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Le Montréalais James Piccoli, à l'aube de son plus grand défi

Les cyclistes roulent sur une route australienne

James Piccoli au Tour Down Under, en Australie

Photo : Bettini Photo

Michel Chabot

James Piccoli est sur un nuage. À sa première année dans le WorldTour, le Montréalais de 28 ans se verra bientôt offrir un grand défi, soit de mener son équipe, Israel Start-Up Nation (ISN), au Tour de Pologne du 5 au 9 août.

Il s’agit pour lui d’une occasion en or de démontrer tout son potentiel à ses nouveaux employeurs.

L’équipe m’a donné la chance de me prouver dans cette course-là. Les autres leaders vont au Dauphiné ou à d'autres courses. Alors, je pense que si je me prouve, ils vont me soutenir. Alors, ça va être quand même assez cool.

James Piccoli

Détendu et souriant après une semaine d’entraînement en Andorre, où il restera encore jusqu’au 25 juillet avant de rentrer chez lui en Espagne pour quelques jours, le jeune homme est aux oiseaux. Gagner sa vie en roulant était son rêve même si ce n’est pas un métier de tout repos.

Quand nous l’avons joint à son appartement dans cette principauté des Pyrénées, il rentrait de six heures d’entraînement en hautes montagnes, mais semblait frais comme une rose.

C’est le lieu parfait pour s’entraîner dans les cols parce que c’est un pays où il n’y a que des cols. C’était une autre belle journée d’entraînement.

Même s’il a gravi le mont Royal 100 fois dans la même journée en mai, James Piccoli admet que les ascensions quotidiennes des cols andorrans, qui peuvent atteindre 2000 mètres d’altitude, constituent un défi supérieur.

Le cycliste roule sur une route australienne

James Piccoli au Herald Sun Tour, en Australie

Photo : Bettini Photo

Il avait cependant gardé la forme à Montréal qu’il n’a quitté que le 7 juillet. En moyenne, il avalait chaque semaine 643 kilomètres de bitume. Et ses efforts ne sont pas passés inaperçus aux yeux de ses entraîneurs.

Ils ont vu tout le travail que j’ai fait pendant l’année, a dit Piccoli. On montre nos fichiers aux entraîneurs, alors ils voient le travail que chacun fait. Et ils ont été assez impressionnés par ma motivation et mon entraînement pendant l’année, alors ils vont me donner la chance de me prouver un peu.

Négociations contractuelles

À l’instar de son coéquipier d’Ottawa Alexander Cataford, qui a signé une prolongation de contrat de deux ans il y a quelques jours, Piccoli s’attend aussi à parapher une entente semblable. Les négociations se passent bien et aboutiront vraisemblablement bientôt.

C’est vraiment la meilleure situation pour mon développement et ma carrière. Je suis vraiment dans une bonne position pour grandir avec l’équipe dans les prochaines années.

James Piccoli

Le défi polonais

C'est donc avec l’esprit en paix qu'il affrontera le plus grand défi de sa jeune carrière en Pologne.

C’est vraiment la première course WorldTour par étapes de la nouvelle saison. Beaucoup de gars vont y aller super motivés et prêts à courir. Alors, on va voir comment ça se passe. J’espère être en bonne forme.

Décontracté à trois semaines de ce tour, le gagnant du Tour de Gila en 2019 est tout de même conscient qu’il devra afficher de bons résultats cette année pour mériter la confiance qui lui est témoignée.

Il y a toujours un peu de pression dans le sport de haut niveau, indique James Piccoli. Mais c’est surtout une pression reliée à l’inconnu. Les cyclistes n’ont jamais vécu une année comme celle-ci. Mais je suis bien préparé, l’équipe aussi, donc on peut aller dans les courses avec confiance.

Le Tour de Pologne sera constitué de cinq étapes, quelques-unes sur le plat, une autre sur un circuit vallonné et une ultime étape de bosses où tout se jouera, croit-il. Et il l’aborde avec un optimisme modéré.

C’est une course qui peut me convenir, selon la façon dont la course se déroulera. Alors, on verra.

Le calendrier du reste de sa saison n’a pas encore été fixé par ISN, mais ses patrons ont quand même des idées en tête pour le Québécois.

L’équipe veut vraiment que je fasse un grand tour cette année. Alors, selon ce qui se passera en Pologne, si je me montre très fort, j’ai une petite chance d’aller au Tour de France, sinon ce sera la Vuelta (Tour d’Espagne). Je compte là-dessus.

James Piccoli

La vie rêvée

Coureur au sein de la formation pro continentale Elevate-KHS Pro Cycling au cours des trois années précédentes, Piccoli savoure maintenant son passage dans les grandes ligues. Les budgets sont considérables dans l’écurie israélienne et les cyclistes sont traités aux petits oignons.

Absolument! Ici, on a un chef qui nous fait vraiment de bons repas, confirme-t-il. Nous avons des massothérapeutes, trois mécanos [...] Nous sommes super bien entourés. La seule chose que j’ai à penser dans une journée, c’est de m’entraîner.

La charge de travail est considérable, on n’est pas ici pour jouer aux touristes, dit-il. Et renouer avec ses coéquipiers le réjouit particulièrement.

Les cyclistes roulent sur une route australienne

James Piccoli pendant le Tour Down Under, en Australie

Photo : Bettini Photo

C’est vraiment sous-estimé la valeur de l’esprit d’équipe, précise Piccoli. Nous sommes dans de petits appartements, nous soupons ensemble, nous jasons et nous rigolons. C’est vraiment bon psychologiquement.

La venue de Froome

Comme ses coéquipiers Alexander Cataford et Guillaume Boivin, Piccoli voit d’un très bon œil l’arrivée de Chris Froome avec ISN en 2021.

Je trouve ça excitant! Un gars comme lui n’apporte pas seulement son expérience et son palmarès, il apporte aussi une certaine dose de professionnalisme au sein de l’équipe. Nous allons tous nous améliorer, prendre ses conseils. Personnellement, ça m’enthousiasme de pouvoir apprendre de lui. C’est fantastique pour l’équipe, ça nous donnera plus de respect dans le peloton. Il est peut-être le meilleur coureur de notre génération. C’est vraiment quelque chose de spécial.

James Piccoli

En attendant, James Piccoli se concentre sur 2020, qu’il avait amorcée en Australie avec une 25e place au Tour Down Under avant une 35e position au Herald Sun Tour. La reprise de la saison, six mois plus tard, pourrait lui sourire davantage.

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