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Le cyclotourisme de plus en plus populaire au Québec

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Des cyclistes sur la Route verte

Des cyclistes sur la Route verte

Photo : Vélo-Québec / Nicolas Audet

Michel Chabot

En cette période de pandémie, les vacanciers sont plus nombreux à voyager au Québec et à se tourner vers le cyclotourisme, une façon différente de découvrir de nouvelles régions.

La popularité du vélo est en hausse un peu partout au Québec. De nombreux magasins peinent à maintenir un inventaire tant les consommateurs en achètent depuis le printemps. Et dans les rues et les pistes cyclables un peu partout, les cyclistes sont plus nombreux.

L’achalandage a augmenté considérablement sur les réseaux cyclables en ville, notamment. Ç’a doublé dans bien des cas au Québec cette année et c’est vrai aussi en région, affirme Nicolas Audet, coordonnateur au développement de la Route verte à Vélo Québec.

Élisa Moreno, une étudiante en biologie originaire de France, revient de sa toute première excursion.

Je suis partie de Montréal, je suis allée jusqu’à Trois-Rivières, Québec et dans le Saguenay par le fjord, sur la Rive-Nord, le tour du lac Saint-Jean, dit la jeune femme de 20 ans.

Hugo Fluet, étudiant à la maîtrise en relations internationales, s’apprête pour sa part à vivre son baptême du tourisme sur deux roues dans quelques semaines.

Je pars de Rosemont-Petite-Patrie et je me donne 14 jours précisément pour me rendre, minimum, à Carleton-sur-Mer, maximum à Percé, raconte-t-il.

Un homme sourit près de son vélo.

Hugo Fluet et son vélo sur lequel il voyagera de Montréal jusqu'en Gaspésie.

Photo : Radio-Canada / Yves Chartrand

Son itinéraire n’est toutefois pas si rigide. Il laissera libre cours à la découverte et aux rencontres au fil de la route.

Je me suis laissé pas mal de place à la spontanéité et je ne vire pas fou de devoir faire absolument un certain kilométrage par jour. Justement, s’il y a des jours où j’en fais beaucoup moins ou des jours un peu plus, c’est ça que c’est et je garde ça relaxe.

Hugo Fluet

C’est très bien de prendre les choses avec spontanéité, ajoute Élisa Moreno. Tu ne sais jamais qui tu vas rencontrer et ce qui peut t’arriver dans ta journée. Tu peux trouver un endroit qui va vraiment te permettre de camper et rester là pour voir le lever du soleil le matin.

Préparation et improvisation

Hugo, 27 ans, a mis près de deux mois pour trouver un bon vélo et tout l’équipement nécessaire au coût d’environ 1500 $ sur les sites web des petites annonces.

Ça m’a coûté quand même beaucoup moins cher, mais c’est un travail de longue haleine et de patience de chercher chaque jour sur Marketplace et Kijiji pour finalement trouver ce dont tu as besoin, dit-il.

Si Hugo a bien pris soin de planifier son expédition, Élisa, elle, est partie sur un coup de tête avec un simple vélo de ville, usagé également, et un équipement rudimentaire. Tout ça pour moins de 1000 $. Son but initial était d’aller voir les baleines à Tadoussac.

J’ai regardé sur Google, j’ai dit : "Ça fait à peu près 500 kilomètres, ce n’est pas impossible", relate-t-elle. Donc, je me suis lancée, j’ai tout acheté en cinq ou six jours.

La jeune femme sourit à la caméra.

Élisa Moreno

Photo : Élisa Moreno

À part quelques crevaisons, qu’elle a appris à réparer elle-même, cette étudiante en biologie a été ravie par son périple et par les nombreuses rencontres faites en chemin.

Les gens ont vraiment été très, très accueillants. Il n’y a pas une seule fois où je me suis retrouvée à la rue pour dormir. Je n’ai jamais demandé. Ce sont toujours les gens qui sont venus : '‘Tu as quelque part à dormir ce soir?'' J’ai dormi dans des étables, dans des chambres, dans des jardins. Pour une première expérience, ç’a vraiment été très bien.

De son côté, Hugo Fluet a l’intention d’utiliser le service en ligne Warmshowers pour des séjours chez l’habitant.

