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Cri du cœur des combattants et entraîneurs à la santé publique

Ils sont accrochés dans un vestiaire.

Des gants et des casques de boxe

Photo : Associated Press / Sakchai Lalit

Jean-François Chabot

Laissés pour compte depuis le début du déconfinement, les adeptes des sports de combat ont choisi de s’adresser directement aux autorités pour se faire entendre.

Mise sur pied par la boxeuse professionnelle Marie-Pier Houle, la Communauté des sports de combat pour la reprise des activités est un regroupement qui souhaite devenir le porte-voix de ceux qui n’ont personne pour faire connaître leurs doléances.

La page Facebook mise en ligne le 9 juillet dernier a recueilli plus de 500 abonnés dans ses 24 premières heures de visibilité. De plus, un autre mouvement sous l'appellation #monsportmoncombat a recueilli des centaines de témoignages sur la place et l'importance des sports de combat dans la vie de sportifs professionnels et amateurs.

Une lettre signée par plus de 60 boxeurs, boxeuses et entraîneurs a ainsi été adressée au directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, au premier ministre François Legault, à la ministre déléguée à l’Éducation et responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, au ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, à la présidente de la Régie des alcools, des courses et des Jeux (RACJ), France Lessard, ainsi qu’à l’ensemble des députés de l’Assemblée nationale.

Parmi les signataires, on retrouve les noms de Jean Pascal, Lucian Bute, Marie-Eve Dicaire, Eleider Alvarez, Oscar Rivas, Kim Clavel, Marc Ramsay, Stéphan Larouche et Otis Grant.

On y trace le portrait d’une situation alarmante pour de nombreux athlètes, entraîneurs et gérants de gymnases dont la carrière et la subsistance se trouvent menacées en raison de l’interdiction toujours en vigueur de reprendre leurs activités.

On y déplore aussi le fait que de nombreuses entreprises, comme des gymnases privés, pourraient bientôt fermer leurs portes de façon définitive.

Suite à la COVID-19, plusieurs des personnes soussignées ont vu leurs combats annulés et leur carrière professionnelle mise en suspens. En plus de perdre leurs revenus provenant de leurs bourses, la plupart des athlètes ont vu leurs commanditaires se retirer, considérant qu’ils n’étaient plus en mesure de leur offrir la visibilité promise dans leur plan de commandite. Au surplus, n’ayant pour la plupart aucun équipement d’entraînement à leur disposition, les athlètes ont été contraints de s’entraîner de manière artisanale à leur résidence, peut-on lire dans la lettre.

Plusieurs de nos combattants ayant des carrières internationales sont désormais condamnés à s’entraîner à l’extérieur de notre province en plus de devoir aller combattre aux États-Unis ou outre-mer, poursuit la missive.

Nos athlètes québécois craignent un exode des entraîneurs et préparateurs physiques québécois, particulièrement au sud de nos frontières.

Kim Clavel (à gauche) en compagnie de Marie-Pier Houle

Kim Clavel (à gauche) en compagnie de Marie-Pier Houle

Photo : Courtoisie Marie-Pier Houle - Facebook

L’instigatrice de cette lettre, Marie-Pier Houle, fait le constat qu’il n’existe pas au Québec de fédération ou d’association destinée à la défense des combattants.

Elle y note que ce sont souvent les promoteurs qui tentent de tenir ce rôle. C’est pourquoi Houle, qui est également thérapeute en réadaptation physique, demande la création d’un forum de discussions où les athlètes et autres acteurs importants de l’industrie des sports de combat pourraient s’exprimer.

Le dialogue entre la Direction de la santé publique, le ministère de la Sécurité publique, lequel est responsable de la RACJ, le ministère de l’Éducation et l’ensemble des intervenants reliés aux sports de combat, devrait être inclusif et ne pas être entrepris en silo, soit uniquement avec les promoteurs ou avec les fédérations sportives de sport amateur.

C’est ainsi que nous proposons de participer à l’ensemble des discussions qui devraient avoir lieu entre les membres du gouvernement et de la Direction de la santé publique et les représentants des intervenants des sports de combat.

La lettre conclut en parlant d’une situation critique devant être adressée dès maintenant... avant le son de la cloche.

Les demandes d'entrevues répétées de Radio-Canada Sports au cours des dernières semaines, tant du côté de la santé publique que de la RACJ, ont toutes été refusées.

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