•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La relance du rugby en Nouvelle-Zélande, une petite victoire sur la COVID

Des joueurs sprintent la tête basse.

Les joueurs des Chiefs à l'entraînement

Photo : Getty Images / Michael Bradley

Ce week-end, le public néo-zélandais a pu renouer avec son sport préféré, le rugby. Les autorités du pays ont permis aux spectateurs d’assister aux rencontres sans restrictions.

Après avoir constaté qu’il n’y avait plus de cas actifs de COVID-19 depuis plus de deux semaines, la première ministre Jacinda Ardern a annoncé la fin de l’isolement. Avec une population de cinq millions d’habitants, le pays a dénombré 1504 cas confirmés et 22 décès.

Dans cet archipel, le rugby est le sport numéro un avec ses 150 ans d’histoire. Le premier choc du championnat mettra en scène les Highlanders (Dunedin) contre les puissants Chiefs (Hamilton). Pour la petite histoire, les Chiefs avaient en leur sein, jusqu’à cette année, l’Ontarien Tyler James Ardron, le capitaine de l’équipe canadienne de rugby à 15. Il joue maintenant en France avec l’équipe de Castres.

Ils ont fait un travail de moine pour vaincre le virus, lance le Montréalais Gaston Bruneau, un ancien membre de la Fédération québécoise de rugby parti s’installer à Auckland, où il travaille comme gestionnaire en approvisionnement.

Au départ, elles ont pris une stratégie très dure, poursuit-il au sujet du travail des autorités néo-zélandaises dans leur lutte contre la COVID-19. La Nouvelle-Zélande, c’est quelques îles et on peut donc mieux contrôler nos frontières. On a donc tout fermé rapidement. On est passé immédiatement au niveau 4, qui correspond à une fermeture draconienne. On a fermé toutes les entreprises qui n’étaient pas jugées essentielles. Puis, graduellement, on est passé au niveau 3, puis 2, puis 1.

Tout revient donc à la normale dans l’archipel, mais la population garde en mémoire les consignes de sécurité suivies durant toute la pandémie. Dans un pays où le rugby est une réelle passion, la nouvelle de l’ouverture des stades et de la reprise du championnat a été acclamée.

Nous l’avons accueillie à bras ouverts, explique Gaston Bruneau. Les deux matchs d’ouverture se jouent à guichets fermés. Difficile de prendre le pouls de tout mon entourage, car nous avons été isolés ces derniers temps. Mais dans les médias, on sent que l’on attendait cela avec impatience. On sent que l’on est prêt et qu’on veut jouer.

Un peuple sportif

Gaston Bruneau a pu constater que les Néo-Zélandais sont un peuple doté d’une culture sportive très développée.

Ici, tout le monde suit un sport. Il n’y a pas de différence entre un sport féminin ou masculin. Le rugby est bien sûr le sport le plus suivi. Pour vous donner une comparaison avec l’équipe canadienne de hockey, tout le monde s’attend à ce quelle face bonne figure aux Olympiques, dans les championnats du monde… Ici, on s’attend toujours à ce que les All Blacks, l’équipe nationale de rugby, fassent bonne figure et gagnent la Coupe du monde. Si l’équipe perd, c’est comme si l’on déclenchait immédiatement une commission d’enquête royale, dit-il en riant.

En plus des joueurs néo-zélandais, le championnat de rugby rassemble des joueurs venus des îles du Pacifique : Fidji, Samoa et Tonga. Il y a même des joueurs qui deviennent Néo-Zélandais d’adoption avec l’espoir d’intégrer un jour la célèbre équipe des All Blacks.

Au niveau du sport, on ne regarde pas qu’on soit blanc, maori ou du Pacifique, lance Gaston Bruneau. On regarde l’équipe. C’est donc une intégration, une acceptation de l’autre.

Un curieux championnat

Imaginez un instant que la Ligue nationale de hockey décide d’inviter des équipes provenant d’autres pays pour son championnat. C’est ce qui arrive dans le championnat de rugby néo-zélandais, le Super Rugby Aotearoa.

Le Super Rugby à la base, c’est l’association de trois fédérations : sud-africaine, néo-zélandaise et australienne. Compte tenu de leur population respective, il apparaissait plus rentable de s’associer, explique Gaston Bruneau. Les trois fédérations se sont donc mises ensemble pour faire un championnat professionnel. Bon, les distances sont importantes, mais cela permet de garder un très bon niveau de rugby.

Avec la pandémie qui sévit dans d’autres pays, les autorités néo-zélandaises ont décidé que le championnat ne serait ouvert qu’aux équipes locales. L’Australie, l’Afrique du Sud, le Japon et l’Argentine ne seront donc pas de la partie.

Le rugby est sans conteste un sport de contact, mais les autorités croient à la relance du sport en période de pandémie. Les camps des équipes ont été étroitement surveillés. Les joueurs sont suivis et testés régulièrement.

Chez les Bruneau, l’ambiance s’annonce électrique pour la reprise de la saison.

On est un foyer divisé. Ma femme, avec ses souches, est une fan des Chiefs. Et moi, j’ai décidé que, par défaut, étant à Auckland, c’était les Blues.

Les Blues ont joué dimanche le deuxième match d’ouverture de la saison contre les Hurricanes de Wellington. 43 000 spectateurs ont assisté au match dans l’Eden Park, le stade qui accueille traditionnellement l’équipe des All Blacks.

Avec cette liberté retrouvée et en attendant les premiers applaudissements dans les stades néo-zélandais, on peut dire que les Kiwis ont gagné leur premier match en plaquant le virus.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Rugby

Sports