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La reprise du hockey soulève l'inquiétude d'experts

Il donne des directives durant un entraînement.

Jon Cooper, entraîneur-chef du Lightning de Tampa Bay, entouré de ses joueurs.

Photo : The Associated Press / Chris O'Meara

Mariève Bégin

Les camps d’entraînement de la Ligue nationale de hockey ont officiellement commencé cette semaine,en vue des séries éliminatoires qui commenceront le 1er août. Les équipes ont donc recommencé à s’entraîner en groupe dans leur ville respective, malgré la situation critique dans certaines régions durement touchées par la COVID-19. Cela fait réagir des experts de la santé.

Évidemment, quand on regarde l’état actuel des États américains du Sud, particulièrement de la Floride et du Texas, où le nombre de nouveaux cas est de plusieurs milliers par jour, c’est mettre les joueurs dans une situation compliquée, alors qu'on veut s’assurer qu'il n'y ait pas de cas de COVID-19 qui vienne perturber le tournoi, affirme Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec.

C’est sûr que de faire [des entraînements] dans les endroits aux États-Unis où l’incidence est la plus élevée, ça ne me paraît pas une bonne idée du tout, ajoute celui qui est aussi professeur d’épidémiologie à l’Université Laval.

D'autant plus que, pendant la troisième phase de déconfinement dans la LNH, les joueurs ne sont pas en quarantaine.

Le circuit Bettman a offert de les aider pour l'épicerie et a encouragé la livraison afin de limiter les contacts entre les joueurs et leurs familles, ainsi qu'avec les autres membres de la communauté. Mais rien ne leur en oblige.

Si le risque de contamination élevé se limite pour l’instant aux membres des organisations qui s'entraînent dans des villes où la pandémie est encore virulente, à compter du 26 juillet, lorsque toutes les équipes participant aux séries se rendront à Edmonton et Toronto, le problème pourrait prendre de l’ampleur, s’inquiète le Dr De Serres.

Au moment où quelqu’un part pour s’en aller dans les villes bulles, il peut tout à fait être déjà infecté, mais ne pas avoir de virus détectable, et qui devient détectable dans les jours qui vont suivre, explique-t-il.

Donc, si on a des gens qui s’entraînent dans un endroit où il y a une forte incidence de la COVID-19, c'est sûr que les précautions à prendre au moment de leur arrivée dans les villes bulles doivent être beaucoup plus fortes que s’ils venaient de s’entraîner dans des endroits où il y a très peu de COVID-19, poursuit le médecin épidémiologiste.

Soulèvement chez les spécialistes

Et Gaston De Serres est loin d’être le seul à craindre les effets de la reprise du hockey dans le Sud des États-Unis. Le réseau TSN a recueilli les réactions de nombreux spécialistes, qui s’opposent au fonctionnement adopté par la LNH.

Une décision ahurissante, une erreur et un risque imprudent font partie d'ailleurs des expressions utilisées par les experts en maladies infectieuses interviewés par TSN afin de qualifier le retour à l’entraînement en équipe dans des villes comme Tampa, Sunrise, Florida City, Phoenix, Las Vegas et Dallas.

Certains soulignent aussi les risques de propagation du virus liés au déplacement que devront effectuer les équipes et les membres du personnel pour se rendre à Toronto et à Edmonton.

Rappelons que la Floride compte plus de 275 000 cas actifs de COVID-19 et 4677 morts, en date du 16 juillet, et qu’elle enregistre en moyenne plus de 11 000 nouveaux cas chaque jour, depuis la dernière semaine.

Le Texas enregistre également des augmentations de cas records ces derniers jours, avec près de 145 000 cas actifs et 3704 morts depuis le début de la pandémie.

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