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Selon Erica Wiebe, le Québec gère mieux le retour du sport que l'Alberta

Erica Wiebe, casquée, tient son vélo du guidon des deux mains, et sourit.

Erica Wiebe

Photo : Erica Wiebe

Erica Wiebe est en pleine forme, chez elle à Calgary.

Bien sûr, comme tous les athlètes, la lutteuse a dû quitter les tapis de combat depuis le mois de mars, mais sans aucun regret. Il faut dire que la championne olympique en titre chez les 75 kg a déjà en poche sa qualification pour les Jeux de Tokyo en 2021.

On venait de sortir des qualifications olympiques à Ottawa quand il a fallu se confiner, se souvient Erica Wiebe. J’avais donc deux semaines de pause de lutte de toute façon. Alors, j’ai pris ça tranquille, tout était fermé. Les salles de gym étaient fermées.

Les essais qualificatifs à Ottawa ont été l'une des dernières compétitions à être présentées sur la planète. Le virus avait déjà atteint le Canada, et le tournoi avait d'ailleurs été présenté à huis clos.

À partir de la troisième semaine, j’ai dû penser à mon entraînement, précise-t-elle. J’ai pu travailler dans le garage d’une amie. Je me suis dit : "C’est bon, c’est ma meilleure amie." On désinfecte tout avant et après nos exercices. Ça se passait bien, on se sentait en sécurité.

Cet entraînement est complètement différent de celui que j’ai d’habitude comme lutteuse, mais c’est un tout nouveau défi, et ça me plaît beaucoup. Je suis restée active.

Si Erica Wiebe est si bien dans sa peau, c'est qu'elle a eu le soutien des entraîneurs de Lutte Canada, de l’Institut des sports du Canada à Calgary, de ses amis et de sa famille.

Évidemment, tout n'a pas été au beau fixe dans les trois derniers mois. L'Ontarienne a eu des périodes de doute.

Il y a eu des moments où j’ai eu peur. Est-ce que je fais ce qu’il faut? Il y a eu des moments de solitude, car mon équipe me manque, admet-elle. Ma famille est à Ottawa et je ne peux pas aller lui rendre visite. Des semaines six à huit, là, j’avais vraiment envie que ça termine. C'était de la frustration et de la colère.

Mais depuis un mois, ma colère est tombée. Je me suis fait à l’idée que l’entraînement se passera comme ça pour encore quelques mois. J’ai acheté un vélo de route, je fais tout mon travail de cardio et d’aérobie dehors, et il fait beau. Donc, tout va bien maintenant. Finalement, je suis choyée.

Une citation de :Erica Wiebe

Il faut dit qu'elle ne sent pas l'urgence de retourner sur les tapis.

Je suis très chanceuse d’avoir pu me qualifier pour les Jeux olympiques juste avant la pandémie. Donc, ma prochaine grosse compétition, c’est le 24 juillet 2021 [ouverture des Jeux olympiques, NDLR].

Erica Wiebe se tient les hanches des deux mains pendant un entraînement à l'extérieur.

Erica Wiebe

Photo : Erica Wiebe

Ce changement de régime l'a physiquement bien servi.

Tout ce temps loin des tapis m’a permis de faire du conditionnement physique de base, ce que je n’aurais jamais le temps de faire d’habitude, précise-t-elle. Je ne me suis jamais sentie aussi en forme.

Erica Wiebe a, de plus, eu le temps de travailler sur deux projets qui lui tiennent à cœur, soit le camp d'été de lutte Rocky Mountain de Jasper, une institution en Alberta depuis 40 ans, dont elle prépare une édition virtuelle pour juillet, et l'organisme Fast and female, qui encourage la pratique du sport chez les jeunes filles.

J’ai longtemps été ambassadrice pour cet organisme, mais depuis l’an dernier, j’en suis la présidente. Nous avons organisé un petit déjeuner en octobre et on a amassé 50 000 $. C’est un des moments de 2019 dont je suis la plus fière, explique-t-elle.

Cette année, on essaie d’amasser de l'argent de façon virtuelle. En ce moment, c’est plus important que jamais que les filles continuent à faire du sport.

Erica Wiebe porte une jeune fille sur son dos pendant une activité de l'organisme Fast and female.

Erica Wiebe pendant une activité de l'organisme Fast and female

Photo : Fast and female

L'Alberta incertaine

Elle sait que le retour sur les tapis n'est pas pour demain, car les sports de combat seront parmi les derniers à recevoir le feu vert des autorités.

Chaque province a ses propres règles. Au Québec, vous avez beaucoup de chance d’avoir Isabelle Charest comme ministre des Sports (sic) [Mme Charest est ministre déléguée à l'Éducation qui a sous sa juridiction la Direction du sport, du loisir et de l'activité physique, NDLR], dit la médaillée d'or des Jeux de 2016. Elle a fait une priorité du retour à l’entraînement des athlètes de haut niveau, ce qui est très important. Le sport est un outil essentiel, quel que soit le niveau, pour se maintenir en forme physiquement et psychologiquement.

Erica Wiebe, pensive, dans son chandail rouge, regarde vers la gauche.

Erica Wiebe en entrevue à Radio-Canada

Photo : Société Radio-Canada

En Alberta, on ne sait pas trop ce qu’ils veulent faire. En ce moment, le sport ne fait pas partie des priorités, peu importe le niveau. Pour l’instant, on trouve ça pénible.

Une citation de :Erica Wiebe

Il faudra bien que les athlètes canadiens retournent sur les tapis pour rattraper le temps perdu.

Je sais que les Chinois se sont cloîtrés dans les installations olympiques, ont fait une quarantaine et travaillent ensemble. Ils n’ont jamais arrêté de s’entraîner. Alors que pour plusieurs de mes amis et compétiteurs en Afrique, au Nigeria, tout est fermé, ils n’ont aucun accès aux installations.

Erica Wiebe a pris conseil d'Antoine Valois-Fortier qui est resté loin des tatamis pendant quatre mois le temps de se remettre d'une opération au dos en juillet 2018. Elle n'a aucune inquiétude.

Je voulais savoir s’il avait retrouvé toutes ses sensations sur le tapis, lance-t-elle. Vous savez, en lutte comme en judo, tout est une question de sensations pour retrouver vos réflexes face à votre adversaire.

Erica Wiebe, en combinaison, serre le poing au terme d'un combat.

La lutteuse canadienne Erica Wiebe

Photo : Associated Press / Manish Swarup

C’est vrai qu’il n’y a pas de camps d’entraînement internationaux, mais j’ai un très bon environnement de travail à Calgary. Et même sans partenaire de calibre international, sans compétition internationale, je pourrai quand même être une des meilleures en 2021. Je serai encore plus dangereuse , dit-elle avec assurance.

Le report des Jeux olympiques à 2021 aurait pu être un obstacle encore plus grand pour l'athlète trentenaire.

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