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Va-t-on trop vite pour la relance du sport professionnel?

Un entraîneur de hockey donne des directives durant un entraînement.

Le Lightning de Tampa Bay a été frappé par des cas de COVID, comme les équipes du baseball majeur dont les centres d'entraînement sont en Floride.

Photo : The Associated Press / Chris O'Meara

Jean-François Chabot

La relance du sport de haut niveau, même à huis clos ou dans des environnements contrôlés, ne semble pas freiner l’apparition de nouvelles éclosions de cas de la COVID-19 parmi les athlètes, les entraîneurs et l’entourage des équipes.

La Dre Cécile Tremblay, professeure titulaire à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal au sein du département de microbiologie, infectiologie et immunologie, estime que dans certains cas, on a peut-être rouvert la porte un peu trop vite.

Elle a accepté de répondre aux questions de Radio-Canada Sports.


Q. - On observe depuis environ deux semaines des relances d’activités dans le sport, notamment au niveau professionnel, mais on voit aussi apparaître de nouveaux cas ou des éclosions dans des compétitions ou des centres d'entraînement pourtant fermés au public. Est-ce quelque chose qui vous surprend?

R. Non, ça ne me surprend pas du tout, parce que le monde du sport et les équipes sportives sont des milieux où les contacts sont étroits entre les gens, ne serait-ce que dans les vestiaires ou parce que les sports eux-mêmes feront en sorte que les gens vont se toucher ou se rapprocher de très près. Ce sont des endroits parfaits pour soutenir une transmission du virus.


Q. - Est-ce que, selon vous, la tendance actuelle à rouvrir est trop hâtive?

R. Je pense qu’il y a des différences à faire entre le sport professionnel et le sport que les enfants vont faire, durant l’été, dans les parcs. Parce qu’on s’entend pour dire qu’on ne peut pas empêcher les enfants de bouger éternellement. On accepte plus facilement qu’il y ait un risque possible de contamination des enfants via le sport amateur ou dans des activités non organisées parce qu’on sait que la maladie est moins sévère chez eux.

Ce n’est pas du tout la situation des équipes professionnelles où elles se rendent compte, les unes après les autres, qu’en débutant les activités sportives, elles commencent avec six ou huit personnes d’une même équipe qui sont contaminées. Alors, elles sont obligées d’arrêter.

Je pense que cela dépend de l’endroit où les gens se trouvent et du niveau de contrôle. La réponse va être différente d’un milieu à l’autre. Si on est au Québec ou en dehors de Montréal où il n’y a pas eu de transmission depuis des semaines, à ce moment-là, c’est raisonnable de commencer tranquillement des activités sportives, bien entendu sans spectateurs et en respectant la distanciation.

Mais si on est dans un endroit comme aux États-Unis où il y a encore énormément de propagations, probablement que l’on va un peu trop vite.


Q. - La LNH songe encore à relancer ses activités à la fin juillet ou au début août. Pensez-vous que cela fait courir un trop grand risque aux athlètes?

R. Ça fait certainement courir un risque. Pensons simplement à la saison de l’influenza dans la Ligue nationale de hockey. Toutes les saisons, on voit quelques joueurs dans toutes les équipes qui sont affectés par l’influenza qui ne peuvent pas jouer pendant quelques parties.

La COVID est encore plus contagieuse et les risques de complications sont plus sévères. Alors oui, je pense qu’il y a un risque. Mais là encore, tout dépend du milieu dans lequel on est, ou de la ville dans laquelle on est. Les équipes vont voyager d’une ville à l’autre, créant encore plus d’occasions de propager le virus.


Q. - Est-ce qu’il y a une façon 100 % sûre de pratiquer des sports d’équipe tout en éliminant le risque de contamination?

R. Il n’y a pas de façon d’éliminer le risque à 100 % tant que l’on n’aura pas un vaccin efficace. À ce moment-là, ça va devenir beaucoup plus sécuritaire. Il y a quand même moyen de minimiser les risques en respectant les distances, quoiqu’au hockey, on ne peut pas vraiment respecter les distances.

Il faut surtout déconfiner dans des lieux où l’épidémie est contrôlée. C’est la condition principale afin de contempler la réouverture. Il faut que l’on soit dans un milieu où il n’y a pas de propagation communautaire étendue.


Q. - Quelle serait votre première recommandation aux responsables du Canadien, des Alouettes ou de l’Impact, s'ils vous contactaient?

R. Je fournirais les mêmes recommandations que la santé publique fait, c’est-à-dire qu’ils acceptent de faire des pratiques compte tenu du fait que l’on voit que la transmission à Montréal a beaucoup diminué.

Je pense que c’est raisonnable d’avoir des pratiques en gardant une distance.

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