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Arthur Margelidon, après la douleur du radius, les affres du virus

Il porte un judogi blanc et agrippe un adversaire

Arthur Margelidon

Photo : Thomas Taylor/Judo Canada

Le Québécois Arthur Margelidon a l'habitude des contretemps lors des années olympiques, mais il en fait contre mauvaise fortune bon cœur.

En 2016, Arthur Margelidon s'était qualifié pour les Jeux olympiques de Rio. Dix-huit jours avant le tournoi, lors d'un entraînement, il s'est cassé le bras droit.

Son rêve s'est brisé, en même temps que la tête de son radius. Il a fait le voyage au Brésil pour encourager l'équipe, mais n'a pas pu vivre son premier tournoi olympique. Et voilà que quatre ans plus tard, ce n'est pas son radius, mais le coronavirus qui met en péril ses Jeux de Tokyo.

Je mentirais si je disais que ça ne m’atteint pas, reconnaît-il. Cela fait deux fois que je suis dans le top mondial. La première fois, même si j’étais dans le top 10 mondial, ça aurait été un bel exploit de faire une médaille à Rio.

Là, je suis dans le top 4 mondial pour les Jeux de Tokyo. Même si je ne sais pas ce qui va se passer, dans ma tête, les Jeux ont lieu en 2021.

Ça fait deux Olympiades que je patiente. Tant que ce n’est pas annulé, je vais me préparer pour ces Jeux. Et si les Jeux sont annulés, je n’y pense pas, mais ça se peut, il faudra passer à la suite. De toute façon, dans ma tête, je sais que je continue jusqu’à Paris en 2024.

Arthur Margelidon

Paris, c'est la ville natale d'Arthur Margelidon. Il ne veut pas rater ce rendez-vous. Mais c'est encore loin. Le Québécois préfère se concentrer sur la première compétition d'envergure qui pourrait avoir lieu à la fin novembre, des Championnats du monde en Ouzbékistan.

Les Championnats du monde, je vais les prendre comme un essai pour voir ce que je vaux, précise Margelidon. Aux mondiaux, c’est plus condensé qu’aux JO. Parfois, il y a deux Japonais par catégorie, deux Russes, deux Géorgiens, donc c’est plus dur qu’aux Jeux olympiques.

Arata Tatsukawa (en blanc) et Arthur Margelidon (en bleu)

Arata Tatsukawa (en blanc) et Arthur Margelidon (en bleu)

Photo : Getty Images / Matt Roberts

Les JO, c’est plus dur parce que c'est quelque chose de gros, et c’est fait pour être quelque chose de gros. À la base, c’est quelque chose qui prouve qu’on est le meilleur dans notre discipline.

Si les Jeux de Tokyo ont lieu, Arthur Margelidon devra bloquer toutes les distractions, car le tournoi de judo sera très suivi par une foule passionnée. Tous les billets ont été vendus dès que le comité d'organisation les a mis en vente. Les parents d'Arthur Margelidon ont tenté d'acheter des billets, mais en vain.

Moi, je fais du judo pour être champion olympique, pas pour vivre toutes les distractions qu'il y a aux JO.

L'Alberta pour préparer le retour à la compétition

Arthur Margelidon a participé à un premier camp de trois semaines en isolement au centre d'entraînement provincial d'Alberta, à Lethbridge, avec l'équipe canadienne.

Après une semaine de repos actif à Montréal pour soigner les petits bobos, il est retourné à Lethbridge pour un deuxième camp d'entraînement tourné vers l'intensité de la compétition.

Chacun a des choses à travailler. Collectivement, il va falloir travailler sur l’intensité, précise Margelidon. Le premier camp n’a pas été aussi intense que ce qu’on fait d’habitude. Donc, on va augmenter en volume et en intensité pour se rapprocher de plus en plus des conditions de compétition et du retour éventuel en septembre.

Quand il retournera en compétition, Arthur Margelidon fera partie du top 4 mondial dans sa catégorie. Il y aura peut-être une confrontation à disputer contre son compatriote Antoine Bouchard si celui-ci peut entrer dans le top 8 d'ici la fin de la période de qualification olympique (le 29 juin 2021) puisque le Canada n'a droit qu'à un représentant par catégorie.

