•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

À quoi s'attendre des équipes canadiennes dans les séries?

Le gardien des Jets de Winnipeg Connor Hellebuyck (à droite) réalise l'arrêt sur une échappée de Johnny Gaudreau, des Flames de Calgary.

Le gardien des Jets Connor Hellebuyck (à droite) a réalisé 31 arrêts contre les Flames, dont celui-ci en échappée contre Johnny Gaudreau.

Photo : La Presse canadienne / JOHN WOODS

Alexandre Gascon

La Ligue nationale (LNH) relance sa saison avec des séries éliminatoires et disputera des matchs de hockey pour la première fois de son histoire au mois d’août après une pause de plus de quatre mois. À quoi peut-on s’attendre des équipes canadiennes?

Elles sont toutes de la fête. Enfin, presque. Les pauvres Sénateurs d’Ottawa rongeront leur frein un brin ou deux plus longtemps.

Si le Canadien de Montréal a été rescapé par le format généreux à 24 équipes de ces séries exceptionnelles, les cinq autres formations canadiennes étaient soit déjà du portrait éliminatoire ou tout près d’une place lorsque le monde, et la LNH, a arrêté de tourner le 12 mars dernier.

Douze équipes de chaque association sont maintenant enfermées dans les villes d’Edmonton et de Toronto et amorceront les hostilités à compter de samedi avec l’espoir d’octroyer la coupe Stanley au début du mois d’octobre, avant une possible deuxième vague de contamination à la COVID-19 que craignent de nombreux épidémiologistes.

Le tour qualificatif se déroulera au meilleur des cinq matchs, tandis que les séries éliminatoires officielles conservent leur format habituel avec quatre séries de quatre de sept à remporter pour pouvoir soulever le précieux trophée.

Exception faite du Tricolore, dont l'affrontement contre les Penguins a déjà été ausculté, quelles sont les chances des équipes canadiennes dans ce tournoi? État des lieux.

MAPLE LEAFS – BLUE JACKETS

Toronto ira loin si… ses vedettes dominent. C’est simpliste, certes, mais voilà comment cette équipe est bâtie : sur des maillons forts. Cette série opposera deux styles diamétralement différents. Les deux équipes ont disputé 70 matchs pendant la saison et ont amassé 81 points, mais elles n’auraient pu y parvenir de façon plus différente.

Les Maple Leafs ont la 2e attaque dans la ligue, les Blue Jackets, la 28e. Columbus mise sur la 4e défense, Toronto, sur la 25e. Une dichotomie qui se répercute aussi sur les unités spéciales. C’est la théorie du talent individuel contre le jeu collectif, contre le total plus élevé que la somme des parties.

Il reçoit les félicitations de son coéquipier Auston Matthews.

Mitch Marner (à droite) a récolté cinq points contre les Hurricanes.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Auston Matthews, Mitch Marner, William Nylander et John Tavares devront faire la différence dès le départ pour les Leafs. Il est possible que le système de jeu des Jackets, conçu pour épuiser l’adversaire, le repousser le long des rampes, le faire travailler physiquement et, ultimement, l’épuiser, ne soit pas aussi bien rodé en début de tournoi qu’il ne l’était pendant la saison. Les Leafs devront en profiter pour progresser dans les séries.

Devant le filet, les Jackets comptent sur deux révélations en Joonas Korpisalo et Elvis Merzlikins, aussi talentueuses qu’inexpérimentées dans les matchs cruciaux. Le gardien torontois Frederik Andersen connaît le tabac, mais a échoué à franchir un tour avec les Leafs en trois occasions. Il est dû.

FLAMES – JETS

Calgary ira loin si… son attaque retrouve de sa superbe. La production de Johnny Gaudreau et de Sean Monahan, ses deux attaquants les mieux payés après Matthew Tkachuk, a fondu. Elle est passée de 1,21 et 1,05 point par match respectivement, à 0,83 et 0,69 cette saison. Ce groupe a eu de la difficulté à prendre son envol en 2019-2020 après une campagne fort prometteuse où les Flames avaient terminé au sommet de l’Association de l'Ouest avec 107 points. Ils s’étaient toutefois écrasés en cinq matchs dès le premier tour des séries contre l’Avalanche du Colorado, ce qui a semblé laisser des traces dès le début de la nouvelle saison.

