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Une autre montagne à gravir pour l'escalade olympique

Deux grimpeurs japonais en ascension côte à côte

Deux grimpeurs japonais s'affrontent dans un tournoi de qualification en vue des Jeux de Tokyo.

Photo : Getty Images / Pascal Pavani

Quatre nouveaux sports devaient faire leur entrée par la grande porte olympique cette année à Tokyo. Le surf, le karaté, la planche à roulettes et l’escalade allaient enfin connaître la gloire des anneaux. C’était avant que la COVID-19 ne s’invite dans la course.

Depuis sa création en 2007, la Fédération internationale d’escalade (IFSC) s’est battue sans relâche pour que son sport accède au gotha olympique.

La consécration est venue en 2019 avec l’annonce du Comité international olympique (CIO)qui a officialisé sa présence aux Jeux de Tokyo en 2020. Mais après les grands moments de joie s’installe maintenant l’inquiétude.

Maria Izquierdo est la directrice des opérations et copropriétaire du site d’escalade Horizon Roc à Montréal. Elle est aussi la présidente de la Fédération panaméricaine et siège au conseil de l’IFSC.

Au départ, elle voyait le report des Jeux comme une occasion pour son sport de mieux se structurer. Sa fédération étant toute petite, elle a eu très peu de temps pour se préparer à entrer dans la cour des grands.

« Une annulation des JO serait une catastrophe »

Quand on lui pose la question sur une éventuelle annulation des Jeux de Tokyo, Maria Izquierdo lève les yeux au ciel.

On a mis tellement d’énergie, d’efforts, de ressources pour arriver à la porte des Jeux qu’une annulation serait catastrophique, mais il nous resterait l’espoir de 2024, lance-t-elle.

Le CIO devrait rendre une décision à la fin de l’année sur la présence ou non de l’escalade aux Jeux de Paris en 2024. La présidente panaméricaine est partagée entre l’inquiétude et la certitude.

La confirmation devrait arriver en décembre 2020, mais rien n’est encore confirmé, explique-t-elle. La lueur c’est que le comité organisateur des Jeux de Paris 2024 est en tout point en faveur de l’escalade. La Fédération française d’escalade est une très grosse fédération et est très proche de son comité olympique et du comité organisateur. Donc, de ce côté-là, on est très optimistes.

Mais bien sûr qu’on est inquiet, car la certitude n’est pas là. On ne va pas crier victoire tant que ce n’est pas fait. Mais il est clair que l’inquiétude est là. À Paris, on devrait avoir deux médailles avec deux disciplines, mais on n’est pas un sport à part entière, car on doit renouveler à chaque fois notre participation et c’est aussi cela qui nous inquiète.

Un grimpeur est concentré au bas d'un mur.

Sean McColl, espoir canadien de médaille en escalade aux JO

Photo : Radio-Canada / Jean-François Vachon

L’escalade au temps de la pandémie

Comme dans la plupart des sports, l’escalade n’a pas échappé au confinement. Les athlètes ont dû faire preuve d’imagination pour garder la forme et parfaire leur technique, comme l’explique Maria Izquierdo.

Chacun avait sa petite idée d’entraînement à la maison. D’ailleurs, la vente de petits murs d’escalade dans les maisons est incroyable ces temps-ci. En Colombie-Britannique, l’entraînement a pu reprendre. D’ailleurs, nos deux athlètes qualifiés pour Tokyo proviennent de cette province, Sean McColl et Alannah Yip.

Ici, on compte rouvrir au mois de juin pour les camps de jour, et l’escalade extérieure est maintenant autorisée. Par contre, ce qui m’inquiète, c’est la pandémie qui est en train de prendre le dessus en Amérique du Sud. On avait beaucoup d’évènements prévus et jusqu’à maintenant on les reporte. Mais à un moment donné, ce ne sera plus possible.

« Des compétitions virtuelles, on y pense »

Plusieurs sports ont su s’adapter aux nouvelles contraintes dues à la pandémie et se sont tournés vers le virtuel. La formule 1, le soccer, le cyclisme, l’athlétisme… Maria Izquierdo ne cache pas que son sport commence à y penser, surtout pour l’épreuve de vitesse sur un mur de 15 mètres.

Elle est d’ailleurs fière de dire que Montréal a le seul mur de cette taille en Amérique du Nord.

Le volet vitesse serait le plus facile à organiser, car ce sont des structures qui sont standardisées, peu importe où vous vous trouvez dans le monde. Tous ces appareils sont homologués et donc c’est une avenue que nous explorons.

Malgré un certain optimisme, la présidente partage l’inquiétude de son président Marco Scolaris sur l’état des finances de la Fédération internationale.

C’est sûr que notre principale source de revenus ce sont les événements que l’on organise et l’on a dû en annuler beaucoup. On se dirige donc vers une année difficile. Il y a déjà beaucoup de personnel qui a perdu son emploi temporairement. En plus, les ressources avaient été augmentées, car c’était une année olympique. Alors, tous nos plans et nos perspectives changent.

Il faut revoir nos priorités, on est en train de revoir notre plan stratégique. Il est clair que l’on a besoin de l’aide du CIO si l’on veut survivre. On est une jeune fédération à qui l’on demande de rivaliser avec les autres qui sont autour de la table olympique, mais qui ont déjà de grosses sources de financement.

En attendant des réponses sur son avenir, l’escalade aura de nouveaux rochers à gravir avant de se rendre au sommet olympique.

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