi dernier [17 juillet, NDLR]. Cette personne ne semblait pas bien. Elle est allée se faire tester et elle a reçu un résultat positif. Elle a ensuite appelé tous ceux avec qui elle avait été en contact, incluant un de mes coachs, a d’abord raconté M. Rayment, joint mardi matin par Radio-Canada Sports.

Il est allé se faire tester tout de suite. Il n’est pas revenu au camp en attendant son résultat. Jeudi, il a eu la confirmation que son test était positif. On a fermé le camp vendredi. J’ai contacté tous les parents des joueurs de ce groupe pour leur suggérer d’aller se faire tester. Samedi matin, j’ai eu la confirmation qu’il y avait un jeune qui était aussi positif. Dès que j’ai eu cette confirmation, le camp a été fermé pour l’été.

Eric Reyment, président de Hockey Montréal

En plus de tout le reste, Hockey Montréal avait renoncé à ouvrir le camp aux jeunes débutants de 6 à 8 ans parce que ces derniers ont besoin d’assistance pour enfiler leur équipement et leurs patins.

La présence des parents dans le vestiaire aurait rendu la distanciation physique pratiquement impossible. Le volet élite de l’école a également été rayé du programme estival.

Le désarroi est palpable dans la voix de celui qui entretient des liens étroits avec sa clientèle.

Je ne suis pas déçu. Je suis plus heartbroken (j’ai le cœur brisé). Ça fait 25 ans que je fais du hockey dans mon coin. Les familles qui viennent chez nous, je coache leurs enfants même durant le hockey d’hiver à l’intérieur de programmes scolaires. Pour moi, c’est vraiment personnel. Quand j’ai entendu qu’il y avait des familles que je connais très bien qui maintenant tombent dans cette situation (long silence)… Je ne suis pas déçu que mon camp soit fermé. Ma préoccupation est davantage à savoir si ces personnes vont s’en tirer.

Impossible de tout prévoir

Une école ou un camp de hockey ne constitue pas une bulle. Contrairement à ce qui a été mis en place par la Ligue nationale (LNH) où les joueurs se retrouvent confinés dans les hôtels et les amphithéâtres de deux villes, les jeunes sportifs des écoles rentrent à la maison à la fin de chaque journée.

Même avec toute la bonne volonté du monde, il n’est pas possible de surveiller ou de contrôler les allées et venues de chacun.

On a travaillé longtemps pour organiser ce camp. On a suivi tout le protocole de la santé (publique). On a suivi le protocole de Hockey Québec avec un nombre maximum de joueurs. On a fait tout ce qu’on pouvait. On avait des horaires différents pour les deux groupes. Comme ça, on n’avait jamais beaucoup de jeunes qui partaient ou qui arrivaient en même temps. Toutes les mesures étaient mises en place pour limiter les risques.

Eric Rayment, président de Hockey Montréal

Il (l’entraîneur) était en visite chez une amie avec quatre autres personnes. Mais je ne sais pas où ces personnes étaient avant ça. Même en parlant avec du monde, même en parlant avec un docteur, il est possible que ce ne soit pas nécessairement le coach qui a amené la COVID au camp. C’est possible qu’un jeune était positif et qu'il l’ait ramené, a-t-il insisté.

Des enfants jouent au hockey sur une patinoire intérieure.

Des enfants jouent au hockey sur une patinoire intérieure.

Photo : CBC / Stephanie Brown

Faire plus?

Eric Rayment est également le propriétaire des Rangers de Montréal-Est, équipe de la Ligue de hockey junior AAA du Québec.

Du 16 au 23 août prochain, un autre camp destiné aux jeunes doit se tenir au Centre récréatif Édouard-Rivet. Il n’y a pas de lien direct ici avec Hockey Montréal, sinon M. Rayment lui-même.

Le camp des Rangers destiné aux jeunes de ce secteur sert d’abord de collecte de fonds pour les opérations de l’équipe junior.

À la lumière du malheur qui a frappé son école dans NDG, Eric Rayment songe-t-il à changer quelque chose à ses plans? Pourrait-il aller jusqu’à exiger des tests pour tous les participants?

Je ne sais pas si j’ai le droit de demander ou d’obliger le monde de faire ça. C’est la première fois que… possiblement. Sauf que tout le monde me dit que tu peux avoir un négatif, ne pas avoir de symptômes, mais que tu peux les avoir trois ou quatre jours après. Est-ce qu’on demande aux jeunes de se faire tester deux fois durant la semaine?

Eric Rayment, président de Hockey Montréal

Il va de soi que l’arrêt des activités de son école de hockey entraîne des pertes financières importantes quand on tient compte de toutes les implications.

Il y a une perte financière, c’est sûr. Chaque enfant paie environ 300 $ pour la semaine. On avait deux groupes de 20 jeunes chaque semaine. Au moment où j’ai annulé tout ça, tout de suite je savais que je devrais rembourser toutes mes familles pour les trois prochaines semaines, ce que j'ai déjà commencé à faire.

Ça fait longtemps que je suis dans le même complexe. Il fallait donc organiser ça. Il y a en plus les assurances et tout le reste… des affaires à acheter (produits sanitaires) en préparation du camp. En bout de ligne, on perd pratiquement cinq semaines.

Malgré la déception évidente, Eric Rayment demeure convaincu qu’il faut absolument poursuivre le combat contre la pandémie. Son message pour les jeunes sportifs et leurs parents ne pourrait être plus clair.

On continue de vivre, et il faut suivre les protocoles que le gouvernement vous demande… distanciation sociale, le port du masque, se laver les mains. Je sais que des fois les jeunes oublient de temps en temps. Comme parent, c’est vraiment de passer le message aux jeunes, de mettre l’accent sur les règlements. Comme ça, on pourrait continuer à faire des activités, des sports sinon même le retour à l’école pourrait être compliqué rendu en septembre.

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