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chronique

Salt Lake City 2002 : trois incroyables histoires

Il célèbre sa victoire, tandis qu'un patineur est étendu sur la glace et que l'autre se relève.

Steven Bradbury célèbre sa victoire devant Apolo Anton Ohno et Mathieu Turcotte.

Photo : Getty Images / Clive Mason

S’il y a un mot galvaudé dans le monde du sport, c’est bien le mot « incroyable ». On vous le sert à toutes les sauces, parfois les plus fades. Mais trois événements survenus aux Jeux de Salt Lake City méritent amplement l’appellation.

Commençons avec le patineur australien Steven Bradbury. Parce que jamais le destin n’avait autant favorisé un athlète dans une compétition.

Quatre cadeaux

Meilleur patineur de l’hémisphère sud, Bradbury avait profité de la vague de qualification la plus faible pour se hisser en quarts de finale du 1000 m en patinage de vitesse sur courte piste. Dans cette deuxième course, disputée à quatre, Marc Gagnon a eu un accrochage avec le Japonais Naoya Tamura. Bradbury en a profité pour passer devant et prendre le 2e rang, ce qui lui a valu une place en demi-finale.

Cette fois, il devait faire face à quatre patineurs détenant de meilleures marques personnelles que la sienne. Le Coréen Kim Dong-sung a chuté, tandis que le Japonais Satoru Terao a fait tomber le Canadien Mathieu Turcotte. Bradbury a profité de l’aubaine pour finir devant, sans forcer, et assurer sa place en finale.

On a disqualifié Terao et permis à Turcotte d'atteindre la finale. Ça allait donc se jouer à cinq.

Couronnement

Le rythme de la finale s’est accéléré à mi-parcours. Il devenait évident que l’Australien avait du mal à suivre. Il peinait à rester avec le peloton de quatre patineurs qui jouaient au plus fin devant lui pour établir leur positionnement. Dans le dernier tour, il y a eu une formidable accélération des quatre meneurs. Bradbury, poussif, traînait derrière.

Dans la dernière courbe, le Chinois Li Jiajun a commis une obstruction. Il sera disqualifié, mais il a fait chuter tout le peloton! Un seul restait debout... Bradbury, largué, s'est frayé un chemin jusqu’à la ligne d’arrivée qu’il a franchi le premier.

Devant ses compatriotes américains, Apolo Anton Ohno s'est relevé et a remporté l’argent. Mathieu Turcotte l'a suivi avec la médaille de bronze. Mais l’or est revenu à Steven Bradbury, béni, mais à bout de souffle.

Marc Gagnon, lui en a gagné deux, sur 500 m et au relais, en plus du bronze au 1500 m. L’émission Souvenirs olympiques lui sera consacrée samedi, à 18 h 30, sur ICI Télé.

Deuxième histoire

Boum!

Un mot pour résumer le triste sort du Canadien Jeremy Wotherspoon en patinage de vitesse sur longue piste à Salt Lake City.

Wotherspoon était champion du monde sur 500 m et détenteur de la marque mondiale. Il était tellement favori dans son épreuve que ses rivaux s'étaient résignés à lutter pour l’argent et le bronze.

Et puis, boum!

Dès le départ de sa vague, Wotherspoon a perdu pied et s’est étendu de tout son long... il n’a pas fait 20 mètres.

Au cours de sa brillante carrière, il va remporter 67 épreuves en Coupe du monde (un record), mais une seule médaille olympique, l'argent à Nagano quatre ans plus tôt sur 500 m.

Vladimir qui?

Au hockey, le Canada a enlevé l’or olympique à Salt Lake City pour la première fois en 52 ans. Mais peu d’entre nous se souviennent qu’il avait amorcé son parcours avec un cuisant revers de 5-2 contre la Suède.

Une courte victoire de 3-2 contre l’Allemagne lui avait valu une place en phase éliminatoire comme troisième de son groupe. Ouf!

On voyait poindre à l’horizon un autre match contre les redoutables Suédois en demi-finale. Mais la Suède s’est fait surprendre par le Bélarus dans les quarts de finale. Une défaite de 4-3 malgré une domination de 47-19 au chapitre des tirs.

C’est un certain Vladimir Kopat, porte-couleurs du glorieux Nizhnekamsk Neftekhimik (vous avez le droit de relire), qui avait inscrit le but vainqueur d’un tir du centre de la patinoire que le gardien Tommy Salo avait laissé passer.

C’est un cauchemar que Salo a revécu en pensées jusqu’à la fin de sa carrière. À 32 ans, il a perdu son poste de numéro un à Edmonton la saison suivante et n’a plus jamais été le même.

L’équipe canadienne, elle, en a profité pour s’offrir un pique-nique de 7 à 1 en demi-finale contre le Bélarus.

Incroyable! Vous pouvez me croire.

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