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Le report des Jeux de Tokyo fait l'affaire de Laurence Vincent Lapointe

Elle tient son canoë sur son épaule et sourit à la caméra.

Laurence Vincent Lapointe a pu reprendre l'entraînement cet hiver.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Radio-Canada

N’eût été la pandémie de COVID-19, Laurence Vincent Lapointe serait dans la dernière phase de son entraînement en vue des Jeux olympiques de Tokyo après les précieuses semaines que lui a fait rater sa suspension pour dopage. Le report d’un an, une mauvaise nouvelle pour nombre d’athlètes, lui sera bénéfique, croit-elle.

Le jour où j’ai appris le report des Jeux, j’étais déçue, a révélé jeudi la canoéiste de Trois-Rivières à l’émission Tout un matin, sur les ondes d’ICI Première. Sauf que dans mon cas, je n’ai pu ramer l’année dernière après ma suspension. Je perçois ça comme une année de plus pour me préparer.

L’athlète de 28 ans garde donc une bonne attitude et considère que cette pause lui sera profitable.

Cet été, on prend ça relax, on essaie de garder une tête bien en santé, dit-elle. Mais l’automne, que j’ai manqué l’année dernière, c’est une période avec beaucoup de volume d’entraînement. Donc, ça me rassure d’avoir cette période-là pour me préparer en vue de l’année prochaine.

Le problème, toutefois, c’est qu’il n’y a actuellement aucune compétition en raison du coronavirus.

Les compétitions, c’est ce qui nous pousse à nous entraîner vraiment fort. Comme quand on a un examen, on sait qu’il faut étudier. Sans compétition, c’est dur de se motiver au quotidien. Mais on essaie.

Laurence Vincent Lapointe

Pendant le confinement, Vincent Lapointe s’est entraînée dans la piscine familiale grâce à un ingénieux système conçu par son père, un pont à ramer.

Et depuis quelque temps, c’est dans la rivière Saint-Maurice qu’elle s’entraîne. Ramer en eau vive lui fait le plus grand bien, tout comme le fait de côtoyer d’autres canoéistes.

Les clubs ont le droit de s’entraîner, mais c’est sûr qu’on pratique la distanciation sociale, fait-elle remarquer. Au moins, on se côtoie, on fait des entraînements sur l’eau ensemble, c’est plaisant. C’est sûr que je m’ennuie de l’équipe nationale, de mes coéquipières, mais on va les revoir sûrement.

Elle a le pouce en l'air dans son embarcation.

Laurence Vincent Lapointe sur son canoë

Photo : usa today sports / USA Today Sports

Treize fois championne du monde, Laurence Vincent Lapointe a jubilé quand, en juin 2017, le canoë féminin a été ajouté au programme olympique. Tokyo sera donc sa première expérience aux JO, mais il lui arrive de penser qu’elle en sera peut-être privée si le CIO annule carrément l’événement l’an prochain.

C’est une possibilité, laisse-t-elle tomber. Mais plutôt que de penser aussi loin que ça, j’essaie de prendre chaque séance d’entraînement une à la fois. C’est vraiment juste de continuer, de mettre un coup de rame devant l’autre. Si les Jeux sont annulés, je réessaierai pour les autres d’après. Je ne peux pas abandonner si près du but, vu que ce sera la toute première fois que les femmes seront aux Olympiques en canoë.

Durant toute ma carrière, j’ai pensé aux Jeux olympiques. Je regretterais tellement de ne pas y aller ou de ne pas me permettre d’y aller en ne faisant pas de mon mieux.

Laurence Vincent Lapointe

Les embûches ne manquent pas sur le parcours tortueux de Vincent Lapointe. Mais elle garde le moral en dépit de l’incertitude quant aux prochains Jeux et de sa suspension pour dopage, qui a finalement été levée.

Je me suis rendu compte que j’étais plus résiliente que je ne le pensais, confie-t-elle. En tant qu’athlète, on a de la force mentale. Mais ce que j’ai dû traverser, je ne pensais pas en être capable. Et finalement, j’ai réussi, avec beaucoup d’aide, bien entendu, mais ça m’a appris des choses sur moi-même. Et cette année, dans ce contexte-ci, au moins, ce n’est pas moi contre le monde.

Bien qu’elle ait été innocentée des accusations qui pesaient contre elle, la bachelière en sciences biomédicales admet que ce chapitre de sa carrière la suit encore.

Ça arrive une fois de temps en temps que quelqu’un qui ne vient même pas du Canada et qui n’a pas suivi mon histoire fasse un commentaire :  "Ah, elle a été suspendue." Mais en général, les gens qui savent ce qui est arrivé sont fiers et contents pour moi que ce soit réglé.

Il y a même eu un article qui parlait récemment de deux athlètes américaines qui ont aussi été capables de prouver qu’elles avaient été contaminées par transmission sexuelle. Et deux spécialistes disaient que ma situation était encore plus claire parce que j’ai fait tellement d’analyses, ça ne pouvait être autre chose. J’en ai la confirmation, de plus en plus.

Si le monde pense encore que je suis une tricheuse, je ne peux rien y changer.

Laurence Vincent Lapointe

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