•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Bouger pour avoir de meilleurs résultats scolaires

Une jeune fille fait du vélo.

Une jeune fille fait du vélo.

Photo : EvantoElements / altanaka

Christine Roger

Si vous essayez déjà de convaincre votre enfant de moins jouer à des jeux vidéo, des chercheurs montréalais vous ont trouvé un argument de plus pour qu'il lâche les écrans et aille plutôt jouer dehors.

Des chercheurs de l’Université de Montréal ont en effet dévoilé une étude, publiée dans le magazine Preventive Medecine (Nouvelle fenêtre), qui révèle que les enfants de 6 ans actifs physiquement ont de meilleurs résultats scolaires et une meilleure attitude en classe à 12 ans.

Daniela Gonzalez-Sicilia, Linda Pagani et Frédéric Brière ont utilisé les données de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ), coordonnée par l’Institut de la statistique du Québec. Ils avaient donc un échantillon représentatif de 2837 enfants nés au Québec entre 1997 et 1998 à leur disposition.

Nous avons choisi d’étudier le rôle que l’activité physique, à la fin de la maternelle, joue sur le rendement scolaire à la fin de la sixième année, puisqu’il s’agit de deux périodes de transition importantes pour les enfants, qui sont accompagnées de multiples changements au niveau du développement physique, cognitif et psychosocial, explique Daniela Gonzalez-Sicilia, première autrice de l’étude et conseillère scientifique à l’Institut national de santé publique du Québec.

Le Dr Jérôme Ouellet, pédiatre spécialisé en médecine sportive, n’est pas surpris des résultats de cette étude, qui vient renforcer les principes qu’il tente d’inculquer à ses jeunes patients.

L'activité physique a énormément de bénéfices au niveau de la santé physique, mentale et cognitive d'un enfant ou d’un adolescent. Il y a le sport organisé, mais le jeu actif libre peut aussi améliorer les performances cognitives d'un enfant sur plusieurs années, soutient-il.

Ce n’est certainement pas la première étude à examiner le lien entre l’activité et le rendement scolaire chez les enfants. Cependant, le peu d’études existantes se penchait uniquement sur les associations à court terme.

Notre étude était la première à examiner les associations longitudinales sur plusieurs années. Nous avons assuré un contrôle sur les variables individuelles et familiales, afin de réduire d’autres explications possibles et d’isoler la contribution de l’activité physique sur la performance scolaire, mentionne Daniela Gonzalez-Sicilia.

Trois types d’activités ont été analysés : les sports, les activités physiques structurées comme la danse ou le cirque et les activités dites non structurées comme jouer librement dans un parc. L’étude révèle que l’enfant n’a pas nécessairement besoin de jouer au hockey à un niveau compétitif pour avoir des répercussions.

Nos résultats montrent qu’une participation globale plus élevée contribue à un meilleur rendement scolaire, suggérant que c'est la quantité d’activité physique accumulée, plutôt que le type d'activité, qui joue un rôle important. Toutefois, lorsque nous avons comparé les différents types d’activité physique, les sports semblent être les plus bénéfiques pour le rendement scolaire

Daniela Gonzalez-Sicilia

Les bienfaits de l’activité physique chez un enfant vont même au-delà de la santé ou du rendement scolaire. Les chercheurs ont rapidement réalisé que les enfants plus actifs avaient un meilleur engagement et une meilleure attitude en classe. Ils ont notamment remarqué que ces enfants suivaient mieux les directives, étaient plus autonomes, écoutaient attentivement, posaient plus de questions, terminaient leurs travaux à temps, etc.

C'est quand même logique de penser qu'un enfant actif va être un meilleur étudiant, tant au niveau du rendement scolaire que du comportement, mais de là à le prouver, c'est une autre histoire. Une base de données aussi énorme et une étude longitudinale vont permettre d'en arriver à de tels résultats, reconnaît le pédiatre Jérôme Ouellet.

Un garçon joue au soccer dans un parc.

Un garçon joue au soccer dans un parc.

Photo : EvantoElements

Si de multiples études reconnaissent les bienfaits de l’activité physique sur la vie des enfants, on constate aussi les effets négatifs que peuvent avoir les écrans.

Avec la même base de données, une équipe de chercheurs de l’Université de Montréal, dont fait partie Daniela Gonzalez-Sicilia, a réalisé une autre étude pour examiner le lien entre le mode de vie de l’enfant déterminé selon le niveau d’activité physique pendant les loisirs et les déplacements, ainsi que selon le temps consacré aux écrans et différentes dimensions du développement.

Leurs conclusions seront publiées au courant des prochains mois, mais il est évident, selon eux, que le temps d’écran, si mal utilisé, peut avoir de multiples effets néfastes sur le développement des enfants, y compris le développement cognitif et le rendement scolaire.

Les enfants qui consacrent beaucoup de temps aux écrans ont moins de temps pour s’adonner à des activités qui seraient plus favorables pour leur développement, comme l’activité physique, les interactions sociales ou la lecture, souligne Daniela Gonzalez-Sicilia.

Toutefois, il importe de noter que les usages des écrans ne sont pas tous les mêmes. Certains usages pourraient avoir une influence positive sur les fonctions cognitives. Par exemple, certains jeux vidéo pourraient améliorer l’attention, la résolution de problèmes ou la créativité, ajoute-t-elle.

Tout est une question d’équilibre. L’idée n’est pas d’empêcher les enfants d’utiliser une tablette ou de les obliger à pratiquer un sport de façon intense. Toutes les études, même si elles ont parfois des conclusions différentes, s’entendent sur un élément : les enfants doivent bouger!

Ça peut être un cours de danse ou de karaté. Mais ça peut aussi être d'aller au parc au lieu de jouer à Minecraft, dit le pédiatre Jérôme Ouellet.

Ça va être bon pour leur développement moteur, leur santé cardiovasculaire, leur santé squelettique, leur santé mentale, mais aussi leur performance et leur rendement scolaire!

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !