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Réouverture des salles d'entraînement : entre soulagement et prudence

Un homme marche dans un grand gymnase.

Les salles d'entraînement ont rouvert lundi au Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Michel Chabot

Le sport retrouve peu à peu la place qu’il occupait avant la pandémie de COVID-19. La réouverture des salles d’entraînement du Québec, lundi, était très attendue. Et Radio-Canada Sports est allé sonder le terrain.

On ne s’en étonnera pas, pour cette première journée d’ouverture, après une pause forcée de plus de trois mois, beaucoup de personnes étaient au rendez-vous.

Je suis très content de pouvoir reprendre un peu de normalité, dit un client. C'est le fun.

Au Gym du Plateau, à Montréal, le propriétaire George Valade ne s’attendait pas à autant d’affluence, mais la situation a été bien gérée, selon lui.

La clientèle a été bien répartie au cours de la journée, donc il n’y avait pas un achalandage exagéré pour créer un problème quant à la distanciation sociale.

Au Centre Nautilus Plus du Plateau-Mont-Royal, on respecte également la limite de 50 clients à la fois. Sur place, les gens constatent sans trop de surprise qu’il faut se plier aux exigences de la santé publique, comme dans tous les commerces d’ailleurs.

Les clients sont prêts à ça, ils s'attendaient à de nouvelles consignes. Je ne pense pas qu'ils sont étonnés. Ils arrivent avec un bon état d’esprit.

Une citation de :Jade Poudrier, gérante du Nautilus Plus du Plateau-Mont-Royal

Une machine sur deux n'est pas utilisable, poursuit-elle. On a mis des affiches "deux mètres de distance". On a acheté des lavabos, il y a du désinfectant partout pour que les gens puissent nettoyer les machines avant et après leur exercice.

Au Gym du Plateau, c’est à un employé que revient la tâche de garder l’équipement propre.

En permanence, on a une personne qui fait la désinfection de tous les appareils et qui fait la vigie sur le plancher, dit Georges Valade. Et en même temps, on a nos entraîneurs et notre personnel de comptoirs qui s’assurent qu’il y ait un respect des mesures de distanciation.

Un homme s'exerce des poids dans un gymnase.

Un homme s'exerce dans un gymnase.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Boudreault

Dans les deux centres concernés, on déconseille l’utilisation des vestiaires. On recommande plutôt aux membres d’arriver prêts pour leur entraînement et de partir une fois leur séance terminée.

D’autre part, le port du masque n’est pas très répandu, selon ce que nous avons vu et entendu.

C'est ce que je constate aussi, dit un client. Je me pose la question... j'apporterai un masque, c'est certain. Je ne vais pas courir avec un masque. Mais on peut faire de l'exercice et s'étirer.

À cause du retour de CO2, pour faire de l’activité physique, l'utilisation du masque, c’est déconseillé.

Une citation de :George Valade, propriétaire du Gym du Plateau

De nombreux employés de ces salles d’entraînement portent toutefois des masques, particulièrement ceux qui ont à se retrouver à proximité des clients.

Une clientèle à rebâtir

Pendant les trois mois de fermeture, un phénomène d’attrition naturelle s’est opéré. Des membres ne se sont pas réabonnés et aucun nouvel abonnement ne s'est ajouté, si bien qu’il y a moins de membres qu’il y en avait en mars dernier.

Nous sommes également en période estivale, les gens fréquentent moins le gym, ils préfèrent s’adonner à des activités à l’extérieur, soutient M. Valade, propriétaire d'un autre gymnase à Montréal.

Autre phénomène qui fait maintenant partie de la réalité, avec le grand nombre de personnes qui font du télétravail, l’achalandage est moins concentré et plus réparti sur l'ensemble de la journée, nous dit-on, si bien que pour l’instant, le gérer semble relativement simple.

Au centre d’escalade Allez Up, dans le quartier Pointe-Saint-Charles à Montréal, aucun problème de ce côté.

On ne voulait pas refuser les gens à la porte, donc on a un système de réservations pour des blocs de deux heures, dit la propriétaire Geneviève de la Plante. Pour nous, c’est la façon la plus simple de procéder. Il n’y a personne qui arrive déçu de ne pas grimper, tout le monde sait quand il ou elle doit venir.

Là aussi on doit respecter la limite des 50 personnes, y compris les employés. C’est beaucoup moins qu’avant la pandémie pour cette très grande salle.

Souvent, le soir, on pouvait être 100 ou 120 personnes, estime Mme de la Plante. On va voir ce que ça va donner cet été.

Les heures d’ouverture y sont en ce moment réduites parce que la direction doit faire entrer tous ses employés en même temps. Une situation temporaire qui évoluera au fil des semaines.

Il y a plus d’étapes à franchir avant de commencer à grimper. Alors ça prend plus de supervision pour que les gens respectent la distance sociale.

La patronne d’Allez Up évalue à 30 % la proportion de ses clients qui se servent d'un masque, mais tous les employés le portent, ou portent sinon la visière.

Et c’est avec le lavage des mains après chaque ascension que la prévention de la contagion est faite parmi les utilisateurs. Nettoyer les blocs entre chacun d’eux aurait été une opération de haute voltige.

Un mur d'escalade

Le centre d'escalade Allez Up

Photo : Allez Up

Une industrie en croissance

On compte une douzaine de centres d’escalade dans le Grand Montréal et tous ont survécu à la crise, selon Geneviève de la Plante, dont la famille opère aussi d’autres établissements du genre à Halifax, à Toronto et à Victoria.

Montréal, dit-elle, est la ville canadienne où le plus de salles d’escalade ont été ouvertes depuis 2012.

Le nombre a explosé et toute l’escalade est bonne à Montréal, soutient-elle. C’est compétitif.

N’empêche, cette réouverture soulage les acteurs de l'industrie.

On a eu des appels de tous les propriétaires de salles d’escalade du Québec pendant la fermeture pour élaborer un plan de déconfinement et certains craignaient vraiment pour leur entreprise. Alors retrouver les gens dans son espace, c’est vraiment plaisant et ça laisse respirer un peu.

Une citation de :Geneviève de la Plante, propriétaire d'Allez Up

(Avec les informations de Jean-François Poirier)

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