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Le futur aréna de Seattle, un plaidoyer pour l'environnement

Une maquette du domicile de l'équipe qui amorcera ses activités dans la LNH à Seattle en 2021-2022.

Le futur aréna Climate Pledge

Photo : NHL.com

Michel Chabot

Le futur domicile de la nouvelle franchise de la Ligue nationale de hockey à Seattle sera un modèle en matière de conscience écologique et sociale.

Le géant de la vente en ligne Amazon, qui a obtenu les droits sur le nom de l’amphithéâtre, a choisi de ne pas faire de publicité directe et l’a plutôt baptisé Climate Pledge Arena, soit l’aréna du plaidoyer climatique.

Une forme de marketing inversée pour cette compagnie qui envoie des millions de colis dans le monde et dont l’empreinte écologique est considérable. Mais ce concept inédit dans l’univers sportif lui permet de se donner l’image d'un meilleur citoyen entrepreneurial.

Parmi les initiatives vertes mises de l’avant dans ce projet, les propriétaires tiennent à ce que tous les événements qui y auront lieu soient fidèles à la philosophie zéro déchet. Ils espèrent également que leur amphithéâtre devienne le premier du monde à obtenir la certification zéro carbone de l’International Living Future Institute (ILFI).

J’ai trouvé que tout ça était logique, estime Cécile De Villemeur, fondatrice d’Alto2, un cabinet-conseil en constructions et stratégies durables. Seattle est justement la région mère de l’institut, de cette démarche. Il y a beaucoup de choses qui se font dans ce coin-là. C’est très positif. Cet institut propose une nouvelle façon de penser. Plutôt que de faire un bâtiment moins impactant, on pourra faire une construction qui soit réellement positive.

L’ILFI fait la promotion de la certification qu’on appelle le Living Building Challenge, l’équivalent de la certification LEED, plus connue dans le milieu du bâtiment, précise l’ingénieur en construction Louis-Philippe Bolduc, chargé de projet au sein de la firme Énergère. Cette certification-là est plus audacieuse au niveau de la performance, c’est dans ce qui se fait de plus exigeant pour classer un bâtiment durable. Que l’aréna soit certifié "zéro carbone" par l’ILFI, c’est une démarche assez rigoureuse. J’ai un préjugé favorable pour ce projet-là pour l’instant.

Le logo de l'aréna au centre de la patinoire

Une modélisation du centre de la glace de l'aréna Climate Pledge

Photo : NHL.com

Le Climate Pledge Arena réutilisera, par ailleurs, le toit de l’ancien KeyArena, lourd de près de 20 millions de kilos, une autre façon d’atteindre la neutralité carbonique. Et la patinoire sera faite avec de l’eau de pluie emmagasinée dans un réservoir souterrain. Les partisans de l’équipe seront aussi invités à apporter l’eau de pluie qu’ils auront stockée chez eux.

C’est typiquement le genre de réflexion que je trouve intéressante parce que ça oblige à ne pas réfléchir tout seul dans son coin, mais en demandant une contribution aux voisins et aux professionnels. Le collaboratif, j’y crois énormément. Ensemble, on est vraiment actifs. C’est possible de l’initier ici au Québec.

Cécile de Villemeur, directrice des opérations, Alto2

Des stades moins énergivores

Inauguré en 2017, le stade Mercedez-Benz, domicile des Falcons d’Atlanta, est devenu le premier stade nord-américain à obtenir la certification platine de l’institut LEED, notamment en raison de sa gestion de l’eau et de l’énergie.

Chez nous, le Centre Vidéotron à Québec et la Place Bell à Laval ont vu le jour au cours des cinq dernières années. Les concepteurs de ces amphithéâtres les ont construits en se préoccupant de leur impact sur l’environnement.

En 2013, le Centre des loisirs de la municipalité de Westmount s’est doté d’un aréna dont le concept était alors unique en Amérique du Nord.

Ce sont deux glaces qui sont souterraines, à 30 pieds de profondeur, explique Louis-Philippe Bolduc, qui a supervisé ce chantier. Le toit de cet aréna, c’est le parc de Westmount. On a environ deux pieds de terre qui constitue le toit. Ce bâtiment est hyper performant, 50 % de plus que les arénas normaux parce qu’il n’y a pas de perte de chaleur à l’extérieur.

Quand on crée du froid pour faire la glace, on crée un trop-plein de chaleur. À Westmount, ce surplus-là est réutilisé pour chauffer le plancher des gradins, l’eau de la piscine et celle des douches. On ne fait pas juste dégager la chaleur dans l’air. Il y a une utilisation intelligente de l’énergie.

Un Centre Bell plus vert

Pour les 20 ans de son domicile, en 2016, le Canadien de Montréal a investi beaucoup d’argent pour faire une mise à niveau électromécanique et pour changer son système d’éclairage comme ceux qu’on retrouve dans les arénas modernes si bien qu’il a obtenu la certification LEED dans la catégorie des édifices existants.

Mais le rendre encore plus écologique exigerait des travaux extrêmement complexes et, donc, des coûts exorbitants. Le concept d’une patinoire faite avec de l’eau de pluie tiendrait difficilement la route.

Vue de l'extérieur du Centre Bell de Montréal

La façade du Centre Bell

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

On pourrait décider d’accumuler l’eau sur le toit, mais il n’a pas été conçu pour ça, indique M. Bolduc, qui siège également au Conseil du bâtiment durable du Canada-Québec. Il faudrait changer les pentes et agrandir la structure pour qu’elle soit capable de supporter les charges de cette eau. C’est une option qu’il faut éliminer d’entrée de jeu. Et enfouir l’eau sous la glace? Il y a des structures, des stationnements et le métro de Montréal, donc ce n’est pas simple. Il aurait probablement fallu prévoir des bassins en béton pendant la construction.

À Seattle, 75 % de la nourriture consommée au Climate Pledge Arena proviendra de producteurs de la région. Dans cette optique, le Canadien pourrait-il s’inspirer de ce modèle et même le pousser plus loin en installant des potagers sur le toit du Centre Bell pour y faire la culture de fruits et légumes durant la belle saison?

Quand on prend une action concrète, finalement ç’a une influence positive sur plein d’aspects différents, fait valoir Cécile de Villemeur. Si on fait un toit vert, on le fait pourquoi? Pour récupérer l’eau de pluie? Pour produire des légumes? Et est-ce que ce seront des jardins partagés? Est-ce que ça va apporter aussi une dynamique sociale? Est-ce que les légumes seront pour l’école à côté ou le restaurant qui pourra trouver là une partie de ses ingrédients? Il y a de nombreuses retombées positives avec un seul geste.

Moi, je trouverais ça beau, surtout que le Centre Bell est entouré de tours de condos qui se sont développées, ajoute Louis-Philippe Bolduc. D’ajouter de la verdure sur le toit, ça peut être une belle idée.

Louis-Philippe Bolduc, directeur de projet, Énergère

Le Canadien pourrait aussi songer à l’apiculture, comme elle se pratique sur de plus en plus de toits à Montréal, dont ceux de l’Université du Québec et du Palais des congrès. Du coup, il jouerait un rôle dans la survie des abeilles qui sont menacées par les pesticides et contribuerait encore plus à la biodiversité.

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