Si je continue de performer comme je performe, je vais rester dans le top 8. Après, c’est à l’autre personne de me battre dans le fight off (confrontation). Moi , je m’occupe de mes choses. Son but, c’est de me rattraper, moi, ma job, elle est faite. Et même s’il y a un fight off, il faut qu’il me batte.

Arthur Margelidon
Arthur Margelidon et Antoine Bouchard s'affrontent.

Arthur Margelidon et Antoine Bouchard pendant un combat

Photo : Gabriela Sabau

Je suis très confiant que c’est moi qui serai le représentant canadien à Tokyo, affirme-t-il. Mais même si je me vois aux JO, il faut attendre de voir comment la fédération internationale va procéder pour la qualification, fait-il remarquer. Ils pensent recommencer le processus en septembre, mais si tous les pays ne peuvent pas être là, ce serait injuste pour eux.

En attendant que la fédération internationale mette tous les morceaux du puzzle ensemble, Margelidon refait ses gammes sur les tatamis du centre provincial de Lethbridge.

Le Québec ne permet pas encore aux judokas, ou à tout autre athlète qui pratique un sport de combat, de s'entraîner ensemble. Et si les compétitions internationales recommencent en septembre, l'équipe nationale devait trouver le moyen d'être prête.

Il y avait un sentiment d’urgence qui a motivé Nicolas Gill à nous envoyer en Alberta où les conditions sont plus acceptables, il y a moins de restrictions, a constaté celui qui se bat chez les 73 kg. Il y a beaucoup moins de cas qu’ici, le nombre est minime, et en plus, Lethbridge est à deux heures et demie de Calgary. Et il y a encore moins de cas qu’à Calgary.

J’ai été surpris, je pensais qu’au Québec, on était en avance sur les autres provinces, explique le judoka de 26 ans. Je ne savais pas qu’il y avait des provinces qui avançaient plus vite que nous. Mais j’ai été content d’apprendre que l’entraînement allait pouvoir finalement commencer.

Arthur Margelidon sourit en regardant la caméra.

Arthur Margelidon en entrevue à Radio-Canada

Photo : Société Radio-Canada

La première partie de trois semaines du camp d'entraînement a permis aux athlètes de s'habituer aux exigences sanitaires.

Tout était nettoyé et désinfecté après leur passage. Les athlètes avaient un contrôle de température matin et soir, devaient remplir un questionnaire journalier et avaient l'obligation de rester dans leur bulle, que ce soit au dojo ou à l'hôtel.

L'équipe provinciale albertaine et l'équipe nationale s'entraînaient à des horaires différents pour éviter que les athlètes ne se croisent.

Après quatre mois de pause forcée, les corps ont souffert de reprendre le combat.

On se rend compte que trois mois d’arrêt, c’est très dur pour le corps. La première semaine a été très dure. Physiquement, on était arrachés, même si ce retour, on l’a fait de façon progressive en termes d’intensité et de volume.

Arthur Margelidon

Le judo, c’est explosif, et le corps n’est pas nécessairement habitué à bouger rapidement tout d’un coup, alors il y a des tensions dans les muscles, de petites entorses d’orteils.

Et de vieilles douleurs se sont rappelées à lui.

Je me suis cassé le bras il y a quatre ans, a-t-il rappelé, et j’ai des séquelles jusqu’à aujourd’hui, donc je l’ai senti. Ça a refait surface. Mais bon, ce sont de petites douleurs qui resurgissent, pas de grosses blessures.

De fil en aiguille

De petites douleurs, notamment à l'aine, que la thérapeute en chef de l'équipe nationale, Tiffany Hunting, a traitées avec de petites aiguilles.

Une petite aiguille est plantée dans la cuisse gauche d'Arthur Margelidon, qui lève le pouce droit.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les petites aiguilles de Tiffany Hunting ont fait du bien à Arthur Margelidon.

Photo : Arthur Margelidon

Aller piquer dans le muscle, en judo, c’est quelque chose qui est très bénéfique. Tiffany a fait son cours, et je me suis dit qu’il fallait que j’essaie ça. Surprenant... elles m'ont m’aidé à relâcher mon muscle, à soulager la tension.

Arthur Margelidon a désormais un outil de plus qui l'aidera à atteindre son but.

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