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Sean McColl, le Spider-Man de Vancouver

Plan rapproché d'un athlète sur un mur d'escalade

Sean McColl a remporté un titre mondial en 2012

Photo : Radio-Canada

Il y a quelques mois, Sean McColl était tout sourire. Il faut dire que non seulement son sport, l’escalade, allait faire son entrée officielle aux Jeux de Tokyo, mais en plus il avait son billet de qualification en poche. La COVID-19 est venue freiner brutalement l’ascension du grimpeur canadien.

Délaissant ses murs le temps d’une entrevue, McColl explique que les derniers mois lui ont fait vivre une gamme d’émotions.

Quand j’ai appris la nouvelle du report des Jeux, j’étais partagé dans mes émotions. Je trouvais que c’était une bonne décision, mais j’étais aussi un peu triste. Si les Jeux devaient être annulés, je serais également triste, mais cela veut dire aussi que le monde est encore en pleine pandémie, et même que la situation s’est empirée. Mais les Jeux olympiques ne sont pas plus importants que la vie humaine.

Dans tous les cas, je serai à Paris en 2024, assure-t-il.

Sean McColl est sur les parois depuis l’âge de 10 ans. À 33 ans, il a derrière lui plus de 150 Coupes du monde et un titre mondial en 2012. En 2024, il aura 37 ans. Les années et son titre de vétéran du circuit ne semblent pas le décourager.

Un athlète grimpe sur un mur blanc et rouge.

Sean McColl aux mondiaux en 2016

Photo : Getty Images / AFP/Miguel Medina

Un mur d’escalade entre deux immeubles

Durant le confinement, McColl a dû s’adapter comme tous les autres athlètes. Dans son appartement de Vancouver, il soulève quotidiennement des poids, fait des tractions, des pompes. Il a aussi installé des barres pour muscler ses doigts, essentiels à son sport. Mais, après deux mois de cette routine, il s’ennuyait des murs d’escalade et c’est une amie qui lui est venue en aide.

Je pense qu’on va être en confinement encore longtemps. Du moins, jusqu’à ce qu’on trouve un vaccin. Alors, j’ai décidé de créer mon propre mur d’entraînement. J’ai une amie qui m’a offert de le bâtir entre deux immeubles et en plus le tout est couvert.

J’ai un mur qui est incliné à 30 degrés et en face j’ai un autre mur qui est vertical. Il y a donc sur les panneaux que j’ai installés des trous que je peux remplir avec au moins 400 prises. Finalement, c’est comme une petite maison, de 15 pieds sur 15 pieds.

Entre deux entraînements, l’athlète se pose quand même toutes sortes de questions sur cette situation exceptionnelle. McColl pense que le CIO a pris la bonne décision de reporter d’un an la tenue des Jeux. Mais quoi qu’il arrive, il se dit prêt à aller au Japon.

S’il n’y a pas de vaccin d’ici là, je serais tout de même prêt à aller au Japon et me mettre en quarantaine. Je pourrais être à l’isolement durant toute la durée les Jeux, cela ne me pose pas de problèmes. J’aime lire et je suis toujours en mode solution. Il faut donc s’adapter à cette nouvelle situation.

La discrimination raciale, je l’ai vécue

En plus de ses entraînements, McColl s’informe de l’actualité au quotidien. Il lit les journaux, surtout The Economist. Ce qui s’est passé à Minneapolis l’a fortement ébranlé.

Cela m’a dégoûté. Je n’en reviens pas que cela existe toujours. Les États-Unis sont un État policier et je n’arrive pas à comprendre. C’est pour cela que je continue à lire tous les jours. Je veux mieux étudier la situation. Mais je ne sais pas quoi faire, je ne suis pas aux États-Unis. Tout ce que je peux faire c’est des dons, je peux également éduquer les gens à travers mes plateformes.

Quand on le questionne s’il a déjà fait l’objet de discrimination raciale à Vancouver, la réponse est immédiate.

Oh oui! Je suis à moitié asiatique et, certaines fois, je suis certain d’avoir été discriminé. Parfois, je ne me rendais même plus compte que cela arrivait. Oui, c’est dur!

Avec Sean McColl qui passe de mur en mur entre deux immeubles à Vancouver, on ne peut que se dire que la ville a maintenant son Spider-Man. Un titre qui l’a fait rire et qu’il ne renie surtout pas.

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