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Chronique

L'Impact s'en sort très bien

Il tend le pied droit pour tenter d'enlever le ballon à un adversaire.

Victor Wanyama (à droite) a été l'un des rares éléments convaincants de l'Impact contre le Revolution.

Photo : USA Today Sports-Peter Casey

Olivier Tremblay

Que les supporteurs de l’Impact se réjouissent, l’Espagne a gagné la Coupe du monde en 2010 après avoir perdu son premier match.

Entendons-nous bien : Luis Binks n’est pas Carles Puyol, bien qu’ils aient le même numéro. Saphir Taïder n’est pas Xavi, bien qu’ils aient la même barbe de trois jours. Et Maxi Urruti n’est pas Fernando Torres, bien qu’ils célèbrent leurs buts presque de la même façon.

Dans un contexte de tournoi, une défaite n’est toutefois pas catastrophique. Surtout si elle n’est que de 1-0, comme celle de l’Espagne contre la Suisse, le 16 juin 2010. La Roja avait ensuite remporté ses deux autres rencontres et avait gagné le groupe H, à égalité aux points avec le Chili, mais avec une meilleure différence de buts. L’écart? Un seul but.

Pour l’Impact, rien n’est donc joué après cette défaite de 1-0 contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre, d’autant plus qu’il y a peut-être un troisième billet à saisir en plus de ceux remis aux deux meilleures équipes du groupe. Quatre des six équipes de 3e place passeront au tour suivant, et ça pourrait se décider aux nombres de buts marqués et accordés.

Le Bleu-blanc-noir, contrairement à l’Espagne, n’est pas une grande puissance qui se fait jouer un tour par un adversaire négligé. C’est une équipe qui n’a pas joué depuis quatre mois (comme le Revolution) et qui tente toujours d’établir les bases d’un projet de jeu avec son nouvel entraîneur (pas comme le Revolution). Bruce Arena et ses joueurs l’ont habilement rappelé à la planète soccer.

Thierry Henry sait qu’il y a beaucoup de travail à faire à cet égard. Et en après-match, jeudi soir, il a aussi, et surtout, souligné le manque d’envie de ses joueurs, qu’il a vus en retard dans les duels et coupables de déchets techniques coûteux.

Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux avant la rencontre, l’Impact remettait en lumière les propos d'Henry après la victoire contre la Nouvelle-Angleterre en mars. Il avait souhaité une équipe entreprenante, qui passe le ballon vers l’avant et qui prend des décisions courageuses. Certes, les instructions peuvent changer de match en match, mais il n’y a pas assez eu de cela, jeudi.

Heureusement pour l’Impact, les bonnes performances d’avant la pandémie indiquent au moins que le technicien français sait organiser son équipe pour obtenir des résultats. Et le rendement de certains remplaçants, en deuxième mi-temps contre le Revolution, pourrait lui donner des idées pour dynamiser son groupe.

Il faudra que ça vienne dès mercredi prochain, contre Toronto. Toutes les équipes ne rateront pas l’occasion de marquer plus qu’un but si on la leur présente.

Une expérience infructueuse (ça arrive!)

Contrairement à la tendance qui semble se dessiner, la décision de déployer Samuel Piette comme défenseur latéral droit ne m’a pas scandalisé.

Non, ça n’a pas fonctionné, et il est légitime de se demander si le moment était bien choisi pour tenter le coup. Mais je peux comprendre pourquoi Henry, qui nous rappellera que l’équipe n’a pas eu de match préparatoire pour tâter le terrain, a décidé de le faire.

D’une part, le Bleu-blanc-noir doit jouer beaucoup de matchs en peu de temps. Si Henry fait un essai du genre, qu'il fonctionne et que l'entraîneur profite désormais d’une nouvelle option à un certain poste, c’est un beau boni.

D’autre part, l’expérience a eu certains des effets escomptés. Pendant la rencontre, voici ce que j’ai dit à un collègue (Olivier Paradis-Lemieux pour ne pas le nommer) au sujet de l’effort offensif des Montréalais : C’est intéressant quand ils arrivent à isoler Okwonkwo contre Büttner. Mais encore là…

Il lève les bras au ciel en criant.

Samuel Piette a connu plusieurs moments frustrants contre le Revolution.

Photo : Major League Soccer

Mais encore là. De son poste à la droite de la défense, où les Revs lui ont fait la vie dure, Piette rentrait dans le jeu comme milieu central lorsque l’Impact revenait en phase offensive, peut-être parce qu'Henry jugeait qu’il y avait un risque que Victor Wanyama (excellent à ses débuts en MLS, par ailleurs) et Taïder se retrouvent en infériorité devant Caldwell, Rowe, Gil et Bou de l’autre côté.

Piette pouvait ainsi libérer de l’espace à droite pour Orji Okwonkwo, qu’on a trouvé avec de bonnes passes transversales en première mi-temps. Mais Alexander Büttner a maîtrisé le Nigérian chaque fois. Et la Nouvelle-Angleterre, une fois le ballon récupéré, a souvent ciblé le côté de Piette, à qui on avait décidément confié des tâches exigeantes.

L’Impact s’est réorganisé après la pause. Piette est rentré à son poste habituel devant la défense aux côtés de Wanyama, et Zachary Brault-Guillard s’est emparé du couloir droit, où il a joué le rôle totalement différent qu’est le sien.

Dans un texte publié en mai, nous avions demandé à des spécialistes si le confinement n’allait pas amener les entraîneurs à penser à de nouvelles idées. Visiblement, ç’a été le cas de Thierry Henry.

L’expérience n’a pas fonctionné cette fois, mais, puisqu’il a travaillé avec des Arsène Wenger (qui a incité Henry à se réinventer comme avant-centre) et des Pep Guardiola (à qui on reproche parfois de pousser sa réflexion trop loin), peut-être faut-il s’attendre à d’autres tentatives du genre.

Pour le supporteur qui voit son équipe perdre, c’est sans doute frustrant. L’observateur qui voit quelque chose d’intéressant en redemandera.

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