C'est pratique pour avoir des endroits parfois où coucher quand il n’y a pas d’autres options et, en plus, ça permet de rencontrer des gens, explique-t-il. C’est très convivial.

Élisa Moreno a parfois peiné à gravir les pentes abruptes, dans Charlevoix particulièrement, mais elle dit avoir bénéficié du soutien moral des gens qu’elle croisait.

C’est vraiment extraordinaire parce que, une fois en haut des côtes, tellement on est content, les gens klaxonnent et nous applaudissent. Beaucoup de personnes encouragent au fur et à mesure. Ils te disent : "Allez, tu peux y arriver, va jusqu’au bout." C’est vraiment quelque chose que les Québécois ont fait. C’est vraiment apprécié.

Élisa Moreno

La jeune Française reconnaît qu’utiliser seulement deux sacoches arrière était une erreur et que la prochaine fois, elle équilibrera mieux le poids de ses bagages avec l’ajout de deux autres sacoches à l’avant du vélo.

Hugo, lui, avait prévu le coup grâce à ses nombreuses recherches.

J’ai acheté deux sacoches arrière, comme ça j’ai mon sac de couchage dans l’une d’elles. Dans l’autre, j’ai tout mon stock de camping, pompe, matériel de réparation, etc. J’ai ma tente, mon tapis de sol. Dans les sacs avant qui sont plus imperméables, j’ai pas mal tous mes vêtements et tout ce que je veux vraiment qui reste au sec. Mes sacs sont à moitié pleins. Je me laisse de l’espace pour de la nourriture ou autre chose que j’aurais peut-être oublié, mentionne-t-il.

Des formules plus accessibles

Évidemment, ce type de voyage en autonomie ne plaît pas à tous. D’autres préféreront, par exemple, une excursion organisée et que leurs bagages soient transportés d’une auberge à l’autre. L’important avant de partir est de se poser certaines questions, comme l’expose Nicolas Audet.

Est-ce que j’ai envie de partir faire des longues distances, dormir en camping ou est-ce que j’ai envie de me la couler un peu plus douce? Ensuite, de quoi suis-je capable? Est-ce que moi je suis capable de rouler 150 ou 100 km par jour ou si 30 km par jour, c’est amplement suffisant? Donc, pour ça, c’est de rouler un peu, faire de petites sorties et voir de quoi on est capable.

Un cyclotouriste prend une pause devant le Rocher Percé.

Un cyclotouriste prend une pause devant le Rocher Percé.

Photo : Vélo-Québec / Magalie Dagenais

Et pour se donner des idées de trajets, le guide de la Route verte, qui s’étend sur 5300 km partout dans la province, est disponible en ligne et en version papier.

Il y a des cartes très détaillées par sections, où on va voir le type de chaussée, précise M. Audet. Est-ce qu’on est sur piste cyclable, est-ce qu’on est sur route, est-ce qu’on a des pentes fortes, est-ce qu’on a des hébergements Bienvenue cyclistes qui offrent des services vraiment adaptés aux cyclistes comme un espace où ranger son vélo en sécurité?

Les curieux peuvent aussi consulter les diverses pages Facebook de cyclotourisme au Québec, là où de nombreux autres aventuriers répondront à leurs questions avant le départ, mais aussi une fois le voyage amorcé.

Je suis allé chercher de l’information là-bas, indique Hugo Fluet. Quand tu as des questions, c’est vraiment pratique. Tu peux avoir la rétroaction de gens qui en ont déjà fait.

Tu poses une question, il y a vraiment de la réaction, renchérit Élisa Moreno. Les personnes vont t’aider. Elles savent que tu es dans l’aventure et elles te répondent en direct.

Un vélo appuyé sur un banc au bord du fleuve Saint-Laurent

La monture d'Élisa

Photo : Élisa Moreno

Pour éviter un maximum de problèmes, la meilleure solution est de partir avec une monture qui fonctionne bien.

Ce qui est important, c’est d’avoir un vélo qui est quand même confortable, solide et surtout en bon état. Si vous n’en êtes pas certains, c’est une très bonne idée de faire une mise au point ou de la faire faire dans un atelier de vélo ou avec un ami qui connaît bien ça.

Nicolas Audet, coordonnateur au développement de la Route verte à Vélo Québec

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