•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Au baseball, les conditions sont propices à la transmission du coronavirus

Un lanceur en pleine motion

Un match préparatoire entre les Blue Jays de Toronto et les Red Sox de Boston

Photo : Getty Images / Kathryn Riley

Radio-Canada

La saison des Marlins de Miami est maintenant sur pause, à cause d'une éclosion de cas de COVID-19. Contrairement à la MLS, à la LNH et à la NBA, le baseball majeur n'a pas voulu mettre en place un système de villes bulles. Les matchs se jouent dans les marchés de ses équipes. Le risque de transmission est ainsi plus grand.

La microbiologiste infectiologue au Centre hospitalier de l'Université de Montréal Cécile Tremblay répond aux questions de Radio-Canada Sports.


Q. Êtes-vous surprise par cette éclosion au sein des Marlins?

R. Je ne suis pas surprise, car ce sont des conditions très propices à la transmission du virus, avec des équipes qui partagent les mêmes vestiaires. Les joueurs ont donc des contacts étroits les uns avec les autres.

On sait que c’est une transmission par gouttelettes. Ils respirent très fort, ils toussent. On est donc dans un milieu très propice à la transmission.


Q. Les ligues majeures procèdent à des contrôles de température. Est-ce suffisant?

R. Il y a des gens qui ne deviennent jamais symptomatiques. Et parmi les gens qui ont des symptômes, il y a quand même pour une bonne proportion d’entre eux le fait que la fièvre n’est pas le premier symptôme qu’ils présentent. Alors, prendre la température, c’est bien, mais ce n’est certainement pas un test très précis et très spécifique.


Cécile Tremblay sourit pour la photo.

Cécile Tremblay, microbiologiste infectiologue au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM)

Photo : recherche.umontreal.ca

Q. Le système du baseball majeur est-il efficace?

R. Une pandémie, c’est aléatoire. Il s’agit qu’il y ait une personne qui portait le virus pour facilement le transmettre à plusieurs personnes. Certaines équipes peuvent être chanceuses et ne pas avoir de cas. Mais comme les joueurs ne sont pas dans une bulle, ils retournent dans leur famille, voient leurs amis et peuvent l’attraper à toutes sortes d’endroits.


Q. Les systèmes mis en place par la MLS, la NBA et la LNH, avec des villes bulles, sont-ils mieux adaptés?

R. On améliore les probabilités de restreindre la contamination. Un peu comme s’ils s’étaient mis en quarantaine, et on sait que la quarantaine, c’est efficace. Si on n’a pas eu de symptômes et qu’on n’a pas porté le virus, comme on sait que la période d’incubation du virus va de 5 à 14 jours, si on respecte la quarantaine et qu’on ne rencontre aucune personne, on a de bien meilleures probabilités de rester dans une bulle où il n’y aura pas de transmission.


Q. Les matchs sont à huis clos, mais ici au Québec, on commence à permettre de plus grands rassemblements. Si on extrapolait à l’Impact de Montréal, quand il recommencera sa saison, si on permet à 250 personnes de voir un match, malgré des mesures qui seraient prises, trouvez-vous qu’on sous-estimerait les effets et les risques de contagion?

R. Je ne suis pas en faveur d’augmenter le nombre de personnes dans les rassemblements parce qu’on voit la volatilité de la situation, et on voit comment ce virus-là est contagieux. L’exemple des Marlins est frappant. Tout à coup, il y a 14 personnes contagieuses. Plus on augmente le nombre de personnes dans un rassemblement, plus on augmente le risque qu’un cas provoque de façon exponentielle une infection qui devient finalement un incendie.

Ensuite, il faut retracer tous ces contacts-là, ces personnes-là, et leurs contacts, car ils retournent chez eux et entrent en contact avec d’autres. Donc, ça crée un énorme problème de santé publique. Et on risque de déclencher une deuxième vague qu’on ne veut pas.

Je ne suis pas en faveur d’accélérer le processus de rassemblements, il faut que les gens prennent leur mal en patience. On a encore peut-être une année à vivre où l'on devra faire des sacrifices, jusqu’à ce qu’il y ait un vaccin efficace ou des traitements efficaces.

Cécile Tremblay, microbiologiste infectiologue au CHUM

D’ici ce temps-là, il faut essayer de limiter le plus possible les rassemblements.


Q. Pour la relance de la LNH, chaque équipe compte 50 personnes. Il y a donc 12 équipes de 50 personnes chacune à Toronto et à Edmonton. Il y a bien sûr des intérêts économiques, mais trouvez-vous que des événements sportifs, même à huis clos, ont leur raison d'être en 2020?

L’expérience va nous montrer ce qui était faisable et ce qui ne l’était pas. On a l’impression que les équipes sportives qui ont accepté d’être dans des bulles, de faire des quarantaines, ont plus de probabilités de succès que d’autres approches.

Si les équipes de hockey le font, que les joueurs se font tester régulièrement et qu'ils n’ont pas de contacts avec l’extérieur pendant une période de temps, c’est très exigeant pour les joueurs, est-ce que c’est réaliste? Je ne le sais pas, mais ça augmenterait les probabilités de succès.

Si les équipes retournent dans leurs communautés tous les soirs, si les joueurs se retrouvent ensemble dans les vestiaires, et qu’on ne fait que surveiller leur température, c’est inévitable qu’il y aura des éclosions.

(Avec les informations de Michel Chabot)

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !