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Valérie Grenier ronge son frein en attendant un retour sur neige

Valérie Grenier soulève une barre d'haltères.

Valérie Grenier soulève une barre d'haltères.

Photo : Valérie Grenier

Après deux opérations à la jambe droite, Valérie Grenier a complètement récupéré et a profité du confinement pour travailler sa force physique. Elle attend impatiemment le feu vert de sa fédération pour retrouver l'équipe nationale.

Elle l'a échappé belle. Quelques jours de moins et elle partait pour l'Italie rejoindre l'équipe nationale au moment où la pandémie commençait à donner ses coups de faux dans le nord du pays. Au début de mars, son entraîneur lui avait dit de faire ses bagages.

C’était un peu stressant, car j’étais à Calgary pour des tests, et Manuel Osborne-Paradis m’entendait dire que j’allais peut-être aller en Europe, raconte la skieuse ontarienne.

Il m'a dit : "Ben non, tu ne peux pas y aller." Plusieurs personnes me disaient de ne pas y aller, et j’étais d’accord avec eux. Mais mon entraîneur me disait d'aller le rejoindre, que ce devrait être correct, car la pandémie n’était pas au même endroit, il pensait que c’était sécuritaire.

Valérie Grenier a même reçu un appel de la présidente de Canada Alpin, Vania Grandi.

Elle me disait : "Non, non, tu ne peux pas partir." Mais je lui ai dit : "Ne t'inquiète pas, moi aussi je pense que ce n’est pas une bonne idée."

En quelques jours, ça a changé tellement rapidement. Mon entraîneur a réalisé que ce n’était vraiment pas une bonne idée pour moi d’aller là-bas, alors que tout le monde tentait de sortir du pays. J’ai été chanceuse de ne pas avoir décidé d’y aller.

Valérie Grenier
Elle est assise sur son vélo de route et pédale à l'intérieur.

Valérie Grenier

Photo : Valérie Grenier/Instagram

La skieuse de 23 ans a subi de multiples fractures (tibia, péroné et cheville) à la jambe droite lors d'un entraînement en descente aux Championnats du monde en février 2019. Elle a été opérée deux fois, la dernière en juin 2019.

À Calgary, on a fait plein de tests. Sur le vélo, ça s’est super bien passé, j’ai poussé plus que la dernière fois, fait remarquer celle qui a pris le 6e rang en combiné alpin aux Jeux olympiques des Pyeongchang. J’étais plus forte, mais quand ils comparaient ma force musculaire dans la jambe gauche et la jambe droite, la droite était encore un peu moins forte que la gauche, mais ce n’était pas la fin du monde.

Grenier a dû travailler fort en gymnase durant l'hiver pour retrouver toute la force de sa jambe. Elle avait pu remonter sur ses skis en décembre, à Tremblant, où elle s'entraîne avec Stefan Guay, le frère d'Erik.

Elle lève les bras.

Valérie Grenier heureuse d'être de retour sur ses skis, le 21 décembre 2019 à Tremblant.

Photo : Instagram / Valérie Grenier

Si elle ne ressent plus de douleur, elle a dû toutefois retourner à l'hôpital le 30 mars dernier... en pleine pandémie.

Pour enlever quelques vis dans le bas de ma jambe, et pour faire limer un os parce qu’il y avait une bosse sur le côté de ma jambe droite. J’ai pu remarcher une ou deux semaines après. Et, depuis ce temps-là, tout va bien.

Confinement en famille

Pendant la pandémie, Grenier s'est cloîtrée chez ses parents, à Saint-Isidore, en Ontario.

Il y a des moments où on était tannés d’être tous ensemble, admet-elle. C’était beaucoup, beaucoup de temps, mais on s’aime. Je n’aurais pas voulu vivre ça toute seule.

Et elle a suivi les séances de travail que lui préparait son entraîneur.

Je suis vraiment chanceuse, car on a un gym dans notre maison, au sous-sol. Il est vraiment top. J’ai tout ce dont j’ai besoin.

Valérie Grenier

J’ai continué l’entraînement vraiment intense pour amener ma force physique au max, explique-t-elle. Je n’ai pas pu retourner à Tremblant, donc, ça, ça a été dommage. Mais à ce moment-là, tout le monde devait arrêter de skier quand même. Donc, ce n’est pas comme si je manquais quelque chose.

Quand Valérie Grenier pense qu'elle pourrait être en train de skier, de s'entraîner avec l'équipe, la déprime s'installe un peu. Elle la chasse en s'occupant le corps et l'esprit.

Comme j’habite à la campagne, je fais beaucoup de vélo de route. Maintenant qu’il fait beau, j’en fais beaucoup dehors. Et là, je viens de jouer au tennis. J’ai fait mon entraînement de musculation ce matin.

Pour me garder occupée, je travaille aussi en construction. Avec mon copain, on rénove une maison, révèle-t-elle. On travaille dessus chaque après-midi et les fins de semaine. C’est le fun, j’apprends beaucoup. Ça me garde en forme et on voit vite le résultat. C’est vraiment cool.

Valérie Grenier utilise une perceuse de sa main droite sur une toiture.

Valérie Grenier au travail sur une toiture

Photo : Valérie Grenier

Vers quel coin du globe pour s'entraîner?

Valérie Grenier a traversé le confinement sans aide financière particulière de sa fédération, juste son soutien lié au brevet selon les standards de performance établis.

Disons que le ski alpin n’a pas beaucoup d’argent, fait-elle remarquer. Je pense qu’il n'en a pas en extra à nous fournir. Mais j’habite chez mes parents, je n’ai pas beaucoup de dépenses, je n’ai pas à payer pour un appartement, je me déplace à peine, donc je n’utilise pas d’essence. Je reçois juste mon carding d’athlète et c’est assez pour vivre.

Maintenant, la championne du monde junior en descente en 2016 attend simplement le feu vert pour pouvoir partir avec l'équipe nationale, peu importe où sur la planète. Comme les destinations dépendent de la pandémie, le Chili a laissé sa place à la Nouvelle-Zélande ou peut-être à la Suisse.

C’est vraiment difficile d’avoir un genre de plan, car on ne sait pas quand on va avoir le droit de voyager internationalement, rappelle la skieuse. L'entraîneur me montre le plan A, le plan B, le plan C, mais chaque fois, c’est vraiment comme un gros point d’interrogation parce qu’on ne sait pas quand on pourra partir.

Valérie Grenier
Valérie Grenier

Valérie Grenier

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

La situation est d'autant plus frustrante pour l'équipe canadienne que les skieurs européens sont de retour en piste depuis quelques semaines déjà.

C’est certain que c’est vraiment plate pour nous. On ne peut même pas se rendre là-bas pour s’entraîner. On peut bien être frustrés ou vouloir changer les choses, mais on ne peut rien faire en ce moment.

En un ou deux jours, je serai prête à partir, affirme-t-elle, un sourire dans la voix. Il faut juste que j’aille chercher mes skis à Tremblant. J’ai vraiment hâte. Là, ça fait beaucoup trop longtemps que je n’ai pas skié ou même fait de parcours. J’ai vraiment hâte.

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