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Quelles sont les chances du Canadien contre les Penguins?

Ils se disputent la rondelle dans le coin de la patinoire.

Bryan Rust et Jonathan Drouin

Photo : Associated Press / Gene J. Puskar

Alexandre Gascon

La Ligue nationale (LNH) relance sa saison avec des séries éliminatoires et disputera des matchs de hockey pour la première fois de son histoire au mois d’août après une pause de plus de quatre mois. La tâche s’annonce colossale pour le Canadien de Montréal qui retrouvera les Penguins de Pittsburgh pour une série trois de cinq dans la ville bulle de Toronto.

Déjà que les prédictions sont hasardeuses dans un sport aussi instinctif et chaotique que le hockey, l’indulgence sera de mise dans ce contexte unique.

L’élargissement du cadre des séries à 24 équipes, plutôt que 16, a permis au CH de se faufiler de justesse dans le tournoi comme la dernière équipe repêchée.

Depuis dimanche, 12 équipes de chaque association se sont enfermées dans les villes d’Edmonton et de Toronto. Elles amorceront les hostilités à compter de samedi avec l’espoir d’octroyer la coupe Stanley au début du mois d’octobre, avant une possible deuxième vague de contamination à la COVID-19 que craignent de nombreux épidémiologistes.

Le tour qualificatif se déroulera au meilleur des cinq matchs, tandis que les séries éliminatoires officielles conservent leur format habituel avec quatre séries de quatre de sept à remporter pour pouvoir soulever le précieux trophée.

Le Tricolore est largement négligé face aux Penguins, mais doit-on pour autant le considérer comme battu avant même que la rondelle soit en jeu? L’on aurait déjà vu plus grande surprise dans l’histoire récente. Analyse des forces en présence.


Les arguments pour le Canadien

Le trio de Phillip Danault

Zach Aston-Reese, des Penguins, y est allé d’une boutade lundi en affirmant qu’il ne savait plus qui composait le premier trio du Canadien. Drôle de commentaire quand on sait que l’unité de Tomas Tatar, de Phillip Danault et de Brendan Gallagher est l’une, sinon la plus dominante de la LNH à cinq contre cinq depuis presque deux ans.

Individuellement, Tatar, Gallagher et Danault, dans l’ordre, affichent les meilleurs taux de possession de rondelle parmi tous les joueurs de la ligue. Réunis, les trois mousquetaires ne perdent pas de leur lustre. Ils obtiennent 62 % des chances de marquer lorsqu’ils sont sur la glace et ont dominé leurs rivaux 36-26 au chapitre des buts. Ajoutez à cela le fait qu’ils affrontent soir après soir la meilleure compétition adverse et vous comprenez pourquoi Claude Julien laisse intacte cette combinaison depuis si longtemps.

Autant en attaque qu'en défense, voilà l’atout majeur de l’entraîneur. Julien expliquait la semaine dernière l’importance d’utiliser abondamment ses meilleurs éléments dans les séries, que le temps des expériences était terminé. On peut s’attendre à ce que le temps de glace des trois comparses augmente, mais Danault pourra difficilement en faire beaucoup plus que les 18 min 51 s qu’il avalait déjà pendant la saison.

Le jeu à 5 contre 5

Plus le jeu se déroulera à égalité numérique, plus les chances du Canadien seront bonnes d’en sortir vainqueur. Seules Tampa Bay, Toronto et Washington ont inscrit plus de buts à cinq contre cinq que le CH depuis le début de la saison 2018-2019. Considérant les résultats du Tricolore pendant cette période, ça vous donne une idée des lacunes dans les autres facettes du jeu.

Le hic, les Penguins aussi se débrouillent bien dans ce aspect. Ils n’ont qu’un but de moins que les 335 des Montréalais.

Carey Price

La grande inconnue, la variable, le X dont la valeur est toujours incertaine. Le gardien vedette du Canadien peut-il faire la différence à lui seul?

Price est apparu détendu et en pleine forme à Brossard pendant le camp d’entraînement. Certains joueurs de la ligue craignent encore son brio, mais son aura a pâli dans les dernières années.

Il réalise un arrêt.

Carey Price (à droite) est devant le filet du Tricolore.

Photo : Associated Press / Gene J. Puskar

Le gardien d’Anahim Lake a été impeccable à ses trois dernières présences en séries éliminatoires. En 30 départs, il a maintenu une moyenne de buts accordés de 2,20 et un taux d'efficacité de ,922. Mais ces résultats, à l’instar du portier lui-même, prennent de l’âge, la dernière présence du CH au tournoi d’après saison remontant au printemps 2017.

