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Des joueurs de l'Impact de Montréal portent un masque.

Le gardien de l'Impact Clément Diop porte un chandail affichant le slogan Black Lives Matter, et mène ses coéquipiers sur le terrain avant le match contre le Revolution.

Photo : Getty Images / Douglas P. DeFelice

Mariève Bégin

Avec le port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés du Québec depuis samedi, de nombreuses questions planent toujours concernant les installations sportives.

Québec a précisé qu’il n’est pas obligatoire de porter le masque lors d’une activité physique, par exemple lors de l’utilisation d’un appareil de conditionnement physique ou dans un entraînement de spinning (vélo intérieur), mais que le masque devra être porté dans les déplacements et dans les lieux communs.

La distanciation physique et les autres règles sanitaires doivent aussi être respectées.

On pourra donc enlever et remettre son masque entre chaque machine, question de reprendre un peu d’air. Toutefois, cette pratique ne s'avère pas des plus prudentes selon Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec.

Si on fait cette opération-là à plusieurs occasions, qu’on réajuste la barrette métallique qui tient le masque en place sur le nez, évidemment, on vient augmenter le nombre de situations où il peut y avoir de la contamination.

On recommande chaque fois de se relaver les mains ou d'utiliser des solutions de gel hydroalcoolisé pour réduire ces risques-là, indique-t-il. Mais c’est sûr que d’enlever et de remettre son masque à plusieurs reprises, ce n’est pas idéal.

C’est clair que les risques de se contaminer en manipulant le masque, ils augmentent avec le nombre de fois où on va manipuler le masque.

Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec
Une femme nettoie l'équipement d'entraînement.

Mesures sanitaires à la Sporthèque de Gatineau

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Pour éviter les risques de contamination, la solution parfaite serait donc de garder le masque tout au long de son entraînement. Une option qui n'est toutefois pas viable dans certains cas.

Pour les activités à très haute intensité, ça devient presque impossible de garder un masque lorsqu’on est extrêmement essoufflé. Si on parle d’activité légère ou modérée, le port du masque est beaucoup plus faisable, explique le Dr De Serres.

D’autre part, quand on expire, on expire non seulement de l’oxygène et de l’azote, mais aussi un peu d’humidité qui va s’accumuler dans le masque, ajoute-t-il.

Au début, cette quantité d’eau est petite. Donc quelqu’un qui va faire un exercice relativement court, de moins d’une heure, l’humidité accumulée n’est pas très grande encore. Mais si on porte un masque pendant plusieurs heures où on fait de l’activité physique, là, la respiration va devenir de plus en plus pénible.

Le médecin épidémiologiste convient que pour une séance de musculation, le port du masque ne devrait pas causer de problème, si les efforts sont légers ou modérés.

C’est à travers des exercices où la respiration est très rapide où le masque va devenir le plus gênant. Si on parle de faire de la musculation, normalement, on devrait être en mesure de garder le masque sans que ce soit trop gênant.

Les risques des sports d’équipe

Les athlètes de sports d’équipe n’ont pas à porter le masque pendant leurs matchs, pour des raisons de confort et de performance. Mais cette permission n’est pas sans risque.

Si c’était un contact de quelques secondes une seule fois, ce ne serait pas problématique, affirme Gaston De Serre. Mais comme on pratique l’activité plusieurs minutes, souvent une heure ou plus, on peut être proches des individus à de nombreuses occasions, et là, la probabilité de contamination va augmenter avec le nombre de fois où ils se rapprochent, et la durée de ces rapprochements.

Si on parle du soccer, on est à une certaine distance des autres joueurs pendant plusieurs minutes durant un match. Quand on a le ballon, évidemment tout le monde se rapproche de nous pour essayer de le récupérer, mais souvent l'interaction rapprochée, elle n’est pas très longue, mais elle est répétée, note-t-il à titre d'exemple.

Il n’y a pas de recette magique, mais c’est clair que si on se rapproche d’une autre personne sans protection, ce sont des situations où il peut y avoir de la transmission.

Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec

Ce n’est pas la sueur le problème, c’est dans les sécrétions respiratoires qu’on retrouve le virus, souligne celui qui est aussi professeur d’épidémiologie à l’Université Laval.

On n’a pas actuellement de bonne mesure du risque de transmission lors de situations de sport comme ça. Probablement que dans les prochains mois, on pourra voir si ce sont des situations propices à infecter des gens. Mais pour le moment, tout ce qu’on peut penser est basé sur des choses théoriques plus que sur des données scientifiques.

Et si le masque n’est pas obligatoire à l’extérieur, il n’est pas garanti que les risques de contamination sont nuls. Les experts ont seulement observé, à l'aide des données épidémiologiques sur la COVID-19 récoltées jusqu'à présent, que la transmission est plus fréquente à l’intérieur, selon le Dr De Serres.

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