•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
chronique

Il y a 25 ans, Jean Alesi remportait à Montréal sa seule victoire en F1

Jean Alesi salue le public montréalais après sa victoire au GP du Canada en 1995 sur la voiture de Michael Schumacher.

Jean Alesi salue le public montréalais après sa victoire au GP du Canada en 1995.

Photo : La Presse canadienne / JACQUES BOISSINOT

Le pilote français Jean Alesi a remporté une victoire historique à Montréal le 11 juin 1995. Il l'a emporté dans la Ferrari no 27, numéro qu'avait Gilles Villeneuve en son temps, sur le circuit qui porte son nom.

Déjà 25 ans. Radio-Canada diffusait les courses de F1 à cette époque et avait invité l'ancien pilote de Ferrari René Arnoux, grand ami de Gilles Villeneuve, à commenter l'épreuve.

Vous imaginez son émotion quand Jean Alesi a passé la ligne d'arrivée en vainqueur.

Un pilote de Ferrari remportait la victoire dans la voiture no 27, et par surcroît Jean Alesi, un francophone qui pilotait pour la Scuderia depuis 1990, et qui était toujours à la recherche de sa première victoire.

Jean Alesi dans la Ferrari 412T2 roule sur le circuit Gilles-Villeneuve lors du Grand Prix du Canada de 1995, derrière la Williams de Damon Hill.

Jean Alesi dans la Ferrari 412T2 au Grand Prix du Canada de 1995, derrière la Williams de Damon Hill

Photo : Getty Images / Pascal Rondeau

Une fois la ligne d'arrivée franchie, et la victoire en poche, il est tombé en panne d'essence dans son tour d'honneur.

Descendu de sa Ferrari, éteinte, il a été ému par ce public qui lui a alors offert une belle ovation. Les gens scandaient son nom.

Jean Alesi salue la foule, assis sur la Benetton de Michael Schumacher à Montréal en 1995.

Jean Alesi sur la Benetton de Michael Schumacher à Montréal en 1995

Photo : Getty Images

Michael Schumacher, dans sa Benetton (classé 5e de la course), l'a ramené aux puits. L'image d'Alesi assis sur le capot moteur de la Benetton (ce qui lui a valu des brûlures aux fesses) fait partie des images inoubliables du Grand Prix du Canada.

Cette course n'a pas été facile pour Jean Alesi.

Au début, la piste était encore humide après une averse matinale, et Ferrari avait choisi de faire partir ses pilotes en pneus lisses pour le sec. Il s'en est fallu de peu qu'Alesi sorte dans le décor dans les premiers tours. Du 5e sur la grille, il a évité de justesse la Williams de David Coulthard, parti en tête-à-queue, et a pu dépasser trois concurrents pour se placer derrière Schumacher en 2e place.

Sur le circuit Gilles-Villeneuve, la Ferrari 412 T2 était très gourmande en essence, et Alesi a frôlé la panne sèche. Le coéquipier d'Alesi, Gerhard Berger, est d'ailleurs tombé en panne sèche lors de son arrêt aux puits.

Il a fallu qu'un problème mécanique à la Benetton oblige Schumacher à entrer aux puits pour qu'Alesi prenne le commandement.

Le pilote français a compris qu'il avait pris la tête quand il a vu les gens se lever dans les gradins. Son équipe le lui a confirmé lorsqu'il est passé dans la ligne des puits. Il était écrit sur le panneau de Ferrari : P1.

Comme il l'a raconté souvent depuis, il a commencé à pleurer, ce qui lui a causé des problèmes dans les derniers virages.

C’était un moment très touchant parce que tout le monde aimait Jean Alesi, a expliqué Normand Legault, ancien président du Grand Prix du Canada. Il pleurait sous son casque, et il s’est remis à pleurer en conférence de presse. C’était vraiment un beau moment de sport.

À l'arrivée, pendant que Schumacher ramenait le héros du jour, la foule a envahi le circuit avant que les dernières voitures aient pu retourner aux puits.

Le public envahit la piste à la fin du Grand Prix du Canada de 1995.

Le public envahit la piste à la fin du Grand Prix du Canada de 1995.

Photo : Société Radio-Canada / FOM

Des monoplaces ont frôlé les spectateurs qui se dirigeaient vers le podium. On a évité de peu l'accident qui aurait gâché la fête.

Je vois encore René Arnoux, les yeux écarquillés dans la cabine de Radio-Canada, s'écrier : Mon Dieu, il y en a partout, ça sort de tous les côtés!

Jean Alesi, heureux, lève les bras, poings serrés, sur le podium du Grand Prix du Canada de 1995.

Jean Alesi sur le podium du Grand Prix du Canada de 1995

Photo : Getty Images / Pascal Rondeau

Ce 11 juin 1995 restera gravé dans nos mémoires pour toutes ces émotions, et dans celle de Jean Alesi. Le nom de Montréal s'est ce jour-là imprimé sur son cœur.

Peu de pilotes ont le nom de Montréal imprimé sur le cœur, parce qu'ils y ont gagné leur premier grand prix de F1. En dehors de Gilles, je pense à Lewis Hamilton et à Daniel Ricciardo.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Formule 1

Sports