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chronique

Finalement, ça n’ira peut-être pas bien du tout

Il salue la foule.

Rudy Gobert du Jazz de l'Utah

Photo : Reuters / USA Today Sports

Vous souvenez-vous du soir où la NBA a interrompu toutes ses activités parce que Rudy Gobert avait été déclaré positif à la COVID-19? C’était une autre époque. C’était tellement mois de mars comme réaction...

À côté de l’histoire de Gobert, ce qui se produit depuis une semaine sur la planète sportive nord-américaine ressemble à l’Armageddon. Mais le spectacle doit continuer, semble-t-il.

Alors que la vie reprend un semblant de normalité dans la plupart des pays de l’Union européenne, les États américains qui ont rapidement aboli les consignes de confinement sont en train de ramener tout le continent à la case départ.

Et tous les astucieux projets de retour au jeu orchestrés par des championnats pressés de se rebrancher sur la pompe à dollars semblent désormais aussi fragiles que des châteaux de cartes.

***

Le week-end a commencé avec une communication de la PGA révélant que Nick Watney avait produit un test positif vendredi et qu’il devait se placer en quarantaine pendant 10 jours en Caroline du Sud (le tournoi de la fin de semaine était disputé à Hilton Head).

Le golfeur mexicain Carlos Ortiz s’est dit choqué par ce qu’il avait vu à Hilton Head avant le début du tournoi.

Personne ne se soucie des règles de distanciation sociale à Hilton Head. Il y a des rassemblements partout, les plages sont bondées et les restaurants sont remplis, avec des enfants qui courent partout, a raconté Ortiz.

Ce n’est toutefois rien à côté de l’hécatombe survenue au football universitaire américain, où les entraînements en groupes restreints avaient récemment commencé. Le football de la NCAA génère des revenus de télévision et de marchandisage de près de 900 millions de dollars chaque année.

Et contrairement aux négociations survenues ces derniers mois entre les syndicats de joueurs et les propriétaires des ligues professionnelles, les footballeurs universitaires n’ont pas eu droit au chapitre quand est venu le temps d’établir des règles encadrant leur retour à l’entraînement.

Le programme de l’Université Lousiana State (LSU) a placé plus de 30 joueurs en quarantaine, selon Sports Illustrated. L’Université Clemson a révélé que 23 de ses joueurs avaient contracté le coronavirus. Pour sa part, l’Université du Texas a annoncé vendredi que 13 nouveaux cas de COVID-19 parmi ses footballeurs s’étaient ajoutés aux deux cas découverts la semaine dernière. Kansas State University a par ailleurs suspendu toutes les activités du programme de football après que 14 de ses athlètes, tous sports confondus, eurent été déclarés positifs.

***

Voyant ce qui se passait au football collégial, l’Association des joueurs de la NFL a demandé à ses membres de cesser de participer à des entraînements privés avec d’autres joueurs avant le début officiel des camps d'entraînement, prévu dans la dernière semaine de juillet.

Parlant d’entraînements privés, aussi récemment que le 31 mai, je vous racontais dans cette chronique que de très nombreux joueurs de la Ligue nationale de hockey (LNH), soucieux de bien se préparer en vue des séries estivales de la Coupe Stanley, ne respectaient plus les règles de distanciation physique depuis longtemps.

Juste avant le week-end, on a appris qu’Auston Matthews, qui s’entraînait en Arizona au sein de l’un de ces groupes privés, était atteint de la COVID-19, comme plusieurs de ses partenaires d’entraînement membres des Coyotes. Le Lightning de Tampa Bay a par ailleurs fermé son complexe d’entraînement après que trois de ses joueurs et deux employés eurent contracté le virus.

Que fera la LNH, au juste, si trois joueurs et deux employés d’une équipe produisent des tests positifs en septembre prochain à la veille de la finale ou de la demi-finale de la Coupe Stanley?

Le circuit Bettman a d’ailleurs fait savoir durant le week-end qu’elle s’occupera dorénavant elle-même de divulguer les cas de COVID-19 recensés dans les 24 équipes toujours en lice. Ces bulletins seront publiés une fois par semaine, sans que les joueurs atteints ou leur équipe soient identifiés.

Plus opaque que ça, tu meurs. Cette nouvelle politique d’information vous rassure-t-elle?

Ah oui, en passant, le premier bulletin de santé de la LNH révélait que 11 des 200 joueurs qui ont été testés dans les sites d’entraînement de leur équipe étaient porteurs de la COVID-19.

***

Du côté du baseball majeur (MLB), où le directeur général de l’Association des joueurs Tony Clark et le commissaire Rob Manfred étaient déjà incapables de convenir d’un plan financier permettant de lancer la saison 2020, les sites d’entraînement des 30 équipes ont été fermés!

Vendredi, les Phillies de Philadelphie avaient fermé leurs installations en expliquant que cinq de leurs joueurs et trois employés avaient produit des résultats positifs. Les Blue Jays de Toronto et les Diamondbacks de l’Arizona avaient fait de même parce que certains de leurs joueurs présentaient des symptômes de la COVID-19.

La Floride et l’Arizona étant maintenant des foyers d’éclosion importants, la MLB a l’intention de se tenir loin de ces deux États. On demandera donc aux équipes de tenir leur camp d’entraînement dans leur ville respective.

N’est-ce pas une bonne idée d’extraire des athlètes implantés dans deux des plus virulents foyers de COVID-19 des États-Unis et de les disséminer à la grandeur du pays?

The show must go on (le spectacle doit continuer), comme disent nos amis anglophones.

Quant à l’Association des joueurs, qui a reçu une offre finale de la part des propriétaires pour entreprendre une saison de 60 matchs, ses décideurs préfèrent désormais vérifier encore plus minutieusement comment ses membres seront protégés en matière de sécurité et de santé avant de les faire voter sur un éventuel retour au jeu.

***

Des experts commencent à prédire que la Floride, où plusieurs records quotidiens de contaminations ont été battus au cours de la dernière semaine, sera la prochaine zone chaude du continent nord-américain.

Or, dans moins de deux semaines, 22 équipes de la NBA et 26 équipes de la MLS s’installeront tout près d’Orlando, à Disney World, pour y disputer des séries (la NBA) et un tournoi dont la formule rappelle celle de la Coupe du monde (la MLS).

Imaginez si, en avril dernier alors que New York était l’épicentre de la COVID-19, on vous avait annoncé que deux ligues sportives majeures avaient l'idée d’y installer 48 équipes avec tout ce que ça comporte comme entraîneurs, personnel de soutien, accompagnateurs et employés des réseaux de télévision pour retransmettre les matchs.

Les dirigeants de ses circuits auraient passé pour des fous furieux. Mais le public est désormais tellement insensibilisé qu’on se demande tout bonnement si la bulle censée protéger les joueurs tiendra le coup.

Il y a quelques jours à peine, les amateurs de sport se réjouissaient à l’idée de voir les championnats majeurs reprendre leurs activités, même si ces retours à la compétition devaient se faire à huis clos. On se disait que la vie allait encore plus reprendre un semblant de normalité.

Or, rien de ce qui s’est produit au cours des derniers jours n’était normal. Après avoir lu tout ce qui précède, qui peut sérieusement arguer que le monde du sport est en meilleure posture aujourd’hui qu’il ne l’était le 11 mars dernier quand Rudy Gobert avait été déclaré positif?

Un vieil adage du hockey veut qu’une équipe doive rester en santé pour pouvoir espérer remporter la Coupe Stanley. Ça n’aura jamais été aussi vrai que cette année.

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