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Pourquoi faire du sport est-il bon pour votre cerveau?

Un homme court à l'extérieur, avec des écouteurs dans ses oreilles.

Un homme court à l'extérieur.

Photo : EvantoElements

Christine Roger

Un esprit sain dans un corps sain. Difficile de trouver une meilleure façon de résumer les avantages de l’activité physique pour la santé. Si les bienfaits pour le corps sont bien connus, il ne faut pas négliger les nombreux effets positifs que la pratique d’un sport aura pour le cerveau.

On se doute bien qu’il est avantageux de pratiquer un sport pour notre cerveau, mais, concrètement, que se passe-t-il lorsque nous faisons de l’exercice? Plusieurs études se sont penchées sur la question et, si la méthodologie ou les groupes étudiés diffèrent, les conclusions restent sensiblement toujours les mêmes. La pratique d’une activité aérobique, ce qu’on appelle communément le cardio, améliore le fonctionnement du cerveau et diminue son déclin.

Par exemple, une étude produite à l’Université Columbia (Nouvelle fenêtre) a réuni 132 adultes âgés de 20 à 67 ans. Les résultats, sur les plans structurel et fonctionnel du cerveau, étaient clairs. On a conclu que la pratique d’un exercice aérobique permet d’accroître les fonctions exécutives. Ces processus cognitifs sont notamment importants pour la planification, la résolution de problèmes et le raisonnement.

Autant pour les enfants et les adolescents que pour les adultes, la gestion de l'énergie au niveau du cerveau va être bonifiée. Il semble y avoir des effets bénéfiques sur la matière grise. Plus de volume, moins de dommages. Il y a aussi des effets bénéfiques pour certaines mesures du fonctionnement cérébral comme la mémoire, l'attention et les processus exécutifs, explique le Dr Jérôme Ouellet, pédiatre spécialisé en médecine sportive.

Plusieurs projets d’étude se sont concentrés sur la population plus âgée et ont remarqué une réduction du déclin cognitif et une diminution du risque de développer une démence. L’amélioration de la santé vasculaire va aussi diminuer les risques de démence vasculaire.

C’est l’une des formes de démence les plus fréquentes, avec celles associées à l’Alzheimer et au Parkinson. En gros, si tu as de mauvais vaisseaux sanguins parce que tu t’alimentes mal ou que tu ne fais pas d’exercice, tu feras plein de micro-AVC qui ne seront pas perceptibles. Mais l’accumulation de toutes ces petites lésions finit par diminuer la qualité du bon cerveau disponible pour réfléchir et fonctionner, ajoute le Dr Ouellet.

Une femme se repose sur une piste de course après avoir couru.

Une femme se repose sur une piste de course.

Photo : EvantoElements

L’apport de l’activité physique à la santé mentale n’est pas à négliger. En plus de l’amélioration de la santé vasculaire et d’un meilleur contrôle du poids, il est prouvé que la pratique régulière d’exercices permet d’avoir un sommeil plus réparateur ainsi qu'un meilleur moral et de diminuer considérablement le stress. Le sport peut en quelque sorte avoir un effet antidépresseur.

Les activités aérobiques ont un effet chimique important pour notre cerveau. Elles contribuent positivement à la sécrétion d’hormones qui facilitent certaines fonctions de notre cerveau, souligne Véronique Richard, titulaire d’un doctorat en sciences de l’activité physique et d’une spécialité en psychologie de la performance.

L’endorphine permet de contrôler la réponse de douleur et de plaisir. Elle peut rehausser l’humeur et la concentration et potentiellement mener à un sentiment d’euphorie. La dopamine va activer le système de récompense et peut stimuler la motivation. Finalement, la sérotonine peut diminuer l’anxiété et les humeurs dépressives, ajoute la consultante en préparation mentale.

Lorsqu’il est question d’un sport qui comprend des prises de décisions, comme le soccer, le basketball ou le hockey, il y a des bienfaits connus sur les fonctions exécutives reliées à l’attention soutenue ou flexible. Véronique Richard affirme que ces sports requièrent souvent que les athlètes développent des capacités cognitives supérieures.

Les bienfaits pour les enfants et les adolescents seront pratiquement les mêmes, mais les études démontrent que la manière dont leur système nerveux fonctionne sera grandement améliorée par la pratique régulière d’activités physiques.

Tout ce qui est relié au mouvement va être amélioré. La vitesse, la transmission de l’influx nerveux, la connexion entre le nerf et le muscle, le recrutement et le déclenchement de l’unité motrice. En fait, le cerveau va être plus efficace et plus rapide pour générer un signal et un mouvement par la suite, mentionne le Dr Ouellet.

En jumelant toutes ces unités motrices bonifiées, l’enfant sera meilleur pour organiser son mouvement, aura un meilleur équilibre et une meilleure coordination.

Au plan biologique, on sait également que la pratique régulière de l'activité physique chez un enfant ou un adolescent en développement va améliorer le cerveau d'un point de vue moléculaire. L'exercice va libérer certains médiateurs chimiques au niveau du cerveau, améliorant ainsi le métabolisme et la circulation sanguine au cerveau. Le cerveau étant un organe très énergivore, c'est donc préférable d'avoir des mécanismes d'apports de carburant maximisés, affirme le Dr Ouellet.

Certaines molécules vont être libérées dans des portions spécifiques du cerveau, ce qui peut en améliorer son fonctionnement. En guise d’exemple, la libération d'adrénaline et de noradrénaline au niveau du cortex préfrontal, la région du cerveau responsable du contrôle social et de l'inhibition, pourra améliorer le contrôle des symptômes chez un enfant ayant un TDAH.

Évidemment, dans des situations extrêmes comme en situation de surentraînement, le sport peut devenir néfaste pour la santé. Mais si le tout est pratiqué dans un environnement positif, Véronique Richard croit que les conséquences ne seront que positives.

La pratique du sport est assurément bénéfique sur les plans cognitif, émotionnel et social. L’exercice physique, c’est en fait un excellent entraînement pour le cerveau!

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