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En péril, plusieurs ligues de hockey-balle évitent la « catastrophe »

Le plan de relance du regroupement HockeyQC a été accepté par le gouvernement de François Legault.

Le plan de relance du regroupement HockeyQC a été accepté par le gouvernement de François Legault.

Photo : HockeyQC / Justin Charette-Savoie

Les gestionnaires de ligues de hockey-balle, communément appelé dek hockey, ont tous poussé un soupir de soulagement. Le spectre d'une fin des opérations guettait plusieurs circuits qui s'approchaient dangereusement du bord du gouffre sans la reprise des matchs dans un cadre normal.

Déjà, quelques ligues de hockey sur terrain synthétique ont dû se résoudre à fermer leurs portes, au printemps, en raison de l'arrêt du calendrier hivernal et du report de la saison estivale, causés par la pandémie de COVID-19.

Le feu vert pour la relance des sports extérieurs avec contacts ou rapprochements de courte durée et peu fréquents entera en vigueur le 22 juin, a révélé mercredi la ministre déléguée aux Sports et aux Loisirs, Isabelle Charest, et permettra à bon nombre de propriétaires de souffler un peu après avoir sauvé leur mise.

[On est] fortement touchés financièrement parce que c’est clairement un gros pourcentage des revenus durant l’été pour les entreprises privées qui sont dans le dek hockey, a indiqué Frédéric Bourgoin, président du regroupement HockeyQC, qui compte 32 ligues et près de 30 000 joueurs dans la Belle Province.

Comblé par l'annonce du gouvernement québécois, le responsable des ligues 4AS à Laval et HKQC à Joliette ne craignait pas pour la fermeture des circuits qu’il dirige, mais est bien au fait que ce n’était pas le cas de tout un chacun.

Le fondateur de HockeyQC en 2010 considère absolument qu'il était minuit moins une pour des homologues de l'association qu'il préside. Des répercussions sont déjà perceptibles, même si le pire des scénarios a été évité.

J’ai parlé avec plusieurs propriétaires, et ils sont impatients de commencer en voyant l’impact financier sur leur organisation [...] Les investissements et les frais fixes sont énormes, et l’impact financier pourrait avoir des effets catastrophiques pour certaines organisations.

Frédéric Bourgoin, président et fondateur de HockeyQC

Une saison morte, ça aurait été une perte de revenus assez catastrophique pour nos finances. On avait des projets d’expansion [...] et fait des investissements d’infrastructures, a renchéri David Labrecque, directeur général du complexe sportif Alphonse-Desjardins (CSAD) de Trois-Rivières, l’organisme qui assure la gestion de la ligue Dek 3R.

Si la saison d'été 2020 avait été annulée, le manque à gagner pour une vaste organisation se serait élevé à plusieurs centaines de milliers de dollars.

La gestion ardue des locations

Dans l’optique d’éponger les pertes financières, des dirigeants ont donné à loyer leurs surfaces de jeu pour permettre aux équipes de s’entraîner, tandis que d’autres, tel que Dekhockey Lévis, se sont tournés vers un sport distinct, comme le pickleball qui a généré un engouement satisfaisant, a affirmé le copropriétaire Alain Roy.

L’enthousiasme des hockeyeurs pour louer les terrains inoccupés était palpable, les plages horaires disponibles ne le demeuraient pas bien longtemps, sauf que cette perspective a ouvert une brèche aux récalcitrants.

Les matchs de hockey-balle pourront reprendre au Québec à partir du 22 juin.

Les matchs de hockey-balle pourront reprendre au Québec à partir du 22 juin.

Photo : Planète dek

Le président de HockeyQC s'expliquait mal le fait que des ligues louaient clandestinement et permettaient des matchs avant que la ministre Charest ne donne son aval au retour des activités sportives extérieures avec contacts, déplorant avec incompréhension une zone grise.

Un propriétaire qui a voulu taire son nom abonde dans le même sens que Frédéric Bourgoin et confie avoir dû calmer les ardeurs de ses clients sur une base quotidienne.

On dirait que plusieurs personnes ne prenaient plus au sérieux la COVID-19 [...] Ce n'est peut-être pas une belle approche, mais en écoutant les joueurs, je me rendais compte qu'ils n'avaient pas peur du virus, qu'ils voulaient reprendre le dek hockey coûte que coûte.

Je suis sûr que pas mal tous ceux qui louaient [leurs surfaces] au Québec ont eu le problème d'empêcher des matchs. Les joueurs étaient tannés, ils ne voulaient plus rien savoir, ils veulent courir, ils veulent jouer. C'était désagréable, j'allais à la toilette, et quand je revenais, ils jouaient... Il fallait souvent faire de la discipline, a ajouté l'homme sous le couvert de l'anonymat.

Ça me répugne un peu, sérieusement, ça nuit au sport en général parce que c’est comme si on ne suivait pas les réglementations, comme si on était plus important que le reste des secteurs.

Frédéric Bourgoin, président et fondateur de HockeyQC

Il y a des organisations un peu désobéissantes qui nous font peut-être mal paraître, a enchaîné Frédéric Bourgoin.

La zone dek et ses interrogations

Différentes pistes de solutions ont été examinées par les propriétaires pour lancer un calendrier écourté et minimiser un retard qui prenait de l’ampleur. La formule zone dek, élaborée par HockeyQC, devait être lancée sous peu sur les terrains synthétiques, mais sera finalement étouffée dans l’œuf.

Composé de règlements et de notions que l’on peut retrouver dans le basketball et le volleyball, par exemple, ce nouveau sport, entre guillemets, s’apparente au hockey sur table, bien entendu en grandeur nature, a expliqué Frédéric Bourgoin.

Les responsables étaient assez favorables à son implantation, la majorité des ligues l'auraient employée, sans toutefois s’approcher de l’unanimité. Certains circuits auraient délaissé cette option puisque la réception était plutôt tiède de la part des joueurs.

Je ne pensais pas partir une saison avec la zone dek, j'en ai beaucoup parlé avec mes clients, et ils n'étaient pas tant intéressés, et ce, même si ça avait été présenté de façon temporaire en attendant de repartir pour de bon.

Un propriétaire d'une ligue de hockey-balle

Malgré toute la hâte qui habite les hockeyeurs, l'accueil était quand même mitigé, a également mentionné le DG du CSAD de Trois-Rivières, après avoir sondé ceux qui jouent dans la ligue Dek 3R.

On pense que c’était la meilleure formule dans les circonstances [...] Les gens s’entendaient pour dire que si c’était pour une, deux, trois semaines, peut-être qu’ils auraient pu s'accommoder de ce qu’on appelle du hockey-table [...] Il y avait une déception à ne pas pratiquer le sport comme ils étaient habitués de le faire.

En fait, les [commentaires] négatifs venaient principalement des grosses catégories, chez les hommes et les femmes qui sont habitués de jouer plus intensément, pas avec contacts, mais ça veut la balle, a conclu Martin Allard, copropriétaire de DekHockey Drummond.

Une formule à conserver, voire à peaufiner, si une deuxième vague de COVID-19 devait déferler dans un avenir rapproché sur le Québec, de loin la province canadienne la plus touchée avec 54 % des cas connus au pays.

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