•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Jeux de Tokyo : le casse-tête du Comité olympique canadien

Plusieurs membres de la délégation canadienne à la cérémonie d'ouverture des Jeux de Rio en 2016

Le Comité olympique canadien ne chôme pas avec le report des Jeux de Tokyo.

Photo : Getty Images / Dean Mouhtaropoulos

Diane Sauvé

On pourrait croire que le Comité olympique canadien (COC) a ralenti le rythme avec le report des Jeux de Tokyo à l’an prochain. Mais c'est tout le contraire. Le COC est à pied d’oeuvre pour assembler tous les morceaux du nouveau casse-tête olympique.

Je pense que tout le monde demeure surpris du volume de travail que ça a généré, lance Marie-Andrée Lessard, athlète olympique en volleyball de plage en 2012 et maintenant directrice des Jeux au COC.

Je ne l’ai pas vu encore le mode mollo.

Marie-Andrée Lessard, directrice des Jeux au COC

Celle qui est en télétravail depuis mars avec son équipe s’affaire à la logistique pour la délégation canadienne. Et depuis le report des Jeux, ça n’a jamais dérougi. On travaille à reporter, à réorganiser, à signer de nouveaux contrats.

On a fait une évaluation des impacts du report des Jeux à travers l'organisation, puis il y avait plus de 123 projets qui devaient être amendés, reportés, modifiés, explique-t-elle.

Il y a eu le contrat pour le transport aérien à revoir, celui aussi des 286 chambres d’hôtel à assurer pour 2021.

Et la gestion des vêtements olympiques pour le Canada relève presque de la science. Le COC, de concert avec La Baie d’Hudson, a conçu des vêtements pour contrer la chaleur et l’humidité de Tokyo.

On ne peut pas laisser les vêtements dans des sacs pendant un an, parce qu’ils vont perdre complètement toutes leurs propriétés. On doit mettre en place des protocoles pour bien entreposer à une température contrôlée, une humidité contrôlée pour s'assurer que les propriétés vont être encore là l'année prochaine.

Marie-Andrée Lessard

En tout, il y a 46 000 items à déballer des sacs de plastique (recyclables), dont 35 000 à entreposer. Un travail de moine!

Elle est en télétravail.

Marie-Andrée Lessard, directrice des Jeux du COC

Photo : Radio-Canada / Jean-François Vachon

Le Comité olympique canadien a également dû ramener des mâts de voile déjà rendus à Tokyo. Il devait aussi envoyer par cargo beaucoup de nourriture pour les athlètes. Devant le report des Jeux, le COC a fait un don de denrées à Moisson Montréal ce printemps.

Qualifications et boule de cristal

Environ 57 % des 11 000 athlètes prévus aux Jeux olympiques de Tokyo ont déjà leur laissez-passer. Ces athlètes déjà qualifiés le restent. Mais pour les autres, tout le processus de qualification a dû être revu.

Le Comité olympique canadien et les fédérations nationales ont donc refait leurs devoirs.

On travaille de concert avec les organismes nationaux de sport pour qu'ils émettent de nouveau leur procédure de nomination interne un an avant la tenue des Jeux, pour que les athlètes aient vraiment une vision claire, mentionne Marie-Andrée Lessard. Qu'est-ce que ça va prendre pour faire partie de l'équipe olympique l'année prochaine?

Pour les prochains mois, l’équipe des Jeux du COC planche sur différents scénarios quant aux mesures sanitaires pour l’été prochain. C'est un défi en soi parce que la situation de la COVID-19 évolue constamment.

Des passantes masquées marchent devant l'horloge du compte à rebours.

À Tokyo, un an avant les Jeux de 2021

Photo : Getty Images / Tomohiro Ohsumi

Si quelqu'un est capable de me prédire ce que le monde va avoir l’air dans un an, je l'engage tout de suite.

Marie-Andrée Lessard

C'est d'établir ce que vont être les protocoles d'hygiène au sein du village. Ça va être quoi l'aventure olympique pour un athlète qui arrive? Qu'est ce qu'on va demander des organismes sportifs pour nous démontrer qu'ils étaient dans une bulle auparavant? Quelles vont être les mesures du comité organisateur?

Pékin 2022, six mois plus tard

Pour rajouter au défi, les Jeux d’hiver de Pékin en 2022 auront lieu seulement six mois après ceux de Tokyo.

La dernière fois que des Olympiques étaient si rapprochés, c’était il y a 30 ans, aux Jeux d’hiver et d’été de 1992 à Albertville et à Barcelone.

Il a donc fallu revoir les échéanciers pour être en mesure de tout livrer à temps.

On a dû évaluer les ressources en termes de personnel pour livrer tous nos programmes pour ces deux Jeux-là. Entre Tokyo et Pékin, on a des visites de sites, on a des séminaires de préparation olympique. Qu'est-ce qu’on peut faire maintenant pour se donner un petit peu plus de lousse l'année prochaine?

Tout le monde est conscient dans l'équipe qu'en janvier 2021, le rythme va être soutenu jusqu'à la livraison des Jeux de Pékin.

Marie-Andrée Lessard

Malgré la pandémie qui reprend de la vigueur et l’incertitude quant à la suite des choses, l’équipe des Jeux du COC préfère ne pas s’attarder à l’annulation possible des Jeux olympiques en 2021.

On insiste : tous les efforts sont déployés pour assurer la santé et sécurité des athlètes et pour soutenir leur performance.

Nostalgie

Si la dernière semaine a été éprouvante pour certains athlètes qui auraient dû défiler aux Jeux olympiques de Tokyo, il y a aussi un certain vague à l’âme au sein du personnel du Comité olympique canadien.

Rosie MacLennan mène la délégation canadienne lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Rio.

Rosie MacLennan mène la délégation canadienne lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Rio.

Photo : Getty Images / Clive Brunskill

On a pu le sentir lors des réunions virtuelles, affirme-t-elle.

Il y a beaucoup de moments qui ont été marqués dans nos conversations : "Ah! Aujourd'hui, ça aurait été le moment où je prenais le vol pour me rendre à Tokyo. Aujourd'hui, c'était l'ouverture du village." Il y a un sentiment mixte d'entrain, d’efforts déployés pour livrer Tokyo l'année prochaine, mais aussi une certaine nostalgie.

Marie-Andrée Lessard

C’est tout un baptême du feu pour Marie-Andrée Lessard, en poste depuis à peine six mois. La volleyeuse de plage a l’habitude du sable, mais pas aussi mouvants que ceux-ci.

Sa consolation? Elle a un an de plus pour se faire la main.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Coronavirus

Sports