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Après l'entraînement au sous-sol, les joueurs des Carabins refont surface

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Kevin Kaya attrape le ballon devant Brett Switzer.

Kevin Kaya (no 20) et Brett Switzer (no 7)

Photo : Carabins de l'Université de Montréal / James Hajjar

Jean-François Poirier

Finies les séances virtuelles d'entraînement à distance. Les joueurs des Carabins ont entrepris cette semaine leur mise en forme sur les terrains extérieurs de l'Université de Montréal même si la tenue d'une saison de football universitaire au Québec est loin d'être assurée.

La pandémie de COVID-19 a fait mal au sport étudiant au Canada. Six championnats nationaux prévus à l'automne ont déjà été annulés, dont la Coupe Vanier au football. Seul le circuit québécois a jusqu'à présent choisi de maintenir l'espoir de sacrer une équipe championne en 2020.

Après trois mois confinés dans le sous-sol à faire des entraînements par Zoom, c'est vraiment le fun. Ça fait du bien de voir les gars sur un terrain de football, a dit le joueur de ligne offensive Marc-Antoine Lemay après une séance d'exercices pour lève-tôt, dès 8 h, jeudi.

Marco Iadeluca accueille ses joueurs avec prudence et enthousiasme. Le nouvel entraîneur-chef des Carabins, successeur de Danny Maciocia, devenu directeur général des Alouettes dans la Ligue canadienne de football (LCF), doit bien sûr composer avec toutes sortes de contraintes afin de respecter les directives des autorités sanitaires.

Le plaisir est de retour. C'est permis d'être sur le terrain maintenant. Auparavant, les joueurs devaient prendre part à 4 de nos 11 séances d'entraînement virtuelles. Nous avons espoir d'avoir une saison. C'est la santé publique qui va décider en bout de ligne. On contrôle ce qu'on peut contrôler, affirme Iadeluca.

À l'heure actuelle, une vingtaine de joueurs des Carabins demeurent à l'écart du groupe pour des raisons préventives. Oui, certains ont contracté la COVID-19.

Tous les joueurs devront être vus par le médecin de l'équipe avant d'être intégrés au groupe, explique l'entraîneur-chef. Il y en a qui ont eu la COVID-19 ou souffrent de symptômes qui méritent une évaluation. On ne prend pas de chance. Et il y a ceux avec des problèmes de santé comme l'asthme qui demandent une attention pour obtenir une autorisation du médecin. On espère avoir un effectif complet d'ici une semaine à 10 jours.

Prudence

Marco Iadeluca dispose encore de sept semaines avant l'ouverture officielle du camp, le 14 août. Les Carabins ont établi un protocole très strict pour assurer le bon déroulement des préparatifs.

Les gars n'ont pas accès au vestiaire ni même aux estrades, explique l'entraîneur. Ils doivent se changer au bord du terrain. Ils doivent rester à une distance de 5 verges les uns des autres. C'est encore plus que les 2 mètres requis. On ne veut pas avoir de mauvaise surprise.

Une vingtaine de joueurs participaient à la première séance de la journée sous la supervision de Iadeluca et de quelques-uns des membres de son personnel d'entraîneurs. Aucun ballon ni d'épaulettes, mais beaucoup de précautions.

Il faut arriver avec un masque. On nous demande si nous avons des symptômes. On travaille en corridor pour s'assurer de garder la distance. On ne partage pas le matériel. Chacun son élastique et ils le désinfectent ensuite, précise Marc-Antoine Lemay.

Son coéquipier Julien Le Guéhennec savourait chaque minute de ce retour.

Je pense que l'équipe a fait une bonne job. Sur le terrain, c'était business as usual. On a fait ce qu'on voulait faire depuis déjà longtemps. Le football, c'est ce qui me procure le plus de plaisir au monde. Aller à l'école sans le foot, je trouve ça deux fois plus long. J'en ai besoin pour être stimulé.

Justement, est-ce que le risque d'être infecté par le coronavirus serait une bonne raison pour déclarer forfait pour la saison 2020?

Ça ne me passe pas par la tête. Je ne vois pas l'entraînement comme facultatif. Si tu peux être là, tu es là. Sinon, tu n'as pas les mêmes objectifs que le reste de l'équipe, soutient Le Guéhennec.

Son partenaire de jeu abonde dans le même sens.

Je ne suis pas craintif quand je viens m'entraîner. Je sais que Montréal a été l'épicentre de la pandémie au Canada, mais je fais confiance aux mesures mises en place, dit Marc-Antoine Lemay, qui a travaillé dans un hôpital durant la pandémie. On n'a détecté aucun cas de COVID-19 à mon travail. Le déconfinement va de mieux en mieux. Je commence de plus en plus à croire que nous allons pouvoir jouer au football cet automne.

La Coupe Vanier et les contacts

L'annulation de la Coupe Vanier a été un coup dur à encaisser pour les Carabins, malheureux finalistes de l'édition 2019.

Il a fallu gérer des émotions. Les gars ont travaillé tout l'hiver pour venger cet échec, insiste Marco Iadeluca, qui était le coordonnateur à l'attaque des Bleus lors de leur conquête du précieux trophée en 2015. L'espoir d'une saison au Québec a redonné de l'enthousiasme aux joueurs.

Les entraîneurs des équipes québécoises, nous nous parlons chaque semaine. On est très satisfaits de la décision prise par le Réseau du sport étudiant au Québec (RSEQ) de s'allouer du temps. Les choses ont beaucoup évolué dans les deux dernières semaines. Au moins, on s'est donné une chance. Ce n'est pas à moi d'évaluer la décision du reste du Canada.

Jouer du football de manière différente ne semble pas à première vue une option réaliste.

Pour respecter le football que l'on connaît, ça va être difficile de l'adapter dans un temps de pandémie , constate Le Guéhennec.

La base de ce sport, c'est le contact. La COVID-19, c'est éviter le contact. On ne pourra pas changer ce sport pour être 100 % sécuritaire. Je pense qu'on va jouer à huis clos et l'accès aux installations sera géré de manière stricte. Il faut s'assurer que les joueurs sur le terrain ne soient pas porteurs du virus. C'est comme ça qu'on va y arriver.

Marc-Antoine Lemay conclut ainsi : Une saison au Québec, c'est mieux que rien pantoute.

Le RSEQ n'a pas fixé de date butoir pour annoncer s'il sera possible de disputer une saison de football à l'automne.

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