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Grand talent, grandes responsabilités pour Jonathan Drouin

Ils luttent pour la possession de la rondelle.

Jonathan Drouin (92) et Bryan Rust dans le coin de la patinoire

Photo : Associated Press / Gene J. Puskar

Alexandre Gascon

Au détour d’une réponse, sans avoir l’air d’y toucher, Claude Julien a laissé tomber une phrase clé, l’essence même de la philosophie qui permettrait au CH de renverser les Penguins, cette dynastie vieillissante.

Je ne vais pas former mes trios pour bien défendre contre les Penguins, mais pour battre les Penguins.

Claude Julien

Grand cas est fait, avec raison, des confrontations entre, d’un côté, les trios menés par Sidney Crosby et Evgeni Malkin, et de l’autre, les valeureux membres du Tricolore qui hériteront de l’ingrate tâche de les freiner pendant la série préliminaire du tournoi de relance de la LNH à Toronto.

Celui piloté par Phillip Danault se taillera la part du lion, c’est acquis. Par la suite, ça se complique. Julien ne dispose pas d’une quatrième unité de vétérans à caractère strictement défensif, comme il l’aime tant, pas plus que d’un autre centre expérimenté en qui il peut vouer une confiance aveugle.

Alors, au fond, pourquoi se soucier d’opposer un trio précis à Malkin quand, au bout du compte, l’entraîneur Mike Sullivan déterminera souvent les confrontations dans les deux premiers matchs puisque les Pens seront officiellement les hôtes.

Tu affrontes qui tu affrontes. Tout le monde sait qu’ils ont beaucoup de profondeur. Crosby, Malkin, les Marleau de ce monde sur un troisième trio. Il faudra se lever et faire le travail. On devra être meilleurs qu’eux. Ils ont beaucoup d’expérience, on n’en a pas tant que ça. Il faut l’accepter, vivre avec et être confiants qu’on peut mieux jouer qu’eux. On est confiants, il faut le démontrer, a expliqué Julien mercredi.

Evgeni Malkin et Sidney Crosby des Penguins de Pittsburgh

Evgeni Malkin et Sidney Crosby des Penguins de Pittsburgh

Photo : Getty Images / Jamie Sabau

En ce qui a trait à l’expérience, difficile de contredire l’entraîneur du Tricolore. Les 13 premiers attaquants du CH, les 7 défenseurs et le gardien numéro un totalisent 333 matchs de séries éliminatoires. Le 87 et le 71 réunis? 326.

Un déséquilibre que tente de contrer le pilote montréalais justement en répartissant ses forces, du moins, si l’on peut se fier aux combinaisons aperçues à Brossard ces jours-ci.

À l’inexpérience de Jesperi Kotkaniemi, il joint les zélés et acharnés Artturi Lehkonen et Paul Byron. Même si Max Domi venait à prendre la place du Finlandais dans l’axe, le jeune homme apprend encore la position de joueur de centre et de fiables ailiers ne lui nuiront certainement pas.

Et surtout, Julien mise sur un trio qui a théoriquement tout en main pour lui donner un sérieux coup de pouce : celui de Jonathan Drouin, Nick Suzuki et Joel Armia.

De toute façon, Carey Price l’a dit plus tôt cette semaine, on devra tous se dépasser.

À Drouin d’être prêt

C’est particulièrement vrai pour Jonathan Drouin. Le numéro 92 vole sur la glace et assure être complètement remis de ses blessures au poignet et à la cheville qui ont transformé un départ de rêve en une saison cauchemardesque.

Il reprend là où il avait laissé avec Suzuki et Armia. Le trio a joué environ 42 minutes à cinq contre cinq en février, au moment où le CH s’enfonçait, avec des résultats plutôt décevants. Leurs indicateurs de possession de rondelle étaient intéressants, mais, au bout du compte, ils ont accordé cinq buts et n’en ont marqué aucun. Vilain.

Le bel équilibre théorique entre leur créativité en attaque et leur fiabilité défensive, particulièrement dans le cas de la recrue et du Finlandais, fait toutefois de ce trio l’arme de prédilection pour l’opposer à celui de Malkin, Jason Zucker et Bryan Rust.

Écartons le seul duel que Drouin a disputé cette saison face à la bande à Crosby. Il était encore blessé et n’a que très peu joué contre les deux vedettes. En 2018-2019, le Québécois s’est bien débrouillé, particulièrement contre le grand Russe des Penguins.

Jonathan Drouin bien surveillé par Sidney Crosby (à gauche) et Kristopher Letang

Jonathan Drouin avec Sidney Crosby (à gauche) et Kristopher Letang

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

En 14 minutes de jeu à cinq contre cinq face à Malkin, le trio de Drouin, qui incluait Max Domi, a contrôlé près de 60 % des tentatives de tirs. S’il n’a pas réussi à marquer, il n’a pas non plus cédé.

Malgré les failles défensives du buteur de Sainte-Agathe, difficile de s’en étonner. C’est le genre de défi qu’embrasse tout grand compétiteur.

C'est ce que tu veux comme joueur, tu veux des affrontements comme ça. C’est motivant. Tu veux être défié. À nous aussi de jouer notre game, même si tu dois savoir qui est sur la glace. Il faut se fier au système et être plus vigilant si on fait une erreur ou un revirement.

Jonathan Drouin

Drouin n’est pas aussi vert que ses deux comparses. Il a disputé 23 rencontres éliminatoires dans sa carrière avec Tampa Bay et a connu un parcours flamboyant – interrompu par les Penguins – jusqu’en finale de l’Est en 2016, à seulement 21 ans.

Il a d’ailleurs rappelé qu’il s’était mesuré régulièrement aux deux canons des Pens dans cette série. Et ceux-ci n’ont pas tonné, loin de là. Ni Crosby, ni Malkin, ni leurs ailiers n’avaient réussi à marquer à égalité numérique contre son trio.

Avec Valtteri Filppula et Ondrej Palat, on jouait contre un de ces deux-là. Je vais être moins nerveux, j’étais plus nerveux dans mes premières années. Au début, tu l’es. Tu surveilles tes arrières. Mais j’ai appris dans le passé et je vais être un peu moins sur les talons. Il ne faut pas changer son style de jeu, juste être vraiment vigilant, a-t-il répété.

Ça ne me dérange pas contre qui je joue. J’ai l’impression que je peux jouer contre tout le monde.

Joel Armia

Pour espérer causer la surprise, bien des éléments devront tourner en faveur du Canadien. Le rendement de Drouin et ses complices aura un rôle prépondérant dans l’issue de cette série.

En rafale

Brett Kulak et Xavier Ouellet se sont entraînés pour une première fois depuis le début de la phase 3 de la relance de la ligue. Les deux défenseurs ont patiné en compagnie du directeur de la science du sport du Canadien, Pierre Allard, pendant une vingtaine de minutes.

Il patine.

Brett Kulak

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Mete, Ben Chiarot et Gustav Olofsson étaient les trois seuls défenseurs gauchers à l'entraînement depuis l'entame de la phase 3.

Ouellet a par la suite participé au match intraéquipe, tandis que Kulak a regagné ses quartiers.

C'était beau de voir (Kulak et Ouellet) sur la patinoire, a simplement affirmé Julien. Nous espérons voir Kulak avec le groupe le plus tôt possible.

Kulak était donc le seul absent du camp sur les 33 invités, hormis Alexander Romanov. Le Russe de 20 ans a finalement mis le cap sur Montréal plutôt que Toronto pour y commencer sa quarantaine de sept jours à la demande la LNH. L'arrière de 20 ans pourra par la suite s'entraîner avec ses nouveaux coéquipiers, mais ne sera pas admissible à jouer contre les Penguins.

Si tout se passe comme prévu, le jeune espoir pourra s’entraîner avec ses coéquipiers, mais ne pourra pas disputer de rencontres pendant le tournoi de reprise.

Par ailleurs, un groupe de cinq patineurs formé par Phillip Danault, Victor Mete, Cale Fleury, Cayden Primeau et Ryan Poehling a réintégré le reste de l’équipe mercredi. À une exception près, Julien a maintenant toutes ses cartouches en main.

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