Dans les trois dernières années, Price a connu deux de ses pires campagnes depuis ses débuts professionnels entrecoupées d’une petite résurgence en 2018-2019. Difficile de s’en remettre uniquement à des prestations aussi instables.

À l’autre bout de la glace, Matt Murray devrait amorcer la série devant le filet. Le double lauréat de la Coupe Stanley peine à retrouver le niveau de ces beaux jours et offrait des performances en dents de scie cette année comme en témoignent sa moyenne de 2,87 et son taux d'efficacité de ,899.

Cela dit, les Penguins comptent sur un auxiliaire, Tristan Jarry, qui était sur le point de ravir le boulot de partant à Murray. Jarry a décroché 20 victoires en 33 départs avec un pourcentage d’arrêts de 92,1 %. Si Murray cède, Pittsburgh dispose d’une excellente option pour le remplacer. Le Canadien ne peut en dire autant.


Les arguments pour les Penguins

L’inexpérience du CH

Si le trio de Danault se coltine celui de Sidney Crosby, les centres Nick Suzuki, Jesperi Kotkaniemi et Max Domi auront à affronter celui d’Evgeni Malkin. Ce n’est pas idéal.

Evgeni Malkin et Sidney Crosby des Penguins de Pittsburgh

Evgeni Malkin et Sidney Crosby des Penguins de Pittsburgh

Photo : Getty Images / Jamie Sabau

Les deux vedettes des Penguins, à elles seules, ont presque autant de matchs d’expérience dans les séries que toute la formation de Claude Julien. Et l’on ne parle même pas des Matt Murray, Kris Letang, Patric Hornqvist et autres Jake Guentzel, tous au cœur des deux dernières conquêtes de la Coupe Stanley des Penguins.

Au centre, Danault a disputé six petites parties éliminatoires et les trois autres, aucune. Parler d’inexpérience relève presque de l’euphémisme. Ils apprendront sur le tas, d’accord. Bien souvent, on apprend d’abord à tomber.

Le Bleu-blanc-rouge s’est, en plus, départi de joueurs d’expérience en février en Ilya Kovalchuk, Nate Thompson, Marco Scandella et Nick Cousins, tandis que les Penguins en ont ajouté avec Patrick Marleau et Jason Zucker. Déséquilibre.

Avantage en défense

Après Letang, la brigade défensive des Penguins est somme toute anonyme. Mais le CH aurait tort de la sous-estimer. La recrue John Marino s’est imposée comme une valeur sûre à la ligne bleue et forme un solide deuxième duo avec Marcus Pettersson. Brian Dumoulin et Letang offrent la combinaison classique du défenseur talentueux et offensif appuyé par un partenaire fiable et responsable en défense. Il reste toujours Jack Johnson et Justin Schultz, vulnérables dans leur zone. Le Tricolore a-t-il assez de talent pour en profiter avec régularité?

Du côté du CH, derrière les trois gourmands que sont Shea Weber, Jeff Petry et Ben Chiarot, la cuvée est mince. Lors des derniers entraînements, Xavier Ouellet figurait parmi les six premiers arrières, même s'il a passé l’essentiel de la saison dans la Ligue américaine. Victor Mete revient de blessure et avait perdu un peu de la confiance de son entraîneur dans les dernières semaines, et Brett Kulak se distingue d’abord par son inconstance. Les trois premiers défenseurs verront beaucoup d’action et pourraient rapidement en avoir plein les bras face aux rapides ailiers des Penguins.

Les unités spéciales

Montréal a passé beaucoup de temps à travailler son avantage numérique la semaine dernière. On peut le comprendre. L’unité a terminé au 22e rang cette saison et au 30e l’an dernier. Toutes les combinaisons tentées par Julien et Kirk Muller ont échoué jusqu’à présent, et le CH a essentiellement le même personnel sous la main. Depuis le début de la saison dernière, Montréal présente le 29e bilan à 5 contre 4 avec 59 buts. Les Penguins sont 11es sur la même période.

Ils pointent aussi au 10e rang en infériorité numérique. Le Canadien est 19e.

Évidemment, on aurait pu ajouter bien des arguments en faveur de Pittsburgh. Ils voudront venger leur élimination hâtive de l’an dernier, Malkin semble en mission et produit à son rythme le plus élevé en près de 10 ans, etc. En conclusion, les Penguins comptent sur tellement de talent brut et de marqueurs naturels. Le CH n’a tout simplement pas les armes pour rivaliser avec eux.

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