David Rittich devrait avoir droit au filet pour amorcer le tournoi, bien que Cam Talbot ait mieux paru depuis Noël. Dans tous les cas, un des deux portiers devra être au sommet de son art pour ralentir la puissante attaque des Jets. Les Flames arrivent tranquillement à la croisée des chemins.

Winnipeg ira loin si… l’équipe peut reprendre exactement là où elle était quand la LNH a suspendu sa saison. Et si la défense tient le coup. Et si son gardien répète ses prouesses. Beaucoup de points d’interrogation, mais les choses semblaient tomber en place pour Winnipeg après la date limite des échanges. L’équipe venait de gagner quatre matchs d’affilée quand tout s’est arrêté.

La défense des Jets a implosé l’été dernier avec la perte de Dustin Byfuglien, Jacob Trouba, Tyler Myers et Ben Chiarot. Elle est encore suspecte, mais l’arrivée de Dylan DeMelo a stabilisé les duos d’arrières pendant quelques semaines. Pendant ce temps, Connor Hellebuyck, le gardien le plus occupé cette saison après Carey Price, a pu souffler un peu. Le finaliste à l’obtention du trophée Vézina devra afficher la même forme dans les séries que celle démontrée en saison (moyenne de 2,57, taux d'efficacité de ,922) pour permettre à ses coéquipiers d’espérer.

Les Jets miseront également sur une équipe en santé avec les retours de Sami Niku et Bryan Little, après avoir été durement éprouvés par les blessures cette année. En avant, leur force de frappe est bien connue avec Patrik Laine, Mark Scheifele, Nikolaj Ehlers, Kyle Connor et Blake Wheeler. Leur avenir se jouera dans leur zone.

OILERS – BLACKHAWKS

Edmonton ira loin si… l’équipe devient une force à égalité numérique. Le monstrueux talent à l’avant rend la mission presque impossible pour les Blackhawks. Mais si les Oilers souhaitent connaître un long parcours, l’attaque devra se diversifier. Parmi les 31 premiers marqueurs de la ligue, seulement trois d’entre eux ont un différentiel négatif, dont les deux meilleurs : Leon Draisaitl (-7) et Connor McDavid (-6). Les Oilers ont déniché un peu de renfort sur les ailes en faisant l’acquisition de Tyler Ennis et d'Andreas Athanasiou, mais la chimie n’avait pas encore opéré.

Connor McDavid est sur la glace et célèbre un but.

Le capitaine des Oilers d'Edmonton, Connor McDavid

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Si jamais la bande à Dave Tippett devenait une force à cinq contre cinq, elle serait vraiment à craindre parce que ses unités spéciales sont irréprochables. À 29,5 % d’efficacité en avantage numérique, les Oilers frôlaient des niveaux jamais atteints depuis les très prolifiques années 1970. L’équipe était en voie de terminer la saison avec le 4e avantage numérique de l’histoire plus que centenaire de la ligue. C’est, en soi, suffisant pour faire trembler n’importe quel adversaire, mais vous devez y ajouter la deuxième infériorité numérique de la ligue cette saison à 84,4 % de succès.

Avec un bon système de jeu respecté à la lettre, les Oilers pourraient causer beaucoup de dégâts.

CANUCKS – WILD

Vancouver ira loin si… les jeunes apprennent vite. Et jusqu’à présent, on a eu affaire à de petits génies de la rondelle. Brock Boeser était finaliste à l’obtention du titre de recrue de l’année en 2018, Elias Pettersson l’a remporté l’an dernier et Quinn Hughes pourrait bien le gagner à son tour en 2020. Les Canucks ont déjà jeté les bases d’une puissance en devenir, pas nécessairement d’une force actuelle.

N’empêche, ce groupe s’est entouré de précieux vétérans dans la dernière année, dont J.T. Miller et Tyler Myers, et en a ajouté un de taille, Tyler Toffoli, à la date limite des échanges.

Le gardien Jacob Markstrom connaissait la meilleure saison de sa carrière quand une blessure au genou l’a mis sur la touche. Le Suédois n’a plus joué depuis le 22 février, ce qui ne signifie pas nécessairement qu’il sera plus rouillé que ses homologues. La qualité de sa tenue aura un immense impact sur les chances de son équipe de traverser le tour qualificatif contre une équipe certes vieillissante au Minnesota, mais encore rusée.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Hockey

Sports