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Arrêt sur images pour Jonathan Drouin

Il lève les bras devant le banc de ses adversaires.

Jonathan Drouin a marqué deux buts en échappée.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour la première fois en plus de trois mois, la plus longue séquence sans patiner de Jonathan Drouin « depuis [qu’il] est né », le Québécois a pu retrouver ses sensations bottines aux pieds, mardi. Rassurez-vous, elles sont bonnes.

Le complexe d’entraînement du Canadien a ouvert ses portes en début de semaine et Drouin est l’un des cinq joueurs à s’être prévalu des installations, avec tout ce que ça comporte d’ajustements et de restrictions sanitaires. La nouvelle normalité, finalement.

Quand on a quitté le CH le 11 mars, Drouin, sur le point de revenir au jeu après une blessure à la cheville qui s’ajoutait à une opération au poignet qui tardait à guérir complètement, était le point de mire de l’actualité tricolore.

Trois mois plus tard, il l’est encore. D’abord, de bonnes nouvelles.

Je n’ai pas eu de traitements pendant le confinement, mais j’ai eu du temps. Mon poignet, ça m’a fait du bien. Le timing n’était pas le fun, mais ça m’a donné une pause. J’avais des blessures à la cheville et au poignet. Mais là, les deux sont rétablis. Je n’ai pas de craintes, rien. Je peux arriver à l’aréna et jouer au hockey sans faire de traitements, a expliqué l’ailier gauche mercredi.

Heureuse affaire, disions-nous, car les prouesses sur la glace du jeune homme étaient diamétralement opposées entre le début de campagne avec un corps bien reposé et les quelques matchs au retour.

Quinze points en 19 matchs pour amorcer la saison, un différentiel de +4, une hargne et une explosivité constante qu’il n’avait auparavant l’habitude de montrer qu’à l’occasion. Blanchi en huit rencontres à son retour en février, différentiel de -10, vague impression d’abattement et de craintes.

Impression confirmée par Drouin lui-même, qui a répété être fier de ses 20 derniers matchs.

Mais quand tu te blesses pendant trois, quatre mois, tu vas perdre le beat, a-t-il dit simplement.

Chance inespérée

Pour Drouin comme pour son équipe, cette qualification surprise au tour éliminatoire de la LNH lui permettra peut-être de se reprendre. C’est le souhait et c’est avec cet objectif en tête que le buteur de Sainte-Agathe a profité de cette pause forcée.

Il est donc revenu à la recette qu’il l’a bien servi l’été dernier : étudier des séquences vidéo. De son jeu d’abord.

C’est compliqué. Il y a des aspects de ton jeu où tu es bon pendant un mois et mauvais pendant un mois. Tu veux comprendre.

De celui des autres.

Avec mon deck, j’essaie de travailler mon lancer. Je regarde des gars comme (Auston) Matthews, (Patrik) Laine, tu les regardes lancer la rondelle de partout. Avec les trois mois, si tu n’as pas pris la chance de regarder ta game ou des aspects de ta game, je pense que tu as perdu ton temps. Je me suis entraîné, mais j’ai passé beaucoup de temps sur mon deck à regarder quelques vidéos pour lancer de façons différentes, a-t-il ajouté.

Il tente de s’inspirer de Mitch Marner aussi, en qui il voit un joueur au style passablement similaire au sien.

Bref, il étudie, convaincu qu’il s’agit pour lui de la clé de voûte pour devenir cette jeune vedette que tout le monde voyait en lui depuis les rangs juniors. Comprendre le secret de la constance, ce qu’il semblait avoir déniché en octobre et novembre.

« Je me sentais plus à l’aise dans ces premiers mois qu’à n’importe quel autre moment à Montréal […] Je ne suis pas inquiet. Je sais que je peux revenir à ce niveau-là. J’ai vu que je pouvais être un joueur d’impact chaque soir si je me présente et que je joue de la bonne façon. »

— Une citation de  Jonathan Drouin, attaquant du Canadien

Un recruteur récemment consulté confiait que cette longue période d’inactivité qui force les équipes à se contenter de la vidéo pour évaluer les joueurs pourrait avoir un impact sur le classement de certains d’entre eux en vue du prochain repêchage. À la hausse ou à la baisse.

Grossièrement, certaines tendances, certaines béquilles ou réflexes refuges sont parfois plus facilement cernés devant un écran, expliquait l’homme en question.

Il n’y a pas de raison que la logique ne s’applique pas aux professionnels accomplis, même si les zones d’ombre et les points d’interrogation se sont raréfiés pour un patineur de 25 ans par rapport à un adolescent.

Le contexte semble de plus en plus favorable au retour du hockey cet été. Le défi sera de taille pour le Canadien contre les Penguins de Pittsburgh, et il aura certainement besoin de l’excellence de son attaquant pour le relever.

Drouin a d’ailleurs réitéré qu’il atteignait généralement son apogée dans les contextes éliminatoires en réponse à un collègue qui lui demandait si on pouvait s’attendre à voir le même joueur qu’en 2016 en séries avec le Lightning (14 points en 17 matchs).

C’est à ce moment qu’on saura si cet arrêt sur images aura fait une différence pour le Québécois.

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