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« Nous voulons une AMA forte et indépendante » - Travis Tygart

Le président de l'Agence américaine antidopage, Travis Tygart

Le président de l'Agence américaine antidopage, Travis Tygart

Photo : AP / Geert Vanden Wijngaert

Agence France-Presse

Le président de l'Agence américaine antidopage (USADA), Travis Tygart, espère que la menace de retrait du financement de l'Agence mondiale antidopage (AMA) par le gouvernement des États-Unis amènera le régulateur mondial à procéder à des réformes attendues de longue date.

Les États-Unis pourraient bientôt cesser de verser leur contribution annuelle de 2,7 millions de dollars à l'AMA. Le Bureau de la politique nationale de contrôle des drogues (ONDCP), dépendant de la Maison-Blanche, a obtenu une autorisation en ce sens d'un comité clé du Congrès.

L'autorisation est intervenue quelques semaines seulement après un rapport explosif de l'ONDCP qui recommandait de suspendre le financement américain de l'AMA si l'agence ne mettait pas en oeuvre des réformes de gouvernance.

L'AMA avait réfuté les conclusions de l'ONDCP, l'accusant de présenter de nombreuses inexactitudes, des idées reçues et des mensonges.

Le président de l'USADA a cependant défendu l'analyse de l'ONDCP, la décrivant comme absolument exacte et brossant un tableau réaliste et apolitique.

L'ONDCP a demandé que les athlètes aient une voix, que leur indépendance soit assurée à la table des négociations avec le retrait des fédérations sportives de la gouvernance, ainsi qu'une représentation équitable, a résumé Tygart à l'AFP.

L'aspect positif est que les États-Unis sont vraiment sérieux quant à une réforme et sont prêts à solliciter l'autorité du Congrès pour bloquer l'argent. Cela aurait un impact dévastateur sur l'AMA. Personne ne souhaite que cela se produise, a-t-il ajouté.

Mais les promesses de réforme n'ont pas été tenues. Les athlètes sont frustrés et les gouvernements qui sont attentifs le sont aussi, a dit le dirigeant américain, souvent opposé au fonctionnement de l'AMA.

Tygart souligne que l'USADA est prête à faire face aux conséquences si l'AMA réagissait à tout éventuel retrait de financement en expulsant l'agence américaine.

Nous ne voulons pas que cela se produise. Nous voulons une AMA forte et indépendante. Mais l'AMA a clairement indiqué dans sa réponse qu'elle allait exercer des représailles si l'argent cessait d'être versé et qu'elle allait exclure les États-Unis de l'AMA, a expliqué Tygart.

L'USADA critique depuis longtemps l'influence du Comité international olympique (CIO) dans les instances de l'AMA, estimant que la présence de nombreux membres à des postes clés empêche l'agence mondiale d'agir de manière indépendante.

Le CIO, qui contribue à la moitié du financement de l'AMA, dispose également de la moitié des sièges du comité exécutif de l'agence, qui ne compte aucun représentant des États-Unis.

On ne peut pas à la fois promouvoir et contrôler efficacement, a estimé Tygart. C'est une question de bon sens. Le caïd de la mafia ne siège pas au conseil de police, pour des raisons évidentes.

La récente enquête sur la Fédération internationale d'haltérophilie, dont l'ancien président Tamas Ajan a été contraint de démissionner après des allégations de corruption, d'achat de votes et de dissimulation de cas de dopages positifs, prouve le besoin de réformes, considère Tygart.

Tout cela s'est passé sous la surveillance de l'AMA. [L'enquête] brosse le tableau d'un système qui a échoué, et ceux d'entre nous qui s'en soucient veulent qu'il soit réparé, a déclaré Tygart.

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