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La clé de voûte des unités spéciales du Canadien

Ils discutent.

Claude Julien en discussion avec Brendan Gallagher, Jonathan Drouin et Joel Armia

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

À choisir, disait Claude Julien cette semaine, mieux vaut une équipe dominante à cinq contre cinq plutôt qu’en avantage numérique. À tout prendre, par contre, mieux vaut les deux.

Aucun doute que j’aimerais avoir un avantage numérique à point qui marque des buts, avait lancé l’entraîneur lundi. En séries, tu joues contre la même équipe. C’est plus facile de s’ajuster sur le désavantage numérique et ça devient plus difficile pour l’avantage numérique de marquer. Si tu marques à cinq contre cinq et que ton désavantage ne donne pas de buts, une bonne défensive va toujours être la meilleure recette.

Le vieil adage qui veut que la défense gagne des championnats a la vie dure. Il se vérifie parfois, pas toujours.

Si les Blues de Saint Louis de l’an dernier tendent à lui donner raison avec leur 12e place en supériorité numérique pendant les éliminatoires, les Bruins de Boston, finalistes battus en sept matchs, caracolaient en tête avec un but à toutes les trois occasions.

En 2018, les Capitals ont maintenu une efficacité de 29,3 % et les Penguins ont toujours affiché plus de 20 % d’efficacité lors de leur double conquête de 2016 et 2017.

Bref, on comprend que l’entraîneur ne se fout pas de son attaque à cinq. C’était manifeste jeudi.

Le CH amorce la dernière étape de son camp estival et peaufine une préparation taillée sur mesure, costume trois-pièces, pour les Penguins de Pittsburgh.

L’équipe a passé près de 40 minutes sur la glace à s’exercer uniquement sur les unités spéciales. Un labeur exigeant où les unités d’attaque massive et les tandems de désavantage se succédaient sans relâche.

Julien et ses acolytes fouillent, se creusent la tête pour dénicher des combinaisons qui feront sortir des bas-fonds leur supériorité, 22e cette saison et 30e l’an dernier.

Ainsi sont réunis Nick Suzuki et Tomas Tatar, plutôt des abonnés de la deuxième vague pendant la campagne, avec Shea Weber et Jonathan Drouin. Jeudi, Drouin s’est inséré dans l’enclave pendant un moment, la position de prédilection du tireur, lui qui normalement distribue la rondelle quelque part sur les flancs.

Weber défend sa position contre Drouin.

Jonathan Drouin (à gauche), Shea Weber et le Canadien étaient de retour à l'entraînement, lundi.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Peu de temps après, peut-être pas convaincu, Julien le renvoyait à la gauche du capitaine, près de la rampe. Pendant ce temps, la deuxième unité était coulée dans le béton et pilotée par Max Domi sur le flanc droit et Jeff Petry à la pointe.

L’on a vu quelques fulgurances en attaque ici et là, mais l’on a surtout été témoin de l’efficacité redoutable de Phillip Danault et Artturi Lehkonen à court d'un homme. Un jeu brisé, une échappée par-ci, un joli filet par-là.

Pendant que Petry faisait une passe à l’ennemie dans sa zone, que Jesperi Kotkaniemi, pourchassé par Paul Byron, causait un revirement à la ligne bleue, l’unité d’infériorité paraissait franchement à point. D’un autre côté, il n’y a pas beaucoup de Sidney Crosby dans l’uniforme du Bleu-blanc-rouge.

Lehkonen a fait preuve d’une grande clémence à l’endroit de ses coéquipiers.

En avantage numérique, c’est une question d’aisance avec la rondelle. Ils travaillent là-dessus. Phil et moi jouons ensemble depuis longtemps en désavantage. C’est vraiment facile de jouer avec lui. Je sais ce qu’il va faire en toutes circonstances, a laissé tomber le Finlandais.

J’ai aimé ce que j’ai vu, surtout au début, a spécifié l’entraîneur-chef. Il y avait de la fatigue à la fin. Les gars sont moins intenses, prêtent moins attention aux détails. Au début, l’avantage numérique était bon, je trouvais que les gars bougeaient la rondelle rapidement. Ils avaient une bonne idée de ce qu’ils voulaient faire. En désavantage, on a vu des gars expérimentés et agressifs quand on leur demande de lire le jeu un peu mieux.

Eut-il fallu qu’ils lisent le jeu un peu mieux, ils auraient probablement privé Joel Armia du seul but marqué par l’avantage numérique. Ce n’est pas un décompte officiel, c’est le nôtre, corroboré toutefois par d’autres sources sur la galerie de presse. Un but en 40 minutes avec l’avantage d’un homme. L’exercice a donc pris fin sur une égalité de 1-1, Lehkonen ayant déjoué Cayden Primeau en échappée.

Alors, bonne ou mauvaise nouvelle? L’inefficacité apparente de la supériorité numérique vient-elle d’une certaine inertie ou du brio des défenseurs? Dans ce dernier cas, les spécialistes du désavantage pourront-ils reproduire la chose contre une équipe dotée de joueurs d’exception?

À moins que ce ne soit la piètre qualité de la glace après un certain temps qui, honnêtement, nuisait considérablement aux attaquants lors des entrées de zone. Une excuse balayée par Julien.

Si on s’est plaint de la qualité, ce n’est peut-être pas une mauvaise chose qu’on réalise qu’on va jouer à 20 h après des matchs qui auront eu lieu à midi et à 16 h. Il va falloir qu’on s’y habitue. Les deux équipes vont faire face au même genre de glace, a indiqué le pilote.

Les Penguins comptent trois pointeurs parmi les 10 meilleurs en avantage numérique au cours des trois dernières saisons combinées (Crosby, Evgeni Malkin et Phil Kessel, maintenant avec les Coyotes). Quatre de leurs joueurs ont réussi plus de 50 points avec l’avantage d’un homme, soit les trois susmentionnés et Kris Letang. Aucun du côté du Canadien.

Sidney Crosby, Evgeni Malkin, Kristopher Letang et Jake Guentzel

Sidney Crosby, Evgeni Malkin, Kristopher Letang et Jake Guentzel

Photo : The Associated Press / Gene J. Puskar

À Pittsburgh toutefois, on murmure que l’attaque massive n’est plus la même depuis le départ de Kessel. Les Penguins ont terminé au 1er rang à ce chapitre en 2017-2018, au 5e en 2018-2019, mais n’étaient que 16es cette saison. À l’entraînement, on tenterait de confier le rôle de franc-tireur qu’occupait Kessel à Jarred McCann qui, malgré d’indiscutables qualités, n’est pas encore de la graine des marqueurs de 30 buts.

Notons toutefois que Jake Guentzel (30 matchs), Crosby (28), Malkin (14) et Letang (8) se sont tous absentés à différents moments, rendant la cohésion de l’attaque à cinq plus aléatoire.

Si le Tricolore ne marque pas avec un homme en plus, l’unité d’infériorité devra être irréprochable. Elle y parviendra grâce à un fragile équilibre selon Julien.

Si tu leur donnes du temps et de l’espace, avec des gars comme ça, ils vont te le faire payer. Mais si tu es trop agressif et téméraire, ils vont te le faire payer aussi. Il faut être intelligent. Quand la rondelle est libre le long de la rampe ou quand ils te tournent le dos, tu as une chance. On aura besoin que notre désavantage numérique soit au sommet de son art, a conclu l’entraîneur.

Certes. Car à défaut de trouver la clé de voûte, le Canadien risque de prendre celle des champs.

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