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« 2020 aurait pu être mon année » - Mohammed Ahmed

En maillot blanc et avec des lunettes, il dispute une course.

Le Canadien Mohammed Ahmed en 2018

Photo : AFP/Getty Images / SAEED KHAN

La Presse canadienne

Mohammed Ahmed devrait être en ce moment à Tokyo pour y préparer le plus grand moment de sa carrière : les Jeux olympiques. Il garde la forme d'ici là, à coup de records canadiens.

Quand Mohammed Ahmed a battu un record canadien sur 5000 m le 11 juillet à Portland, en Oregon, dans une école secondaire, il n'y avait presque personne pour l'applaudir.

Pour réussir son chrono de 12 min 47 s 20/100, l'athlète de St. Catharines, en Ontario, a passé la course à calculer pour trouver le rythme qui lui permettrait d'abaisser sa marque. Ahmed l'a fracassée par 11 secondes.

Je faisais des calculs dans ma tête, se souvient Ahmed dans un entretien à La Presse canadienne. Je regardais le chrono, et je voyais que j'étais dans les temps. J'étais complètement dans ma bulle. Je n'ai pas arrêté de calculer, de me parler et d'utiliser les repères que j'avais préparés pour y arriver.

Ahmed a aussi entendu les comptes-rendus de son entraîneur Jerry Schumacher et les encouragements de son frère Ibrahim.

Ce record canadien était aussi un record d'Amérique du Nord. Il est aujourd'hui 10e au classement des meilleures performances de l'histoire sur 5000 m.

Il sait qu'en ce moment, il devrait être à Tokyo, à s'installer au village olympique.

Bien sûr, je regrette que la crise de la pandémie et le report des Jeux olympiques m'empêchent de profiter de tout le travail que j'avais fait pour arriver prêt à Tokyo.

La pandémie a frappé juste après un gros camp d'entraînement en altitude en janvier et en février. Je me suis dit : "Ah non!"

Mohammed Ahmed avait remporté la médaille de bronze aux Championnats du monde de Doha, le 30 septembre 2019.

Cette année 2020 aurait pu être mon année, affirme-t-il. Mais les prochaines le seront peut-être aussi. Quand vous rêvez de remporter des médailles en battant les meilleurs du monde, vous devez être capable de traverser ces moments difficiles.

Après une course, il est couché au sol, les bras en croix.

Mohammed Ahmed a représenté le Canada aux Jeux olympiques de 2012 et de 2016.

Photo : Getty Images / Antonin Thuillier

Pour faire face à la pandémie, son entraîneur a simplement scindé l'équipe en plusieurs petits groupes, pour que les athlètes puissent garder leurs distances entre eux.

La quarantaine n'est pas pour nous quelque chose d'inconnu, fait remarquer Ahmed. Nous courons, et nous rentrons à la maison, nous restons entre nous.

Ce qui était plus dur, c'était de voir l'anxiété dans le regard des gens, précise-t-il.

Il faisait partie des favoris au 5000 m à Tokyo en 2020. Le champion olympique de 2016, le Britannique Mohamed Farah, l'a couru en 13:03,30.

L'Éthiopien Kenenisa Bekele détient le record du monde en 12:37,35. Son record olympique est plus lent de... 20 secondes.

Tous les coureurs que j'affronte peuvent faire exactement ce que je suis capable de faire, explique Ahmed. Vous devez être dans la meilleure condition physique possible, et vous devez avoir une bonne dose de courage.

C'est sur quoi je travaille en ce moment, plus que tout, le courage. Le podium, j'y crois, et je peux l'atteindre, ajoute-t-il.

Une période mouvementée à Portland

La ville de Portland, où habite Mohammed Ahmed, a connu dans les deux derniers mois des manifestations pour dénoncer le racisme.

Il y a des manifestants qui sont sortis dans la rue pendant 58 nuits d'affilée pour demander du changement. Et voir le gouvernement s'interposer et violer leur droit de s'exprimer, ça brise le cœur, admet-il. Je félicite les manifestants d'avoir fait ça.

Les États-Unis sont à feu et à sang, lance le coureur canadien dans un soupir.

Mohammed Ahmed, originaire de Somalie, est arrivé au Canada à l'âge de 11 ans. Il a choisi de vivre aux États-Unis, à Portland, où il a déjà vécu du profilage racial.

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